lundi 2 décembre 2019

53ième balade-santé MPLP Herstal IIièeme partie: Oupeye et Curtius


Le clou de notre 53ième  balade-santé MPLP a été une visite à l’areine de Nopis, vestige ancestral des premiers charbonnages dans le coin. Mais comme la plupart des vestiges miniers sont peu visibles – ils sont bien là, mais en-dessous de nos pieds - nous suivrons  la première partie de la balade ‘Alpaide’ de la commune d’Oupeye.  La deuxième partie de cette balade est impraticable. Voilà comment disparaît un sentier : le fermier a labouré, semé des betteraves et récolté sur le sentier entre le Long Fossé et les Quatre Chemins. Par temps sec tu passe tant bien que mal. Après un peu de pluie ça devient impraticable. Soit il faut régler ce problème, soit supprimer cette balade et ce sentier...

Le bois de l’abbaye de Vivegnis 

La rue du Bois de l’Habbay réfère à l'abbaye de Vivegnis. D'après un acte du 6 juin 747, le lieu était favorablement exposé pour la culture de la vigne. D’où le nom Vêtus Vinetum, Viezvingnis. Un historien local nous avertit : il ne faut pas croire que le sol de la petite seigneurie de Vivegnis fût, au Moyen Age, entièrement planté de vignes; mais « la beauté du vignoble mûrissant sur le coteau avait frappé l'esprit observateur du peuple ».

La balade ‘Alpaide’

2012 200 m2 de beton rue Cockroux
Nous suivons donc la première partie de la balade balisée d’un rectangle bleu. Nous montons le rue Stalis. Sur notre gauche un beau panorama sur les vergers de poiriers que nous ne traverserons pas à cause de la boue. Au-dessus nous voyons la rue Cockroux, avec au N° 25 un puits d’aérage du siège d’Oupeye,  effondré en 2012. Dans le coin il doit y avoir aussi quelque part le puits d’exploitation. L’histoire du charbon n’est jamais loin…
Nous descendons la Ruelle du Pistolet. Sur notre gauche un beau bâtiment avec une drève imposante. Je n’ai pas réussi à en faire l’historique. Nous remontons alors vers le château d’Oupeye. Ce château aurait appartenu à Alpaïde, la seconde épouse de Pépin de Herstal, maire du palais d'Austrasie. Notre Pépin a une plaque commémorative au parlement. Il fait donc partie du ‘canon’ belge. Une sorte de recueil de la culture et de l'histoire de la Belgique. Un beau canon fait de polygamie et de faide  (on pourrait parler de vendetta ou camora)! Pépin a épousé Alpaïde du vivant de sa première épouse et était donc polygame. Cette union est à l'origine de l'assassinat de Lambert, notre futur Saint Lambert, patron de Liège. Pépin convie l'évêque dans son
palais de Jupille, dans le but de lui demander de l'unir à Alpaïde. L'évêque refusa. On ne sait pas sur quelle base. Je ne connais pas assez le droit canon pour savoir à quel moment l’église a interdit la polygamie. Il y a eu encore un grand débat là-dessus sous le pape Grégoire XIII en 1585, mais il s’agissait là des Incas polygames : pouvaient-ils se convertir en gardant leurs femmes ?
Lambert et deux de ses neveux sont assassinés par Dodon, frère d'Alpaïde, en représailles à son refus. Alpaïde se serait trouvé au château d’Oupeye le jour du meurtre et au moment où les assassins achevaient leur œuvre, du sang serait apparu sur la pierre de l’embrasure de la fenêtre à laquelle Alpaïde était installée.  

Une balade Curtius ?

En 2017 les échevinats de la Culture de Liège et d’Oupeye ont organisé le tour des différentes demeures de Jean De Corte, à commencer par le Grand Curtius, quai de la Batte, en passant par la Ferme Christophe pour aboutir au château d’Oupeye.
Je ne crois pas qu’ils ont été jusqu’à la ferme du Château, au Grand Aaz.  Le bâtiment où loge aujourd’hui  la société de communications Stratégie aurait abrité aussi l’ancienne brasserie de ce sacré Curtius. La bière Curtius est brassée aujourd’hui par une microbrasserie liégeoise. Ce château a effectivement appartenu pendant un siècle à la famille Curtius. Mais avant ça il y en a eu d’autres. Ce château situé sur une position géopolitique importante, avec la Visé-Voie et le Thier d’Oupeye, a été très convoité et plusieurs fois incendié.

