lundi 31 juillet 2017

Balade santé: le patrimoine de Herstal le long de nos Ravels et sentiers Partie I


Médecine Pour le Peuple Herstal participe aux Journées du Patrimoine 2017, sur le thème "Patrimoines et RAVeL". Ca tombe le deuxième dimanche du mois, jour de notre balade santé mensuelle habituelle. Notre 32ième balade santé de dimanche 10 septembre part donc à 10h au pied de la nouvelle gare, place des Demoiselles (comme d’hab, il y a un rendez-vous à 9h30 devant MPLP). Le samedi 9 septembre le départ est à 14h à la gare.

Les charmes de nos Ravels

Herstal compte 4 Ravels, mais il n’est malheureusement pas possible de les arpenter tous les quatre lors d’une balade de deux heures. Vous ne verrez donc pas le Ravel Liers – Ans (la ligne 31).
Nous proposons une balade sur le Ravel Rail, le GR des terrils, le Ravel de liaison Liers-Meuse, le sentier 86 repris dans le vénérable Atlas des sentiers vicinaux de 1841, le Ravel 76 et le Ravel Meuse. Et, cerise sur le gâteau, la nouvelle voirie entre le quai de l’Abattoir et le parking en dessous du nouveau centre administratif et entre la rue Faurieux et la rue Lamoureux.
La balade fait 8 km biens faits, avec un dénivelé de +- 50 mètres (il faut quand même monter sur ‘les Monts’). Je me réserve la possibilité de prendre quelques raccourcis par rapport à ce que vous lisez ici, question de rester dans la fourchette de deux heures.
J’espère vous faire découvrir les charmes de nos Ravels, et en même temps vous confronter à certaines lacunes, surtout point de vue maillage. Notre Ravel Rail n’est pas relié au Ravel Canal, le Ravel de la ligne 76 s’arrête Avenue de l’Europe et le sentier 86 que nous empruntons pour relier le Ravel de liaison et le 76 n’est pas vraiment une bretelle de rocade. Un système points nœuds comme on a développé au paradis des voies lentes, au Limbourg, est basé sur un maillage de ces points.
On passera devant des édifices repris dans l’Inventaire du patrimoine culturel immobilier (IPIC), mais on sera aussi attentif aux éléments du patrimoine menacés, comme ces tombes du charbonnage
la 'tombe' du charbonnage Belle-Vue
Belle-Vue ou la maisonnette qui abritait le treuil de la mise à terril dans la Ruelle des Renards.
Et puis, il y a des bâtiments comme la Chapelle de la Vierge des pauvres en préfab dont on ne soupçonne pas l’importance architecturale. Cette chapelle était du provisoire. L’église n’a jamais été construite. Mais ce préfab a été construite sur un système développé par un architecte prestigieux, Louis Herman De  Koninck,  dans le cadre d’un concours d'habitations à bon marché en marge de l'exposition internationale de 1930.
Sur le Ravel Meuse le pont de Wandre de Greisch a été classé patrimoine historique majeur à peine six ans après sa construction.
Comme vous voyez, du patrimoine il y aura.  

Place des Demoiselles et une ‘gare’ qui n’en est pas une…


La dénomination Place des Demoiselles réfère à l’histoire motocycliste de Herstal, avec Saroléa, Gillet, Bovy ou Brondoit. La nouvelle gare a reçu le Grand Prix d’Architecture de Wallonie dans la catégorie non-résidentiel. Selon architectura.be, « la conception du bâtiment a été guidée par le concept d'une structure génératrice de formes : l’implantation en U posée sur une double fondation vise à retenir les terres du talus et permet d’ouvrir généreusement la quatrième façade vers la place où un portique abrite les larges baies tout comme les visiteurs. La tour, qui fait office de signal, abrite les circulations verticales. » C’est bien dit, même si, pour Infrabel, ce n’est pas une gare; c’est un PANG- Point d’Arrêt Non Gardé. Cette gare (en fait un abri pour un distributeur de billets) se retrouve au premier emplacement de la ligne ouverte en 1865 par la Compagnie du chemin de fer Liégeois-Limbourgeois.
Gare Herstal. Photo G. Warnier
L’ancienne gare, de l’autre côté du chemin de fer, est donc la deuxième gare, selon l’IPIC « un bâtiment destyle éclectique reconstruit au début du 20e siècle et achevé en 1914. Construction d'allure monumentale ». La gare aujourd’hui désaffectée a été ouverte en 1914. Des mauvaises langues disent que les premiers à débarquer étaient des casques à pointe allemands, et qu’ils avaient même en bon allemand payé leur ticket avant d’embarquer….  L'ancien bâtiment de la gare doit devenir un espace polyvalent. Si tout va bien…
Cette ligne desservait la FN et les Acec, la sucrerie de Liers, ainsi que les Charbonnages d'Abhooz et Bonne-Foi, la Bonne Espérance, la Batterie, Bonne-Fin et Violette et les Charbonnages de la Grande Bacnure.

