samedi 26 janvier 2019

45ième balade-santé MPLP 10 février 2019 dans les pas de Charlemagne.


Notre 45ième balade-santé de février 2019 avait comme thème Charlemagne. Je venaisd’être intronisé par le Haut Conseil des Compagnons de Charlemagne aux ordres de leur confrérie. Que m’a valu cet honneur ? Probablement les marcheurs des Vis Solés . Ce club de marche avait commencé en 1981 comme Club Balade de la Charlemagnerie (CBC). Depuis plusieurs années nous nous retrouvons avec ces vis solés lors de nos balades santé (et vice versa).
Dans les pas de Charlemagne, ça veut dire quoi ? Difficile de savoir où ce personnage mythique a réellement mis le pied à Herstal. J’aurais pu me baser sur la balade contée « Sur les pas de Charlemagne» d’Emilienne Somers, historienne et guide à l'ALGA. Mais cette balade va de la Licour à la ferme-chocolaterie Charlemagne.

La Via Charlemagne ?

Il y a aussi la Via Charlemagne, mais ça nous mènera loin. Et nous risquons de nous disputer avec beaucoup de monde : Herstal est en concurrence avec Aix, Düren, Prüm, Thionville, Saint Denis, Quierzy-sur-Oise, Gauting, Mürlenbach, Ingelheim ou Jupille qui revendiquent tous le berceau de Charlemagne. Ce qui est sûr - on l’a appris en 2014 lors d’une journée d’étude à Herstal dans le cadre du 800ième anniversaire de la mort de Charlemagne, « le double capitulaire royal promulgué en 779 à Héristal – nom de la bourgade à ses débuts – démontre le rayonnement de ce qui fut, de 771 à 784 au moins, quelques semaines par an, le centre de pouvoir décisionnel d’un royaume en constante dilatation(La Libre 19/3/2018).
C’est bien trouvé : ça peut  concilier tout le monde qui peut revendiquer un centre décisionnel quelques semaines par an.  Josiane Barbier, Professeure à Nanterre développe aussi cette thèse ,dans Les Palais Francs avant Charlemagne ( p. 249): « le terme ‘palais’ désigne un lieu d'exercice et de représentation du pouvoir civil. La fréquentation de ces ‘Palais’ visait à assurer la cohésion de royaumes toujours en construction, par la présence du roi en des points sensibles ou en des régions potentiellement centrifuges ». Si je puis le résumer ainsi : Charlemagne était un empereur nomade…

La culée de l’ancien pont de Wandre

Dans le fond un passage piéton potentiel?
Nous partons de la rue du Prince : c’est est tout ce qui nous reste des trois premiers ponts de Wandre. Ces ponts ont été construits à l’emplacement du passage d’eau. A l’origine, une nacelle était mue par la seule force du passeur avec sa perche. Plus tard on installa une chaine fixe reliant les deux rives, suivi d’un câble noyé. Le passeur d’eau effectuait deux ou trois fois l’an une collecte à Wandre et à Herstal. En 1841 le charbonnage de Wandre reprend le passage d’eau, avec un bac qui avait encore servi au Prince Evêque pour son palais de Seraing. D’où la dénomination Seraing-le-bac (et la rue du Prince) (P. Baré, Herstal en cartes postales, TIIp.105).
Dans la culée du pont un vestige du ‘ système des Régions Fortifiées Permanentes’ de l’entre-deux-guerres. En1927 une commission chargée d'étudier un système fortifié pour la Belgique, décide de re-fortifier Liège, centre industriel important. En fortifiant la Meuse et le futur canal, on obligera l'ennemi à passer par la Hollande. On sait maintenant qu’ils sont passés par Eben-Emael qui n’a pas tiré un coup de canon.
La Commission préconise de créer une position défensive en profitant du creusement du canal  Albert. Dans toutes les culées de la rive gauche on prévoit des dispositifs avec des sections de mitrailleuses. En juin 1935, on commence la construction du nouveau pont de Wandre. L'entrée de l'abri n’est évidemment pas par le chemin de halage : elle exposerait les occupants aux coups de l'ennemi. L'entrée se trouve dans le mur de soutènement de la rue du Prince. L’abri pourrait peut-être servir de passage aux cyclistes et piétons, pour rejoindre le centre-ville depuis le Ravel ?

Derrière les Rieux

Le Vieux Moulin, qui a donné son nom à la ruelle qui débouche sur place de la Licour, était à l’époque alimenté par les rieux. Le Rieu des Mollins alimentait neuf moulins. Une branche a sa sources à Vottem qui a toujours sa rue des Moulins et sa rue des Meuniers ; une deuxième vient de Milmort et est encore à l’air libre au Patar. Ces deux rieux se rejoignent à hauteur de la ferme-chocolaterie Charlemagne qui était au départ un moulin.
En cas de grosses eaux une partie du débit passait dans le Faux Rieu, dont on peut encore voir une baie rebouchée sur le viaduc du chemin de fer. La branche principale débouchait dans la Meuse via la rue du Vieux Moulin. Or, le Master Plan Cœur de Herstal (MP) prétend que l’estuaire de la Préalle (sic) débouchait dans la Meuse au bout de la rue des Mineurs. Cela est aussi faux qu’un faux rieu. En plus, la Préalle désigne un lieu et pas un rieu : nuance ! Ceci dit, je n’ai pas encore retrouvé une description précise du cours de ce rieu entre le moulin Nozé et la rue Derrière les Rieux. Mon petit doigt me dit qu’il coule en dessous de la FN.

