samedi 10 janvier 2015

Van Gogh au Borinage, la naissance d'un artiste!

L’exposition phare de Mons 2015 est « Van Gogh au Borinage, la naissance d'un artiste! »  En 1879, Van Gogh arrive dans la région de Mons comme évangéliste. Le Borinage constitue son lieu de naissance "artistique".
Van Gogh a vécu son séjour à Mons et au Borinage pour moitié dans une maison de Wasmes, pour l'autre à Cuesmes. La dernière est bien connue mais celle de Wasmes est malheureusement en très mauvais état.
En 1955, Kirk Douglas produit un film retraçant la vie de Van Gogh, dont il interprète lui-même le personnage. Je ne sais pas ce que Kirk Douglas  a fait de Van Gogh. Mais si c’est de la trempe de Spartacus, ce film de Stanley Kubrick sorti en 1960, adapté du roman de Howard Fast, ça peut être intéressant. (Spartacus est le roman-phare du communiste Howard Fast, persécuté par Mac Carthy) .
Van Gogh femmes de mineurs au Borinage
Le 26 décembre 1878, Van Gogh avait été  nommé pour six mois prêcheur protestant chez les mineurs, à Wasmes. Il est bouleversé par la misère de la vie des mineurs, il donne tout ce qu'il a pour les aider, se dépouille de son argent, de ses vêtements, et vit en extrême pauvreté. En juillet, les membres de l'Ecole Belge d'Evangélisation sont tellement offusqués de son apparence, de son attitude, qu’il est démis de ses fonctions. Il s'installe dans une cabane où il se met à dessiner sérieusement.
Après il s'installe à Cuesmes où il va rester quatorze mois chez le mineur Decrucq. Il se met à représenter ces mineurs qui le fascinent. Il est descendu au fond de la mine, à 700 mètres, et a vu le ciel "pas plus grand qu'une étoile". Voici un tableau de 1882 « femmes de mineurs au Borinage» 
En avril 1879 il écrit à son frère:
"Je viens de faire une expérience très intéressante: je viens de descendre six heures dans une mine, une des mines plus vieilles et les plus dangereuses du coin, appelé Marcasse. Ce charbonnage est
Wasmes charbonnage Marcasse
mal famé parce que beaucoup de morts, soit à la descente ou la remontée, soit par étouffement ou explosion de gaz, ou par rune inondation ou l’écroulement des galeries. C’est un endroit  sombre et à première vue tout aux alentours est lugubre et mort.
Les ouvriers là-bas sont très souvent maigri et pâle de fièvre, et ont l’air fatigué, les femmes sont en général  pâles et fanées. Autour de la mine des maisons de mineur pauvres, avec quelques arbres morts noirs de suie, et des fumiers et des tas de cendres.
J’essayerai tantôt de t’en faire une esquisse, pour te donner une idée.
Le 13 janvier 1953
17 morts dans un
coup de grisou
au Marcasse 
J’avais un bon guide, un homme qui y a travaillé 33 ans. 700 mètres de profondeur, jusqu’aux coins les plus cachés de ce monde souterrain. On appelle les maintenages ou gredins les plus éloignés de la sortie  ‘des caches’. Si quelqu’un essaierait de faire un tableau de ces maintenages, ça serait inouïe et du jamais vu. Imagines toi une série de cellules dans un couloir étroit et bas, étançonné par des boiseries grossiers. Dans chaque cellule un travailleur dans un habit de lin grossier, sale et terni comme un ramoneur, dans la pénombre d'une petite lampe de travail pour arracher le charbon. Parfois l’ouvrier est debout, dans d’autres (veine tailles à plat) il est couché (tailles à droit, tailles à plat).
Certains travaillent dans les maintenages, d’autres chargent le charbon dans des berlines qui sont poussés sur des rails, souvent par des enfants, aussi bien garçons que filles. Il y a aussi une écurie, 700 mètres sous le sol, avec sept vieux chevaux qui amènent tout à l’accrochage. Les gens ici sont très incultes et
analphabètes, mais en même temps malin et rapide dans ce travail difficile, courageux et franc, d’une posture petite ais carré dans les épaules, avec des yeux sombres et profondes. Ils ont une haine enracinée et une méfiance profonde envers tout qui chercherait à faire le patron. Il y a pas mal de cas de  typhus et une Fièvre méchante, appelée  ‘la sotte fièvre’, qui donne des rêves méchants et des cauchemars, et qu’on divague. II y a ainsi beaucoup de personnes malades et alités, émaciés sur leur lit, faibles et misérables.
Dans une maison tous sont malades avec de la fièvre, et ils ont peu d'aide, de sorte que les malades surveillent  les malades, ‘ici c'est les malades qui soignent les malades’, disait la femme, un peu comme: le pauvre est l'ami du pauvre ».
En 1885 – sept ans après son départ du Borinage – il peint ses «souliers » d’où éclate son indignation sociale…. 
Et dans la même année  «les mangeurs de pommes de terre ». 

Film ‘ La vie passionnée de Van Gogh’

Philippe Reynaert, le directeur de Wallimage a obtenu de la Warner Bross le droit de rénover en digital le film ‘ La vie passionnée de Van Gogh’, l’Oscar du meilleur film en 1956. Gratuit, en plus, parce qu’«elle apprécie le travail de la Cinémathèque de Belgique".  Warner Bross a aussi donné une copie du “making of” du film.
Dans le cadre du Festival International du Film d’amour, le 20/2, une prestigieuse première mondiale du film oscarisé . 
Vincente Minnelli et Kirk Douglas tournent La Vie Passionnée de Vincent Van Gogh (Lust for Life), à Wasmes, Hornu et Saint Ghislain, sur les lieux mêmes qui avaient vu évoluer le peintre 75 ans
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auparavant. A travers des témoignages de figurants et de documents d’archive, une exposition nous plongera au cœur de ces 10 journées de tournage qui ont amené Hollywood au pied du terril !
Pour compléter la projection de La vie passionnée de van Gogh, Plaza-Art projette tous les films inspirés par la vie du peintre :
15.03.2015 La veillée (Samy Pavel, 1988)
22.03.2015 Van Gogh (Maurice Pialat, 1991)
12.04.2015 Van Gogh (Alan Resnais, 1948)
 Vincent. La vie et la mort de Vincent Van Gogh (Paul Cox, 1987) + 2 séances scolaires
26.04.2015 Vincent et moi (Michael Rubbo, 1990)
17.05.2015 Dreams (Akira Kurosawa, 1990)


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