Les Seigneurs d'Oupeye avant Curtius

Le Chevalier banneret Adam d'OUPEYE est le premier à porter le titre de Seigneur d'Oupeye, d'Herstal et d'Ordenge - †1283
Puis suivent une série de Lamberts. Lambert I d'OUPEYE †inconnu
Lambert II d'OUPEYE, seigneur d'Oupey alias Hupais, Herstal et Chaumont en Brabant †1304
Lambert III d'OUPEYE, †1345
Lambert IV d'OUPEYE monte d’un cran et est nommé Maréchal de l'Evêque de Liège Sous son fils  Adam d'OUPEYE (1330-1424) le château est incendié une première fois, en 1387, par le Sire de Schoonvorst. Les seigneurs d’Oupeye n’étaient-ils plus en grâce auprès du prince-évêque ? Ce Renard de Schonau, seigneur de Schoonvorst, Montjoie, Fauquemont, etc était arrivé à Liège, en 1343, à la cour d'Adolphe de la Marck, son oncle. En 1344, à la mort de son oncle, il aida Englebert de la Marck à obtenir le siège épiscopal ce qui lui vaut le titre de maréchal (au dépens d’Adam d’Oupeye ?).  En 1346, Renard est du côté d'Englebert à la bataille de Vottem, gagnée par les citains liégeois en révolte. L'année suivante, il était encore aux côtés d'Englebert au combat de Tourinne, où l'évêque mit ses sujets en déroute. C’est probablement son fils Renard, sire de Schoonvorst et de Sichem, qui a incendié le château.

Adam d’Oupeye et la révolte des Hédroits

En 1407 le château est incendié une seconde fois. Trois ans avant, la révolte des Hédroits avait été noyée dans le sang à Othée. http://perso.infonie.be/liege06/09neufd.htm Des Haidroits se réfugient au duché de Brabant, et recommencent la guerre.
Ils se font des illusions sur le duc de Brabant qui, il est vrai, soupçonnait  l’évêque Jean de Bavière de lorgner sur Maastricht pour envahir ses possessions brabançonnes. Les Hédroits proposent au duc de l'aider à récupérer la ville. C’est à ce moment que le château d’Adam d’Oupeye flambe, Adam refusant de prendre parti. C’était en 1407, année d’une expédition du duc de Brabant contre le duc de Juliers et de Gueldre. Doit-on mettre cet incendie dans les dégâts collatéraux? (source: Revue belge de philologie et d'histoire, tome 77, fasc. 2, 1999. Histoire médiévale moderne et contemporaine, pp. 299-328).
Quant aux Hédroits, ils sont de nouveau défaits à Herck, en 1409. Le prince fit quatre-vingt et onze prisonniers. Soixante-douze d'entre eux furent décapités et mis sur la roue. Dix-huit furent conduits à Liège où ils subirent tous le dernier supplice. Leur chef, Jean de Spa, fut écartelé Place du Marché à Liège et les quartiers de son corps furent portés par quatre de ses complices hors la porte Sainte-Walburge où ceux-ci furent également décapités. 
On retrouve le château reconstruit dans une chronique de 1450 qui évoque une "forteresse avec basse-cour, jardins, bois, viviers, prés, moulin et toutes les justices civiles".

Guillaume d'Orange, Seigneur de Herstal, et la révolte des protestants 

Ensuite le château connaît un siècle tranquille. En 1508, Le Pollain, créancier sur cette terre, en obtint tous les droits sur ordre d'Erard de la Marck, prince-évêque de Liège. D'autres dettes firent des Limborgh (échevins de Liège) et des d'Heur les propriétaires du lieu de 1514 à 1517.
En 1578 le château est pillé par une troupe armée tout au début de la révolte des protestants. 
En 1568 le Grand Gueux Guillaume d’Orange, qui était aussi Seigneur de Herstal, avait lancé une attaque sur les Pays Bas espagnoles via la principauté de Liège, en tablant sur un soutien des Liégeois. Il s’était présenté devant l'enceinte de Sainte-Walburge, avec dans ses troupes un assez bon nombre de liégeois, qui lui firent croire qu'il lui serait facile de se procurer des intelligences dans la place. Mais l'évêque Groesbeeck s’arrange avec le duc d’Albe et les états de Liège refusent le passage. Guillaume brûle alors les abbayes de Saint-Laurent, de Saint-Gilles et du Val Benoît, Sainte-Marguerite, Hocheporte et Sainte-Walburge et essaye à travers le Brabant de faire sa jonction avec les huguenots français. Le renfort huguenot s’avèrant assez faible, Guillaume se retire sur Strasbourg. Il n’a plus rien.
Mais Conseil des troubles, ce tribunal d'exception mis en place par le duc d'Albe, repousse le peuple dans les bras de du Grand Gueux qui en 1577 est accueilli à Bruxelles par toute la haute noblesse et acclamé par la foule. Mais Alexandre Farnèse, à la tête d'une vingtaine de milliers d'hommes, écrase le 31 janvier 1578 les protestants. C’est à cette époque que le château d’Oupeye brûle. 