L’espace muséal et son jardin carolingien

Nous passons derrière notre musée que nous pourrions appeler espace muséal, depuis qu’on a démoli une baraque branlante qui tenait encore debout avec le brol qui était ‘sauvegardé’ à l’intérieur. On compte exposer les machines et outils qu’elle contenait tout autour de cet espace. Très bonne idée.
En 2014, Fréderic Daerden avait suggéré de rebaptiser le musée en « Musée Charlemagne». « Herstal doit devenir la référence de l’empire carolingien » (Vlan Spectacle Basse Meuse 20/5/2015). C’est resté un pieux souhait, mais les commémorations nous ont laissé au beau jardin médiéval. inspiré par le ‘Capitulare de villis vel curtis imperii’. Ce petit jardin charmant est pour moi le plus beau souvenir des commémorations Charlemagne de 2014.
Un historien allemand est touché par « le soin avec lequel, en bon père de famille qui ne craint pas de s’abaisser aux détails, l’homme dont la pensée embrassait Jérusalem et les Pyrénées; l’homme qui rectifiait l’enseignement théologique du pape, se préoccupait des oeufs de ses basses-cours ». Pour le grand historien Marc Bloch, ces minuties sur l’administration domaniale sont incompatibles avec le gouvernement d’un grand Empire et prouvent presque que le souverain dont il émane ne peut être Charlemagne: « le Capitulare de villis est pour nous prodigieusement instructif, mais ce fut vraisemblablement en son temps un règlement assez banal».
Bloch termine avec un détail croustillant : le seizième paragraphe du capitulaire renferme des prescriptions disciplinaires curieuses. Le directeur de domaine qui a négligé d’exécuter les ordres royaux devra s’abstenir de boisson (« a potu se abstineat ») jusqu’à ce qu’il ait reçu son pardon. Le fonctionnaire d’ordre inférieur qui aura de même désobéi, devra se rendre à pied au palais et s’abstenir de toute boisson et de toute chair jusqu’au moment où il aura pris connaissance de sa sentence, le plus souvent sous forme d’une fustigation in dorso (fouet sur le dos). (Marc BLOCH L’ORIGINE ET LA DATE DU CAPITULARE DE VILLIS Revue historique, PUF, 1923,  T. 143). Une punition à appliquer aux administrateurs de Nethys ?
Le capitulaire nous apprend aussi que la civilisation carolingienne était tourmentée par la famine, au point de se préoccuper du cannibalisme : « Si quelqu’un, trompé par le diable, croit qu’une femme est une sorcière qui mange des hommes, et que pour cela il la brûle et donne sa chair à manger ou la mange lui-même, il sera puni de la peine capitale ».
Florence Close l’a affirmé aussi lors de colloque sur Charlemagne: « le Capitulaire envisageait les moyens à mettre en oeuvre pour résorber la crise provoquée par la famine de 778/779 ».
Au même colloque Jean-Pierre  Devroey nous a appris que la guerre demandait plus de pain et de fourrage, et que la politique agraire carolingienne fut aussi stimulée  par le défi représenté par la répétition des pénuries alimentaires. L’obligation pour tous de payer la dîme paroissiale (dont un tiers à un quart du produit était réservé à l’assistance aux pauvres de la paroisse) fut instaurée par Pépin III en 765. Le capitulaire de 779 à Herstal  est aussi la suite directe du désastre militaire d’Espagne de 778.
Attention, nous arpenterons un autre jardin médiéval qui rassemble légumes et herbes aromatiques parfois oubliés derrière l’hôtel de ville, au musée de l'Éphémère.

La tour Pépin : un hoax?

Un peu plus loin un bâtiment construit, selon l'ancienne notice du Patrimoine monumental de la Belgique, sur « les restes d'une tour romane entièrement aveugle, appareillée en moellons de grés houiller sur une base peut-être carolingienne». Ce qui explique que des les nostalgiques de Charlemagne (et ils sont nombreux à Herstal !) l’ont appelé erronément ’tour Pépin’. En 1844, le ‘Guide du Voyageur sur la Meuse’ signale sur place, « dite Li Cour, les restes de l’ancien palais, avec deux tours, de Pepin-le-Gros, à qui tous les histoires donnent le surnom de Herstal, pour le distinguer de son aieul Pépin de Landen ».
Simenon en rajoute une couche en évoquant, dans ‘Pédigrée, son grand-père Guillaume Brüll, «habitant avec toute se famille dans l’ancien château de Pépin de Herstal».
Pourtant, en 2009, trois chercheurs du service de l’Archéologie et un prof de l’école supérieure des Arts Saint-Luc affirment que les plus anciens vestiges ne seraient pas antérieurs à la fin du XVième siècle. Et l'Inventaire du patrimoine culturel immobilier ne parle plus de vestiges carolingiens et date le bâtiment actuel du 16e siècle. Le Château est l’œuvre de François Hanxheler, chevalier de l'Ordre Teutonique depuis 1549. Ca remonte à la montée du protestantisme. Guillaume I d’Orange, le favori de Charles Quint, était devenu persona non grata en 1561, et ses biens  confisqués en 1569, parce qu’il s’était tourné vers cette nouvelle religion. Dans ces biens, sa Seigneurie de Herstal. Guillaume trouve une astuce pour éviter la confiscation : il met ces biens en gage auprès de Hanxeler pour 26.000 florins. Celui-ci  s’attribue le titre de ‘seigneur gagiste de Herstal’ et y construit en 1575 un manoir.
Tout est bien qui finit bien : En 1603 la Seigneurie de Herstal retourne aux Nassau. Ce qui explique que la maison royale de Hollande porte toujours le titre de Seigneur de Herstal !  (Collart, André, La seigneurie de Herstal sous les Hanxeller : 1568-1604).
Ce château est démoli en 1857 par Jean-Michel Courard pour y construire sa maison, repris aujourd’hui dans l’Inventaire du Patrimoine Immobilier (IPIC).
La tour est classée en 1962. Mais classement ne signifie pas nécessairement restauration. En 2009 Guy Paternotte et sa société GP Consult, spécialisée dans la rénovation du patrimoine, envisagent de transformer la tour en espace de bureaux. La ville de Herstal décide de participer en adjoignant un éclairage. Guy Paternotte ne fait rien : un dossier qui n’est pas très glorieux pour quelqu’un qui prétend être spécialiste de la rénovation du patrimoine… Selon la DH, en décembre 2013, le conseil communal aurait voté l’acquisition de la tour Pépin.