Un nouveau piétonnier le long des voies

Nous suivons le nouveau piétonnier qui longe les voies. On a une belle vue sur l’arrière des bâtiments industriels deSaroléa. En 1892 on y commence le montage des bicyclettes, puis en 1901 des vélos où l'on a monté un moteur à pétrole quatre temps de 247 cm3. Pour l'Exposition universelle de Liège en 1905, Saroléa sort deux modèles avec un moteur révolutionnaire bi-cylindres en V.
 Le bâtiment de 15 000 m² sur trois étages date de 1928. Cette usine était capable de produire 75 motos par jour. L’usine ferme en 1963. De 1901 à 1963, Saroléa a construit 100.000 motos.
A hauteur de la Marée, à 4 mètres du sentier, deux puits de mine du charbonnage de Belle-Vue, marqués par une borne. Ces ‘tombes’ sont derrière le treillis et envahies par la végétation. Alors qu’il suffisait d’un peu de bonne volonté pour les intégrer dans le sentier…
Nous prenons le tunnel cyclo-pédestre  construit par Infrabel pour remplacer plusieurs passages à niveau non sécurisés.
Infrabel nous a aussi asphalté (et sécurisé) un Ravel Rail que nous traversons. La Ville de Liège a rentré en juillet 2017 un dossier auprès de la Région wallonne afin d’obtenir un subside en vue de réaliser une liaison cyclo-pédestre entre la future passerelle Vivegnis et la gare de Herstal. On a emprunté ce premier tronçon le long du Ravel Rail lors d’unede nos balades santé.

Un tronçon du Sentier des Terrils

Nous empruntons la Ruelle des Renards, un tronçon du Sentier des Terrils : 300 km, de Bernissart à Blegny-Mine. En bas de la ruelle, la maisonnette marquée au fronton ‘1923’ est en train de s’écrouler. Elle abritait le machiniste et le treuil de la mise à terril du charbonnage de Belle Vue.  Nous suivons la rue de la Crête bordée de cerisiers du Japon, avec de part et d'autre les ruines d'une cité de pavillons.  Cette cité fut construite par le charbonnage en 1947 pour y loger ses travailleurs étrangers.  Les 20 pavillons de la rue de la Crête étaient réservés aux familles. Tandis que les pavillons de la rue des Petites Roches étaient aménagés en phalanstère pour les "célibataires", en fait, des gens mariés mais venus en Belgique sans leurs familles.
Un peu plus loin le château de Bernalmont. La travée centrale est couronnée par un fronton triangulaire aux armoiries de Bernalmont, une famille déjà citée au 13e siècle. Les Bernalmont deviendront grands maîtres de houillères. La Grande Bacnure devient propriétaire du château en 1919.
Les bâtiments s'élèvent dans un vaste parc planté d'essences variées. L'aile principale est de la fin du 18e siècle. La Ferme du château complétait autrefois le château, il ne reste que la grange, devenu club-house du golf (2e moitié du 18e siècle).
En 2012 Estate Merchant Investments rénove la ruine (incendie) pour un hôtel de luxe, situé à l'intérieur du parcours de golf, dans un parc arboré. Mais l'affaire n'a pas pu prouver sa rentabilité. Les week-ends, grâce au golf, l'hôtel arrivait à faire le plein de clientèle. En semaine par contre, ses couloirs et ses lits restaient quasiment vides. La faillite a été prononcée en automne 2014. Une faillite un peu étrange, puisque les murs sont restés la propriété des actionnaires Estate Merchant, et seulement les éléments mobiliers ont servis à rembourser les créanciers. Quelques appartements sont proposés à la vente, mais on continue à louer des chambres : 280€ pour 2 nuits chez booking.com (380 prix normal)
En 2016 Merchant a fait et obtenu une demande d’urbanisme pour la rénovation complète du Châteauet le Golf Village I (un lotissement de 10 terrains à bâtir et un bâtiment de 24 appartements, et le Golf Village II (un lotissement de 10 terrains à bâtir et un certain nombre de terrains aptes pour des appartements).
Nous longeons le domaine de Bernalmont par la rue des petites Roches, à droite. Voir http://hachhachhh.blogspot.be/2014/01/balade-au-bernalmont-sur-le-sentier-des.html