Curtius achète Oupeye

Ce qui reste du château arrive ensuite dans les mains du mayeur de Liège Waulthier de Saulcy et sa descendance. Marie de Saulcy épouse Adolphe van der Meere, qui selon Bormans ‘donna’ en 1600 Oupeye et ses satellites de Vivegnis, Hermée et Petit-Aaz à Jean Curtius, bourgmestre de Liège, en guise d'héritage. Stanislas Bormans a étudié en 1868 les seigneuries de la Principauté, dont Oupeye. Mais il se trompe. Ce n’est pas tout à fait un héritage : Curtius  achète Oupeye en 1603.
Vander Meere lui cède ces seigneuries pour 732 florins de Brabant de rente, rachetée directement par Curtius pour 5.800 florins. Vivegnis et autres satelites sont achetés pour une rente de 1000 florins au baron de Zwartzenberg, en son vivant, puis à son fils. 300 florins de rente sont rachetés directement pour 6.900 florins. Le reste, réputé ‘irrédimible’, est cédé par le fils pour 23.000 fl.
Voilà, avec ça les Oupeyens savent ce qu’ils valent…

Curtius, le «célèbre marchant d’armes», est le Crêsus liégeois.

 « Les Curtius occupaient une belle position dans le pays de Liège, dès l'an 1200, et tous firent un noble usage de leur fortune. Nous verrons ces hommes généreux, ces amis du bien public, remplir de haute s charges et s'intéresser à toutes les œuvres charitables ; ils attachent moins de prix aux richesses qu'à la culture de l'esprit, et surtout à l'inclination de l'âme vers le bien. C'est par l'aumône et des travaux utiles à leurs concitoyens, qu'ils se font un mérite auprès des hommes en même temps qu'auprès de Dieu » (Curtius, seigneur d'Oupeye , et sa famille l200-l85l)
pierre tombale de Curtius aujourd'ui au Grand Curtius
Le dicton dit : «Riche comme un Curcieux de Liége».  «Il fit bâtir la magnifique maison qui porte son nom, la belle maison de Vaux-sous-Chèvremont, les châteaux d’Oupeye et de Grand-Aaz, les beaux moulins appelés les Moulins Curtius, situés à Graveroulle, les seigneuries de Vivegnis et autres. Il restaura plusieurs monuments publics, qu’il décora de ses armoiries, symptôme d’un parvenu anobli. Il dota plusieurs églises, et les orna de ses armoiries ; il fonda le couvent des capucins, peut-être pour sanctifier la propriété de ce qu’il se réservait. Il mourut à Leganez, en 1628. Son corps, ramené à Liège, fut déposé dans l’église des capucins» (Bulletin de bibliographie belge, Tome XI, 1855). La pierre aux armes de Jean Curtius de l’ancien couvent des Capucins de Hocheporte se trouve aujourd’hui au Grand Curtius

Commissaire général des munitions de guerre au service d’Espagne.