Pendant dix ans  Paternotte refait surface en février 2019: il annonce la relance des travaux, justifiant le retard par des fouilles archéologiques. Or que le rapport des fouilles a été publié vers 2010. «Je suis tombé sur cette tour qui m’a tapé dans l’œil. L’ancienne propriétaire n’en faisait rien. Sa dernière occupation a été un poulailler. Avant ça, des voisins qui avaient beaucoup d’enfants y avaient aménagé des chambres. Je voulais y installer mon entreprise. Mais il a fallu tellement de temps pour que le projet aboutisse que j’ai depuis remis mon entreprise. Je vais néanmoins réaliser le projet et on verra bien qui l’occupera » (source : La Meuse 5/2/2019).
Pour moi, ce Paternotte n’est plus crédible. En 2013, la Ville avait proposé de racheter la tour pour en faire une annexe du Musée communal tout près. On peut maintenir cette hypothèse là !


La rue Large voie et ses maisons repris dans l'Inventaire du Patrimoine Immobilier

Nous passons dans la Large Voie qui a plusieurs bâtisses repris dans l'IPIC. A commencer par cette borne kilométrique au N° 141 qui marque le kilomètre 5 de la chaussée de Liège à Visé, par la rive gauche. Celle-ci, pavée de Liège à Coronmeuse en 1718, fut pavée jusqu'à Vivegnis en 1754 et prolongée jusqu'à Visé dans la seconde moitié du 18e siècle. La borne, en pierre peinte, porte le chiffre 5 gravé en creux.Au N° 51, maison d'allure néo-classique, vraisemblablement édifiée vers le milieu du 19e siècle. Construction en briques et calcaire coiffée d'une toiture à deux versants de tuiles. Quatre travées sur deux niveaux percés de baies rectangulaires, à appuis saillants prolongés en bandeau continu à l'étage. Bâtisse bien conservée représentative de l'architecture privée courante au milieu du 19e siècle.
Large Voie 57, rez-de-chaussée de style classique, percé de trois baies à linteau échancré remonte à la 2e moitié du 18e siècle; les deux étages de style néo-classique, ajourés de baies rectangulaires, ont été ajoutés dans la première moitié du 19e siècle.
Maison de style néo-renaissance, Large Voie 90-92, est  signée de l'architecte herstalien Michel Jolet et datée de 1898. Construction de deux travées sur deux niveaux, dont la travée droite plus large et en ressaut est couronnée d'une grande lucarne-pignon. La façade se signale par un décor chargé caractéristique de l'architecte, notamment à la porte-fenêtre ouvrant sur le balcon du premier étage, composée de deux baies géminées en plein cintre, couvertes par un grand arc dont le tympan s'orne d'un décor sculpté. Une petite annexe de même style flanque la maison à droite, derrière de belle grilles de fer forgé.
Large Voie 183, maison mitoyenne d'allure néo-classique érigée au début du 19e siècle. Représentative de la production courante de l'architecture privée de cette époque, construction en briques et calcaire de trois travées sur deux niveaux, percée de baies rectangulaires.