Le Ravel  de Liaison Meuse- Liers et le sentier 86

Dans la rue campagne de la Banse nous passons devant un glissement de terrain d’un terril en combustion.
Au croisement avec la rue Herstal nous sommes sur le Ravel  de Liaison Meuse- Liers que nous quittons rue de la Banse. Le paysage autour de la chapelle de Bouxhtay est pour les experts qui ont travaillé sur le Schéma de Structure Communal le plus beau paysage de Herstal. Les ruines de l’ancienne chapelle sont les seuls vestiges de l'ancien château du Bouxhtay, et présentent à ce titre un intérêt principalement archéologique (DUBOIS L., 1897. Notice archéologique et historique sur la chapelle et le château du Bouxthay, Bulletin de la Société d'Art et d'Histoire du Diocèse de Liège, 11, p. 1-43).
On y a exploité le charbon depuis 1250 !
Plus haut, à Vottem, le Ravel de liaison emprunte l’assiette du tram vicinal 467A LIEGE - HOUTAIN-ST-SIMEON.
Mais nous quittons le Ravel pour déboucher dans la rue Rogivaux que nous remontons un peu pour rejoindre via la rue Lucien Colson le sentier 86 qui s’appelle ici sentier de Vottem. Nous traversons la rue Verte pour retrouver notre 86 sous l’appellation de rue de la Baume.Sur notre droite une autre sorte de patrimoine: les forains délogés dans le bas de Herstal pour la construction d’un hall omnisport y ont trouvé un terrain.
Juste avant d’arriver rue sur les Thiers, sur notre gauche, une baraque Albert

La Chapelle de la Vierge des pauvres et Louis Herman De  Koninck

la chapelle Thirifay à Pontisse
Nous traversons la rue pour déboucher rue de l’Agriculture. La Chapelle de la Vierge des pauvres au dessus du sentier qui prolonge la rue de la Baume était au départ un lieu de culte provisoire. Le provisoire a duré. On a collecté pendant des années pour la construction d’une église définitive au cœur de la cité-jardin des Monts. Ce qui pose un problème septante ans plus tard :l’association des œuvres interparoissiales St Barthélémy peut-elle vendre l’espace dénommé ‘jardin du curé’ , Place de Brouckère , prévu pour accueillir cette église, sans référer à la communauté qui a cotisé pour l’acheter? L’Association Des Oeuvres Interparoissiales De L'ancien Doyenné DeSaint-Barthélemy a été créée en  1922.
Cette chapelle a été construite sur le même modèle préfab qu’un tas de maisons sociaux construits dans le cadre des programmes CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier). Ces programmes visaient à remédier au scandale du logement des ouvriers immigrés qu’on faisait venir ici pour travailler dans les charbonnages. Les premières maisons en brique brun-ocre datent de 1928 ; mais les briques jaunes sont CECA. Le système préfab Thirifay de la chapelle a été développé en 1930, dans le cadre d’un concours d'habitations à bon marché lancé par la branche belge des Congrès Internationaux d’Architecture Moderne (CIAM), en marge de l'exposition internationale de 1930, pour le centenaire de la Belgique. Un de ces architectes prestigieux de 1930, Louis Herman De  Koninck, est à la base de ce système Thirifay qu’on a repris tel quel 25 ans plus tard pour les programmes CECA.

Classer les haies de ligustrum dans le cadre des arbres haies remarquables ?

Dans la cité les sentiers sont bordés par des haies de ligustrum. Ces haies auront cent ans en 2028 ! Ne saurait-on les classer, dans le cadre des arbres et haies remarquables ? Deux fonctionnaires de la Région Wallonne ont arpenté pendant dix ans, sur base de demandes émanant aussi bien des communes que de privés, prairies, forêts, parcs et jardins à la recherche des arbres remarquables. Ce recensement, réalisé pour l’ensemble des 262 communes wallonnes, a permis de répertorier plus de 25.000 arbres et haies remarquables. Chacun d’eux dispose d’une fiche signalétique reprenant leur description, leur localisation, leur état sanitaire, leur dimension et l’intérêt qu’il présente (paysager, taille exceptionnelle, dendrologique, curiosité biologique, historique, folklorique/religieux, repère géographique). Ce travail représente un véritable outil pour la défense de notre patrimoine. En effet, ces haies, alignements ou arbres isolés remarquables sont protégés : toute modification de leur silhouette ou toute velléité d’abattage sont subordonnées à une autorisation délivrée par le Collège communal après consultation des services de la Division de la Nature et des Forêts.
Cela contribuerait à restaurer le caractère de cité-jardin un peu perdu mais bien présent (regardez le quartier avec Google Earth !).