Jean Lejeune explique en 1939 dans son livre « La formation du capitalisme moderne dans la principauté" que le père Curtius n’avait qu’une maison en Basse-Sauvenière. La famille n’était pas si opulente que ça. Comment expliquer alors cette étonnante élévation matérielle ?
« Entre 1576 et 1578 Curtius commence à livrer cette ‘pulverem nitratem’ et ses ‘globos tormentarios et id genius varias munitiones’ en tant que commissaire général des munitions de guerre au service d’Espagne. Il saisit le sens de la lutte terrible qui met aux prises papistes espagnols et gueux calvinistes. Il obtiendra un placard de l’archiduc Albert d’Autriche, Gouverneur des Pays-Bas espagnols: ‘Chacun scait avec quel ardent désir nous travaillons journellement par les armes et autrement pour réduire nos subjectz rebelles. Ce que ne pouvant continuer sans, de temps à aultre, avoir notable quantité de munitions de guerre, notamment de pouldres, dont le principal et le plus nécessaire est le salpestre ». Intelligent et de sens pratique, Jean Curtius joue la carte de la guerre ; catholique et prudent, il choisit le camp des Espagnols.
D’autres riches liégeois comme De Geer choisiront le camp des protestants. De Geer sera fournisseur des armées protestantes.
Jean Curtius construit donc sa fortune comme munitionnaire du duc d’Albe. En 1609 il est confronté à de graves problèmes économiques lorsque l'Espagne conclut la Trêve de douze ans. Il installe en 1613 une forge en Espagne où il fait travailler des fondeurs du Pays de Liège. Un peu avant sa mort  en 1628 il doit vendre aussi ses droits d'exploitation des industries de Liérganes.
Cela  ne veut évidemment pas dire que la famille Curtius est sur la paille. On dit parfois ‘capital à risque’. Jean Curtius a risqué et perdu. Mais l’argent appelle l’argent. Jacques de Curtius, fils de Jean, épouse en 1605 Françoise Bex, fille du bourgmestre de Liège. Leur fils Henri de Curtius épousa sa cousine germaine, Marie de Curtius, fille de Pierre de Curtius, échevin de Liège (Jean Guillaume Loyens, Recueil héraldique des bourguemestres de lanoble cité de Liège, 1720 )
Nous retrouvons en 1643 le Chiroux Henri de Curtius comme bourgmestre. La vengeance est un plat qui se mange froid : le parti révolutionnaire des Grignoux qui n’avait pas oublié cette aide aux armées espagnoles aurait démoli son château d’Oupeye en 1636! J’ai écrit un blog sur Curtius et les protestants http://hachhachhh.blogspot.com/2010/12/des-iconoclastes-aux-grignoux-1563-1603.html

Pierre Curtius dharainier

l'areine Richonfontaine en-dessous de la Vie Wallonne
Nous venons de passer devant l’œil de l’areine Nopis que nous visiterons en fin de balade. Et nous sommes partis sur les traces des Curtius munitionnaire. Mais nous retrouvons les Curtius aussi comme areiniers, dans les Archives des Cours des Voir-Jurés des Charbonnages inventoriés par Juliette Rouhart-Chabot pour la période 1525 – 1789. Ces archives font état en 1618 d’une procédure devant les voir-jurés de charbonnages entre Pierre Curtius et Laurent Bustin. En 1624 un  procès est intenté par Pierre Curtius en qualité "dharainier" quant au préjudice causé à une terre appartenant au seigneur de Flémalle-Grande. Un peu plus tard un décret est rendu par les voir-jurés en faveur de Pierre Curtius et les maîtres de"Mortroux", par les maîtres de la "Xhorre de Laveurs". Entre novembre 1655 et mars 1656 plusieurs pièces attestent d’un procès au sujet de l'écoulement des eaux entre les maîtres de la fosse de "Horrion" et le maître des fosses de "Tassin", "Hustain", "haultpreit", "Chain", à Liège, avec eux, le bourgmestre Henri Curtius et consorts, seigneurs "arniers" de l'areine de Gerson.
Entre Mai 1652 et Janvier 1656 des pièces font état d’un procès entre le bourgmestre Henri Curtius et des maîtres des fosses de "Laveux" au sujet des terrages, areines et exploitations de leurs fosses respectives.