Le Master Plan Cœur de Herstal et Charlemagne

Le Master Plan Cœur de Herstal prévoit un parc qui rejoint via la rue Richard Heinz l’espace devant la piscine. Cette jonction n'étant pas encore faite, nous y pénétrons par la Large Voie. Le Préambule de ce MP fait le lien avec notre empereur à la barbe fleurie: « Ce n’est pas un hasard si l’Empereur Charlemagne a fait de Herstal l’épicentre de son pouvoir continental. Véritable carrefour des mondes germain et latin et irrigué par un réseau de voies de communication diversifié, Herstal nourrit de grandes ambitions pour son territoire ».
A croire le MP, nous sommes ici sur estuaire de la Préalle
Le MP veut renouer p.86 « avec deux axes historiques perpendiculaires clairement affirmés durant le Moyen-Age : l’axe Liège-Maastricht, axe de pélerinage, et Tongres à Jupille. A la confluence de ces axes se situent Coronmeuse, la place Marexhe, la place Jean Jaurès, aboutissement du vallon naturel de la Préalle.Durant le 19-20ième siècle les développements industriels font fi du relief : ce sont des développements linéaires, parallèles au canal. Aujourd’hui il s’agit de retrouver le vallon naturel de la Préalle et de mettre en avant une véritable trame verte et bleue qui relie le plateau herstalien au canal Albert ».
Nous retrouverons Marexhe un peu plus loin.
Le MP veut p.88 « créer une trame verte et bleue qui suit le relief naturel du vallon de la Préalle et qui casse ce fonctionnement en strates horizontales (note HH : si relief naturel il y avait, c’était celui du faux rieu). Pour ce faire, une véritable colonne vertébrale est créée depuis les hauteurs via la Place Laixheau et la Place J.Jaurès, qui se prolonge sur l’esplanade de l’hôtel de ville et rejoint le canal Albert via le chancre urbain situé à l’arrière de l’administration communale.
Et p.110 :  prolonger la colonne vertébrale via la terrasse du Nouvel Hotel de Ville (NHV) tout en profitant du dénivelé, uniquement modes doux et fonctionnant par paliers. Une passerelle piétonne ainsi qu’une dalle sur deux niveaux de stationnement permettraient de relier les points hauts que sont la terrasse du NHV et le nouveau parc des coteaux créés en bordure de l’école fondamentale et entre le hall sportif et la piscine. A hauteur de la piscine c’est également une nouvelle ‘place’ qui pourrait être aménagée. La terrasse de la brasserie pourrait ainsi s’agrandir et profiter de la vue sur le canal.
Et, ce qui m’a étonné le plus, p.112, « les premiers développements immobiliers sont prévus sur les parcelles publiques rue Large Voie » (le parking de la piscine !!! On comprend pourquoi cette place n’a jamais reçu de nom).

Un axe structurant, avec une belle vue sur l’écluse ?

Nous descendons via le piétonnier sur le parking du hall omnisports. Cette nouvelle voie qui au départ ne servirait qu’à donner accès au parking en-dessous du NHV devient dans la Master Plan un axe structurant : « c’est de la rencontre entre ces axes structurants et le Ravel que la mutation du Boulevard pourra être enclenchée ».
Nous lisons p.116 « Z. Gramme-Connexion Canal Albert. Une première amorce pourrait être engagée à hauteur des magasins Aldi-Boels-Martin. Cet endroit jouit d’une belle vue sur l’écluse et un écran végétal dense. C’est une véritable connexion vers la place J.Jaurès qui est créée depuis le RAVeL
p.130 L’amorce engagée par la connexion sur le canal pourrait s’étendre à l’ensemble du Boulevard. Et ce seulement dans le cas où le tram (TCSP) voit le jour.
La Phase  B prévoit le déménagement du magasin Boels (« qui n’a plus sa place en milieu urbain »)
Et le  « déplacement temporaire du Aldi pour une reconstruction sur lui-même - en phase C ».

Le musée ephémère de Werner Moron

L’artiste Werner Moron, de la cellule Art, Nature et Innovation de Natagora a créé sur la friche Kraft son Musée de l’Éphémère. Notre "sculpteur de biotopes" a conçu un grand parc paysager en 8 zones favorisant la biodiversité, où ont été plantées des essences différentes : milieu humide ou sec, petite mare, milieu ombragé ou ensoleillé, sols pauvres et riches. Une pépinière slow fait redécouvrir les plantes indigènes. Werner espère qu’ils recréeront chez eux des couloirs de biodiversité dans la ville. Pourquoi cette appellation 'musée'?
« Chacune des zones poursuit un objectif pédagogique précis, partagé avec la population, explique Dorothée Luczak de Natagora. Notre but est de montrer que l’on peut recréer en ville des corridors écologiques et favoriser la biodiversité". Pour Frédéric Daerden (PS), "le monde change et il est indispensable de repenser les manières de produire, consommer et de créer du lien social. Dans ce nouvel espace, les habitants pourront cultiver, échanger, jouer un rôle dans la co-construction de la ville. Nous transformons ici une ancienne friche de centre urbain en un espace privilégiant la biodiversité et le durable".
Je connais Werner du Thier à Liège, où il est intervenu lors du Week-end du bois, à l’entreprise de bucheronnage Richard Lannoy, en  2015. Il est aussi au Préhistomuseum de Ramioul. Son collectif Paracommand'art a inventé une chorégraphie sur la Place Saint-Léonard avec les Indignés qui l’occupaient. En 2013 il a réalisé au Gosson une sculpture-radeau «L'eau monte » avec des bouleaux coupés sur le site. Il avait déjà réalisé un radeau du même genre, en Pologne, en dialogue avec la Nef des fous (v.1500) de Jérôme Bosch.
Un beau palmarès. On peut lui reprocher qu’il contribue au greenwashing. Il le sait !
 « Une œuvre d’art n’est pas là pour faire société mais pour poser une question stridente et interpellante, qui fait polémique. En fait, on doit toujours être dedans ET dehors (ne serait-ce que pour les moyens nécessaires au développement d’une action) ».
La Ville essaye de framer l’artiste dans son citymerchandising. Elle prétend avec ce ‘musée ephémère’ « stimuler le développement d’activités liées à un tourisme durable générateur d’emplois locaux pour accompagner la transition vers une économie plus verte en liaison avec les objectifs européens à l’Horizon 2020. Pour les villes qui n’ont pas de patrimoine remarquable, des solutions existent : s’orienter vers un tourisme d’expériences à vivre à la place d’un tourisme de lieux à voir, comme en mai 2018  un atelier sur le «tourisme insolite »
Je ne sais pas si quelqu’un a fait le bilan écologique de ce projet, mais cela représente 650 m³ de déblais, et 1200 m³ de remblais. Une dalle de béton de 422 m² accueille des conteneurs. Une rampe accessible aux piétons, cyclistes et PMR est censé favoriser le cheminement depuis le centre-ville.
C’est Eloy qui a réalisé le chantier en collaboration avec Natagora,  pour le compte d'Urbéo. http://www.wallonie.be/fr/actualites/herstal-1er-musee-wallon-dedie-lecologie-urbaine
L’assemblage de 8 containers est de l’architecte de renommée internationale Rudy Ricciotti, qui a publié dans "Tous les containers",  « Des projets d'architecture modulable dans l'espace public ». 
Attention, Werner Moron (ou Natagora) partage peut-être le copyright, puisqu’il a publié aussi « Le container-studio ».
À l’intérieur de ceux-ci, L.E.A.S.E, ou Laboratoire Économique Artistique Scientifique et Environnemental, une collaboration entre l’ASBL Façon de voir, Urbeo, L’Université de Liège, le Pôle Mecatech et Natagora, et soutenue par la Région wallonne dans le cadre du programme Creative Wallonia,