L’après Curtius : un duel pour le château

Les fosses ne font pas seulement vivre des hommes noirs, mais aussi des hommes en robe noir, et les disputes ne se terminent pas toujours devant les Voir-Jurés. En 1710, le château quitte la famille Curtius. Jean-Baptiste Curtius donne l’usufruit du château à Mathieu Joseph de Saroléa. Les Flaveau de la Raudière, sires de Loverval, descendants légaux des Curtius, contestent. Au point où en 1718 la possession du Château occasionna un duel à l’épée, se terminant par la mort de Saroléa par de la Raudière.
blason de Saroléa à Cheratte
Cela ne signifie pas la fin de la lignée de Saroléa à Oupeye. Nous retrouverons en 1837 Hyacinthe de Saroléa comme concessionnaire de la houillère Biquet, à Oupeye.
 (Je signale ici, sans lien direct avec les châtelains d’Oupeye, une série d’autres pièces concernant la fosse Gorrée à Oupeye :
7 janvier 1700 autorisation accordée par les maîtres de la fosse "Goré" de travailler dans la bure enfoncée dans la terre de Lambert Laps "en Gorrée"..
18 février 1724 un acte d'accense, devant la haute cour de justice d'Argenteau et Hermalle, concernant le trentième pannier la veine seigneuriale, sur et entre "Les Gorrées" à Hermalle. Ce 30ième panier est le cens d’areine, une sorte de taxe pour exhaurer une fosse par une areine, dans ce cas-ci l’areine Nopis.
7 janvier 1700 autorisation accordée par les maîtres de la fosse "Goré" de travailler dans la bure enfoncée dans la terre de Lambert Laps "en Gorrée".
1715-1724 Pièces relatives à l'exploitation de la fosse de l'avocat Bustin à Oupeye.
1773-1774 Un procès des maîtres des fosses de "La Vigne" à Vivegnis contre les États du pays de Liège, au sujet de la diminution des eaux des puits de la Citadelle dont on les rend responsables.
1781-1782 Un procès au sujet de dégâts causés lors de l'exploitation de la fosse par Jean Rouma, puis Joseph Remi à Oupeye).
entrée du parc de Gilles de Saroléa, Cheratte
Après les Saroléa, sires de Cheratte, vinrent les Royer et les Cartier dès 1753. Enfin, en 1785, le baron Nicolas de Grailet releva les biens. Les Graillets aussi sont mentionnés dans les archives des maîtres-jurés : en 1781 Nicolas-Mathieu, baron de Graillet, fait un procès à Hubert Bonhomme, au sujet de dégâts causés lors de l'exploitation de la fosse par un certain Jean Rouma et Joseph Remi à Oupeye.
Le château en U,  dans son apparence actuelle, a probablement été construit pas le baron de Graillet.
Ensuite le château passe des mains d’un chanoine de Saint-Lambert aux familles Malherbe, de Fisenne puis de Grady de Horion qui le vend à la Commune d'Oupeye en 1970. Les parties hautes furent démontées à cause du danger des ruines. En 1988 la commune démolit de la ferme du château. Celui-ci abrite aujourd'hui le Conseil communal d'Oupeye et un centre culturel
Les murs de soutènement sont ceux de profonds fossés jadis remplis d'eau. On accède à la cour haute par un pont de quatre arches en briques. Les murs du donjon de grès et pierre bleue (1.70 mètres d’épaisseur) dateraient de Curtius, voire d’avant. Voici comment le château est décrit dans l'Inventaire du patrimoine monumental
 « Le château se compose de deux parties principales bordant une terrasse quadrangulaire fortifiée. Isolé à l'angle sud, ancien donjon médiéval partiellement reconstruit au 17e siècle par Jean Curtius. Occupant l'angle opposé, le château actuel comprend deux ailes en angle droit d'allure néo-classique, probablement réaménagées au tournant des 18e et 19e siècles au départ d'un noyau plus ancien.
Haute tour quadrangulaire médiévale en moellons de grès remontant peut-être au 12e ou 13e siècle, largement reconstruite en briques et calcaire par Jean Curtius, au début du 17e siècle. Le château d'allure classique, en briques et calcaire, présente deux niveaux de grandes baies rectangulaires remontant aux tournant des 18e et 19e siècles et repose sur deux niveaux de caves en moellons de grès d'origine plus ancienne. Un fronton aveugle couronne deux travées de la façade principale vers la cour. L'ensemble est coiffé de toits à deux versants à croupes ou brisés, à égout retroussé d'ardoises. En ressaut sur la face extérieure de cette aile, une cage d'escalier polygonale a été ajoutée dans la seconde moitié du 19e siècle, époque à laquelle cette aile a sans doute été prolongée de deux travées vers le sud. BD et FDC »