Rue des mineurs et les frères Mineurs

Nous descendons la rue des Mineurs. Le Master plan prétend également « créer un second axe structurant le long de la rue Faurieux et de la rue des Mineurs. Ces axes permettent de reconnecter le centre urbain au canal et de reconquérir ses rives ». Point de vue mobilité, cet axe existe, mais ne structure rien du tout. C’est juste un prétexte pour quelques projets immobiliers le long de l’ancienne bretelle rail qui allait vers la FN et les ex-Acec.
La Rue des mineurs n’a rien à voir avec les charbonnages, mais tient son nom des frères Mineurs qui possédaient des biens en Monsin, en prolongement de cette rue (avant le percement du canal).

La Petite voie, un chemin de grande communication

Nous prenons la rue Petite Voie (un pléonasme), entièrement remise à neuf dans le cadre de la rénovation urbaine. C’est officiellement devenu une "Zonede rencontre". Une petite rue mise en espace partagé à maximum 20km. La zone est signalée par un panneau bleu avec des enfants qui jouent. Si pour la place Jean  Jaurès c’est raté, pour la rue Petite Voie c’est +- réussi, même si ces 20 km ne sont pas toujours respectés, et que cette petite rue est utilisée comme voie de transit, ce qui est contraire à la conception de la rue où piétons et bagnoles se retrouvent au même niveau (il n’y a plus de trottoirs).
Les riverains se plaignent aussi que les places de parking sont prises par les profs de Saint Lambert (une situation que le Master Plan veut améliorer) et que les riverains ont difficile de se garer, d’autant plus que le nombre de places a diminué suite à l’installation de bacs à fleurs pour créer des chicanes.
Les auteurs du plan communal de mobilité préconisaient des parkings en périphérie pour les écoles et cliniques (pour Saint Lambert par exemple sur le boulevard, avec éventuellement un passage direct vers l'entrée de l'école).
Le schéma de rénovation urbaine de Hayeneux nous apprend que le No 151 est « une vaste demeure enclose du second tiers du XIXème siècle, dont les cinq travées sont marquées par un jeu de pilastres ». Selon le propriétaire actuel, c’était un refuge de chasse d’un noblion (que l’on devrait pouvoir identifier en analysant son blason repris dans la façade). Dommage que ce bâtiment un peu étrange dans cette petite voie avec ses petites maisons  n’est pas repris dans l’Inventaire monumental de la Belgique, ni par l’actualisation de l’IPIC, 'Inventaire du patrimoine immobilier culturel de la Wallonie’.
Au N°s 156 et 165 deux ateliers d’armurerie. Eh oui,  nous sommes dans la cité des armuriers ! Au n°156 l’atelier E.& J. Marck ( 1889) qui produisaient des carabines de tir pour les foires. Au N° 165 la fabrique de pièces d’armes d’Eugène Jacquemart, construite en 1900 à côté de sa forge. Aujourd’hui, la résidence est toujours occupée à des fins armurières par ses descendants. Par contre, les ateliers sont reconvertis en garde-meubles (source : dossier de la Zone d’Initiative Privilégiée Zip Marexhe). Raoul est né dans le coin, dans une petite maison en arrière d’une maison de maitre rue Hoyoux.
Mine de rien, la Petite Voie était à l’époque un chemin de grande communication, en-dessous du grand chemin et donc moins praticable lors des hautes eaux.

Rue Marexhe

Nous nous retrouvons ici selon le MP aussi sur « un axe historique perpendiculaire : l’axe de Tongres à Jupille, avec à la confluence de cet axe la place Marexhe, aboutissement du vallon naturel de la Préalle ». Il est vrai que nous sommes ici sur un tronçon de l’antique chaussée Brunehaut. Il y avait en effet un gué qui permettait de passer la Meuse via les îles et les marais (Marexhe !). Mais il ne faut pas s’imaginer une chaussée ! Pour le médiéviste Camille Jullian,  «c’est une fantaisie d’érudit, de poète ou d’écolâtre, postérieur à la Renaissance carolingienne et sans le moindre rapport avec la réalité, la reine franque n’ayant jamais rien fait pour les routes » (Camille Jullian, Histoire de la Gaule, V, 1920, p. 102).
Selon notre historien local M. Collart-Sacré, « pendant les deux siècles et demi que dura leur domination, les Francs n’ont rien construit, rien édifié, ni route, ni monument. C’était des peuplades essentiellement guerrières, cherchant la richesse facile par le pillage et le vol mais incapables de culture stable ».On a donné improprement le nom de Chaussée Brunehaut à une voie de grande communication qui fut établie en 1846 et comprend nos rues Grande Foxhalle, Basse Préalle, Charlemagne, Verte et gagne Milmort et Liers. M. Vergote, chef de division de la voirie vicinale écrit en 1849 : ‘La construction de cette voie de grande communication qui donne lieu à une dépense de 65.000 francs, traverse sur une longueur de 9.885 mètres le territoire de 7 communes qu’elle rattache à deux grandes routes’.
La Chaussée Brunehaut est déclarée chemin de grande communication N° 86 par arrêté de la députation permanente le 10/9/1863. Un petit détail: Par AR de 1851 Herstal fut autorisé à établir 3 péages d’une demie barrière adjugés pour une année moyennant 180 fr. Il y avait un péage rue Basse Préalle, supprimé en 1909. (Collart-Sacré, La Libre seigneurie de Herstal, éd. Thone, 1927, p. 376). Aujourd’hui, retour en arrière, nous avons Besix !
La rue Marexhe n’a pas volé son nom : elle était marécageuse. Lors de la grande épidémie de choléra de 1849, il y avait ici 25 décès dans la seule journée du 31 mai. La population se tournait vers Saint Roch : En Marexhe 45 une modeste chapelle a été transformée en potale en 1895. 
À l'angle de la rue Petite Voie, une intéressante maison de style néo-classique de la seconde moitié du 19e siècle. Dans le jargon de nos gardiens du patrimoine de l’IPIC ça devient : « Large de quatre travées, la façade vers la rue Marexhe est percée de baies rectangulaires à appuis saillants au rez-de-chaussée, et à linteaux bombés à clé, à appuis saillants prolongés en bandeau et encadrements moulurés, à l'étage. Des pilastres de calcaire encadrent partiellement le rez-de-chaussée. Pavillon de tuiles. Vers la rue Petite Voie, façade de trois travées de même type ».
Et je continue sur ma lancée :
« Parallèle à la rue Marexhe et à l'angle de la rue des Trois Pierres, intéressante maison de style néo-classique édifiée dans le courant du 19e siècle. Construction en brique et calcaire de deux niveaux sur soubassement cimenté. Les trois travées sont percées de baies rectangulaires dont les appuis saillants, à l'étage, sont prolongés en larmier. Toit brisé d'ardoise percé de trois importantes lucarnes à fronton cintré ».
Au N° 95, « une imposante maison édifiée au 17e siècle et largement remaniée dans le courant du 19e siècle. Construction en briques et calcaire dont le corps de logis est implanté perpendiculairement à la rue. Vers le jardin, la façade principale cimentée et d'allure néo-classique est percée de sept travées sur deux niveaux de baies rectangulaires. Le pignon à rue, conserve partiellement sa maçonnerie du 17e siècle autrefois percée d'une baie à croisée et piédroits chaînés. La façade arrière plus simple est prolongée par deux ailes étroites en retour d'angle qui encadrent une cour. Nombreuses ancres ponctuant la maçonnerie ».
Et l’IPIC ne néglige pas les chaumières ! « Perpendiculaire à la rue, petite maison du début du 18e siècle, témoignage bien conservé de l'architecture de style traditionnel de cette époque. Construction en briques et calcaire, dont la façade est revêtue d'un cimentage peint. Baies à croisée avec barreaux au rez-de-chaussée et baies à meneau à l'étage. Bâtière de roofing sur frise dentée ».

Hayeneux

Nous suivons la rue Haute Marexhe jusqu’au Pôle Hayeneux, pôle 1 du schéma directeur de rénovation urbaine de 2007. En 2015 est inauguré l’espace Aurora du Groupe Horizon (Minguet): 44 appartements. Le parking sous terrain sert aux logements et aux espaces communautaires, avec une rampe commune. Le boulodrome (1.600m²) peut accueillir des tournois européens, à l’intérieur. A l’extérieur, le règlement interdit de jouer après 18 heures, question de ne pas déranger les habitants des apparts.
Mais le plus interpellant est la maison de quartier. C’est ainsi qu’il a fallu le présenter pour tomber dans les critères des Fonds Feder. Lors de la présentation du Pôle 1 on avait signalé qu’il «y a lieu de mettre en regard le programme d’activités à développer avec celui qui est déjà mis en place par des organismes ou associations voisins, par exemple au « Motorium».  En 2018 la Ville est mise devant l’évidence: on n’a pas besoin d’une autre maison de quartier. On  lance donc un marché de
«concession de services» pour y développer un projet de gestion à vocation culturelle et/ou sociale, à dimension communale et supra communale. Je n’ai pas l’impression que beaucoup de candidats concessionnaires se sont pointés.
Pour un concessionnaire privé c’est énorme : 2 grandes salles de 75 à 100 personnes : 150 et 180 m2 ; 2 salles moyennes de 30 à 50 personnes ; 2 petites salles de 10 à 15 personnes, sur 1.100m².  Le monde associatif de Herstal et du quartier Nord ont des besoins, mais la logique des PPP veut que ce bâtiment reste vide.