Sur les traces de l’areine Nopis

Nous quittons ensuite l’areinier Curtius et nous traversons la rue du Roi Albert pour retrouver sur le trottoir rue Tollet, devant une haie de sapin la tombe du puits Xhorre Noppis 1 ABFH N°191042 Profondeur : 66m  Comblé en 1967. il est situé 50°42'13.25"N 5°39'1.79"E , mais je l’ai repéré sans géolocalisation.
Par contre, je n’ai pas retrouvé la 2ieme bure Nopis sur grande veine oupeye  ABFH N°191045 au fond de la rue du Huit Mai (64m Comblé en 1985). Voici la géolocalisation 50°42'11.00"N 5°38'54.47E
Lors de notre balade de novembre 2019 ma petite-fille Inès nous a montré le géocaching. On joue ici dans la même gamme !
Selon mon ami Nicolas Elias, rencontré via son site Lost Grounds, elle est situé le long d'une haie dans un jardin, au fond à gauche du cul de sac.
Idem pour un troisième puits du Riz sur Xhorre Noppis, dans la rue Destrée. Juste à côté on construit aujourd’hui une série de maisons  50°41'51.19"N 5°37'56.65"E
Nicolas est un carolo, qui a vécu son enfance à quelques pas du défunt charbonnage du Bas-Longs-Prés. Il a développé avec ses amis  une base de donnée d'environ 600 puits de mine rien qu'en Belgique et pratiquement autant à l'étranger. Avec son aide, nous suivrons prochainement, lors d’une autre balade santé, cette Xhorre Nopis en surface jusqu’à son aboutissement près de Milmort.

Le Thier de l'Abbaye : un site de Grand Intérêt Biologique

Nous avons donc retrouvé l’areine Nopis à un kilomètre et demi de son œil, que nous retrouverons via la rue sur les Vignes. Au fond de la rue un sentier assez raide descend vers la rue Sous les Vignes. Ou est-ce la rue du Bois de l’Habbay ? Dans une charte de 1225 Godefroid de Louvain, seigneur de Herstal,  accorde à l'abbaye de Vivegnis l'usage du ruisseau qui « court parmi la ville de Vivegnis » pour servir aux deux moulins du monastère; de l'avis de tout le village, ils accordent aussi à l'abbaye le droit d'employer à son usage le vieux chemin qui conduit à l'étang, à condition de fournir aux habitants une autre voie aussi bonne… (Poncelet Edouard, Herstal et Vivegnis. Souveraineté territoriale, règlements de seigneurie, chartes d'affranchissement. In: Bulletin de laCommission royale d'histoire. Académie royale de Belgique. Tome 102, 1937  p.117)
Laisse-moi dans l’illusion que nous sommes sur ce vieux chemin qui conduit à l'étang. Cet étang de Vivegnis est aujourd’hui un site de Grand Intérêt Biologique (SGIB- Synonymes : Au Vivier - Thier de Beaumont et de l'Abbaye - Sous les Vignes).
« L'étang de Vivegnis est un site relativement peu connu ; ce plan d'eau d'un hectare et demi conserve un caractère assez sauvage grâce à son environnement champêtre, avec, d'une part un versant boisé, et d'autre part une étendue de prairies bordées de haies irrégulières ».
Je ne crois pas que le site est accessible. Il est repris comme zone centrale dans le Plan Communal de Développement de la Nature (PCDN) d'Oupeye. Ce qui ne pèse pas lourd : à part un effet d’annonce en 2007 je n’ai plus rien trouvé sur ce projet…
« L'endroit abrite l'une des principales colonies wallonnes de héron cendré (Ardea cinerea) et accueille des groupes parfois importants d'oiseaux d'eau comme la sarcelle d'hiver (Anas cracca) et les fuligules (Aythya spp.). On y observe en outre une petite formation de tuf calcaire au niveau d'un suintement, en rive ouest de l'étang ».
Au bout de notre balade,  une visite à l’areine Nopis et la maison du directeur du charbonnage fermé depuis un siècle. Plus là-dessus dans mon blog https://hachhachhh.blogspot.com/2019/11/53ieme-balade-sante-mplp-herstal-oupeye.html


1 commentaire:

Unknown a dit…

J'apprécie beaucoup votre publication sur Oupeye étant handicapé je ne puis participer à vos balades .Cependant je m'intéresse à Oupeye ,y ayant eu des ancêtres du côté maternel . Auriez-vous éventuellement , ou pourriez-vous me guider , des renseignements sur mon arrière grand-père maternel ,Bonhomme ,fermier et fabricant et même exportateur en Amérique.J'ai eu des traces de son activité vers 1870(incident avec militaire allemant de passage / vol d'un cochon ...) .Bonhomme,son épouse et 13 de leurs 14 enfants semblent avoir péri de la grippe espagnole vers 1918 .Seule ma grand-mère , mariée au militant socialiste Théophile Blanvalet , survécu .Si vous aviez renseignements ou sources sur mon arrière grand-père et ses activités , je vous en serais très reconnaissant .Vec mes meilleures salutations ' Paul Schmit