Sous nos pieds, un canal

Nous traversons – en faisant très attention – le Boulevard via un passage piéton tout récent. Ca a trainé un peu parce qu’on a découvert une pollution en rasant la maison entre la rue Haute Marexhe et le boulevard.
Le premier canal latéral Liège-Maastricht de 1850 démarrait à Coronmeuse.. Dans Herstal en cartes postales Pierre Baré a publié quelques beaux souvenirs de ce canal bucolique, avec ses 24 ponts et 6 écluses, qui est devenu depuis un boulevard urbain….
En 1923 une commission examine un projet de canal entre Liège et Anvers. Suite aux crues désastreuses de l’hiver 1925-1926 une  Commission nationale des grands travaux préconise d’entamer les travaux. Le roi Albert Ier inaugure les travaux en 1930. Douze mille ouvriers y travailleront. L’ancien canal Liège-Maastricht est remblayé. À Milsaucy, le canal se poursuit en site neuf. Le canal est inauguré lors de l’ouverture de l’Exposition internationale de la technique de l’eau de 1939.
De cette exposition il ne reste que l’ancienne patinoire conçu par Joseph Moutschen, comme Palais des fêtes pour l’expo. Ce témoin de l’architecture moderniste est aujourd’hui en danger, ne fût-ce par l’absence de perspectives d'utilisation. Le bas-relief qui la surplombe est l'oeuvre du sculpteur Wansart. La façade postérieure est coupée par un «Dionysos » dû au sculpteur Adelin Salle. Derrière il y avait une piscine en plein air.
L’ensemble monumental dominé par un phare de 40 m auquel est adossée la statue du roi Albert avec un bas relief qui reproduit le tracé du canal est aussi de Moutschen, ainsi que la station de pompage..
Notons que cette esplanade hébergeait dans ses flancs des canons. Rappelons-nous le bunker en dessous de l’ancien pont de Wandre du début de notre balade. Deux abris sont dissimulés dans le socle de la statue du Roi Albert. Un peu limite comme camouflage ? En 1939 la Défense Nationale se rendit compte que le IIIe Corps d'Armée, occupant la PFL, ne disposait ni d'effectifs suffisamment nombreux, ni d'assez de mitrailleuses pour garnir cette ligne de front de 179 abris se développant sur 60 Km. C'est pourquoi il fut décidé de ne pas l'occuper. Elle constituera un leurre pour l'ennemi…
Le parc sert aussi d’espace évènements. 155 cabines-toilettes Cathy Cabine aux Ardentes et aussi 40 mètres de rampes-urinoirs sur les barrières Heras, directement raccordées aux avaloirs, des urinoirs-champignons, et des fontaines à eau dans lesquelles les festivaliers se lavent les dents et les cheveux. Pour ce qui est les Ardentes, ils vont à Rocourt.
Nous arpentons les terrains que le MP veut reconquérir sur le Port Autonome (p.116  Connexion Canal Albert et le Boulevard Z. Gramme).

Le Master Plan boulevard et canal

Faire du logement là où le Lidl vient d’emménager, ou le Colruyt qu’on vient de rénover ? Le MP ne voit aucun problème: « Les ilots fonctionnent par ‘dalle’ : une ‘galette’ prompte à accueillir des fonctions commerciales. Une voirie de desserte ‘souterraine’ relie les différentes dalles entre elles. Cette voirie est dite souterraine car elle profite en fait du dénivelé entre le niveau du bd et la RAVeL » (MP p.130).
Pourtant, des problèmes, il y en a. Un premier est p.118 « un accord quand à la maîtrise foncière entre la Région et le Port Autonome (PAL) est un, préalable à toute mise en œuvre ». Fréderic Daerden disait en 2017 que le PAL « est buté. Grâce au Master Plan, j’espère pouvoir leur présenter un beau projet qui les fera changer d’avis» (Sud Presse 22 fév. 2017). Ce beau projet n’a apparemment pas convaincu le Port Autonome, une intercommunale dirigé par Willy Demeyer. En juillet 2018 le PAL donne un avis défavorable. Cela ne signifie évidemment pas que Herstal est à court d’arguments. Fredo tient Willy par la barbichette. Willy veut un écoquartier à Coronmeuse. Et on peut poser des questions sur une intercommunale censé s’occuper d’installations portuaires qui loue des espaces commerciales…
Une deuxième inconnue est le prolongement du tram. Dans la brochure distribuée en 2018 au MIPIM on lit : «Requalification du Bd Z. Gramme en boulevard urbain qui accueille le tram. L’amorce engagée par le canal pourrait s’étendre à l’ensemble du Boulevard mais uniquement dans la perspective où un site propre pourrait être dédié au tram».
La fiche-projet le classe en T2. Mais dans la brochure pour les investisseurs il y a un macaron ‘Temps 1’. Il y a un double problème de planning. Premièrement, Coronmeuse sera pour un certain temps le terminus. La prolongation vers la Basse Campagne n’est pas officiellement abandonnée, mais en toute logique, il faut prévoir pour un temps assez long un Park&ride, une gare de bus etc. à Coronmeuse.
Il faut aussi trouver un montage financier pour cette prolongation. Le tronçon de Herstal n’intéresse pas les partenaires privés: il ne drainerait que 10% des passagers.
Et quatrièmement, pour  de l’habitat le long du canal, le MP minimise  la pollution: «Quant à l’île Monsin je pense que la pollution est limitée». Evidemment, là, Frédo est en diapason avec son cama Willy qui veut un écoquartier à Coronmeuse… Malheureusement, l’île Monsin n’est plus le Trilogiport (eau, rail, route) qu’il était fin des années 40. Aujourd’hui il y a des friches, et beaucoup de projets pour des installations censées traiter des déchets.
A part ça, il y a aucun problème ! « Dans la perspective de l’arrivée d’un TCSP, en continuité de ce qui est proposé sur le tronçon de Coronmeuse, (un TCSP latéral vis-à-vis des voitures particulières) le Bd pourrait être totalement réaménagé en gardant les gabarits de voiries existants. Les 2 bandes centrales sont maintenues.
La contre-allée côté ville est aménagée sous forme de trottoirs ce qui permet de dégager une frange importante de potentiel foncier » (MP p.126).

Boire un verre

Pour ceux et celles que ça intéresserait on peut prendre l'apéro, voire des taps,  au Cameron, avec une petite pensée pour Edouard Wagener, cafetier au Rivage, un quartier disparu, Wagener était au cœur de la révolte de 1886
 En 1881, Edouard Wagener avait été élu président des "Va-Nus-Pieds", la fédération liégeoise de l'Association Internationale des Travailleurs. Le 18 mars 1886 il appelle à un grand meeting public en commémoration du 15° anniversaire de la Commune, suivi d’une manifestation place Saint Lambert. C'est ce meeting qui sera le point de départ de la bourrasque sociale de 1886. Wagener est arrêté; il finira aux Assises.
A Herstal le bourgmestre apprend qu’une dizaine d’individus ‘s’étaient promenés à Wandre avec drapeau rouge et bonnet phrygien, Ils avaient chanté la Marseillaise, traversé le pont de Herstal-Wandre et ils étaient venus manifester devant la maison occupée par la famille du détenu Wagener.  Je reçus avis de Mr le commissaire d’arrondissement de faire fermer les cafés à 7 heures du soir, d’interdire les rassemblements et de requérir les forces nécessaires.  Le bruit circulait qu’un meeting devait se tenir le soir place Licour.  Malgré les ordres donnés, le café Wagener, au Rivage, était ouvert ; une visite de Mr le commissaire de police en fit sortir plusieurs individus notoirement connus comme adeptes de Wagener.  Ils furent conduits, sous escorte de police et de pompiers, jusqu’au-delà du pont.  Aucun autre évènement ne se passa dans la soirée. Il n’y a pas à le nier, un mouvement était préparé pour le soir ; s’il ne s’est pas produit, c’est grâce aux précautions prises’.
Aujourd’hui José, cafetier du Cameron, est à la tête de la résistance contre le couvre-feu. https://www.rtbf.be/info/regions/liege/detail_les-bistrotiers-herstaliens-voient-rouge?id=9169025

(El cante de Camarón de la Isla y la guitarra de Paco de Lucía una simbiosis mágica del Flamenco desde su encuentro en el mítico tablao "Torres bermejas" en Madrid)
Ou ceci
https://www.youtube.com/watch?v=R56tvOz6UOI (“El Legado”  dedicada a una leyenda del flamenco, José Monge Cruz “Camarón de la Isla”. Enrique Romero acompaña a Rocío Monge, la hija menor de Camarón, a visitar la tumba de su padre. Rocío habla de su padre, de su infancia tras su muerte y de lo que significa ser la hija del príncipe gitano. Además, “El Legado” visita los lugares en los que transcurrió la vida del genio gitano(.
Et puis, si vous commanderiez une jup (José a aussi le San Miguel) saches que le citymarketing sur Charlemagne à Jupille ou à Herstal doit une fière chandelle à Jean-Théodore Piedboeuf qui dès 1850, prétend que sa bière est brassée à partir de l'eau pure de le source " Charlemagne" reconnue depuis l'an 767.

Sources

dossier de l’Awap “Les Carolingiens dans le bassin mosan autour des palais de Herstal et de Jupille”, Agence wallonne du patrimoine (coll. “Dossiers”, 27), 193 pp. 25 euros
Dans ce city-marketing, Herstal à à offrir quoi ?
Avec le roman rose de l’Europe pluri-séculaire fondée par Charlemagne on retrouve aujourd’hui le patriotisme urbain du Moyen Age http://hachhachhh.blogspot.be/2013/11/linstrumentalisation-de-charlemagne.html
 sous la forme du citymarketing : Charlemagne doit développer un tourisme culturel.
http://hachhachhh.blogspot.be/2016/06/le-cur-historique-de-herstal-revisite.html Le cœur historique de Herstal, revisité à l’aune de l’inventaire du patrimoine de Herstal
. Plus dans http://hachhachhh.blogspot.be/2016/08/24ieme-balade-sante-autour-du.html journées du patrimoine et Hayeneux

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