Une réflexion sur l’Avenue de Brouckère : ‘une centralité de la place non connectée’.

Fête des voisins 2017 Av. Brouckère
La société Régionale du Logement de Herstal (SRL) réfléchit à une rénovation de l’Avenue de Brouckère et des logements qui la bordent. Du sérieux : ils ont engagé les consultants d’Espace Environnement, qui ont à leur tour engagé des architectes du bureau FHW. Si les bâtiments qui datent des années 50 sont améliorables (il n’y a par exemple pas de chauffage central), la moitié des appartements ont quatre chambres. La SRL n’a pas beaucoup de logements à offrir avec quatre chambres. Avant de faire quoi que ce soit autour de ces bâtiments, il faudra prévoir 24 logements à quatre chambres, en compensation!
Sur la place même la plupart des volets des rez-de-chaussée sont fermés à longueur de journée : les services qui les occupent ne sont ouverts que quelques heures par semaine. Cette problématique des rez-de-chaussées n’est pas l’apanage de la cité, mais je trouve que c’est un peu dommage de ‘déclasser’ pour ça ces appartements. Il y a d’autres solutions. Et la solution adoptée –mise à disposition de certaines assos - n’est pas optimale : il vaut mieux concentrer tout ça dans un centre communautaire dynamique, ouvert tout le temps, avec ces différentes initiatives à tour de rôle.
M. Rochet d’Espace Environnement constate ‘une centralité de la place non connectée’. On ne comprend plus ce que c’est : une place du village, une avenue ? Au départ il y avait tous les commerces sur la place.

Le sentier 86 disparu

Rue du Paradis le sentier 86 a disparu dans le lotissement. Ou plutôt les lotissements : pour faciliter la vie aux promoteurs on a découpé en quatre lots, évitant ainsi une étude d’incidence mobilité et égouttage. Mine de rien : ces lotissements doublent le nombre d’habitants des Monts. Nous traversons quand même en passant en dessous du pylône haute tension du nouveau lotissement rue du Coq Mosan, pour déboucher rue de Milmort.
Après l’épingle à cheveux nous arpenterons la rue de l’Hospice. Dans la rue Henri de Résimont nous rencontrons encore quelques baraques Albert, partie intégrante de notre patrimoine immobilier.
Nous remontons un peu la rue Pierluse pour prendre le sentier dans le prolongement de la rue Bacou.
Le Ravel de la ligne 76 descend en pente douce entre les rues Trixhe Maille et du Doyard. En 1959 les trams ont été remplacés par des bus qui ont gardé le numéro du vicinal (le 76 du TEC Liège Léopold - Herstal – Kanne). Dans l’autre sens, le 76 s’arrête au rond point des Hauts Sarts. Mais notre ami Michel MURZEAU nous a préparé un itinéraire cyclo-pédestre sur la l’A 601, de Pontisse à Tilice. Une fietsostrade  extra large de 10 m.
Le Ravel s’arrête avenue de l’Europe. Le terminus du 76 aussi était au départ rue Malvoye. Sur notre gauche la cité-jardin de l’Europe, construit dans les années 50 face à la crise du logement.

Le Cortil Madame

Via la rue André Deprez et la rue des Monteux nous longeons le Prémadame ou Cortil Madame.
En 1991 M. Santo de la société New Market achète les ateliers duPré‐Madame à la FN Herstal pour le prix d’une friche industrielle. Pendant dix ans il loue le rez à une floppée de PME.  Ca lui rapporte un demi million d’€ par an. Mais le déménagement en 2011 de son locataire principal New Lachaussée change la donne. M. Santo se trouve devant un dilemme: la démolition des constructions (4.6 ha) coûterait plus que la valeur des terrains, du fait de la robustesse des constructions. 650 piles de béton de 6m³ de fondation. On dit que les bâtiments auraient été conçus pour résister aux bombardements. Un peu improbable, mais c’est du solide. Aux rez‐de‐chaussée, des colonnes tous les 7m dans les deux sens. Aux étages, des colonnes tous les 21m dans un sens et 15m dans l’autre. La toiture en shed est soutenue par des poutres Vierendeel d’une portée de 21 m. De plus, des poutres sont placées perpendiculairement tous les 3,5m pour renforcer la structure.
La New Market S.A. propose alors d’accueillir des commerces et des services aux rez ‐de‐chaussée, et de réserver les étages au logements. Une idée géniale. Au lieu d’une valeur négative M. Santo ‘crée’ 4.6 ha de terrains à construire et la même superficie au rez pour des services. Il y a un hic : comment vendre –sur plan - 350 à 400 logements aux étages ? C’est quand même hautement spéculatif ! Quid si on n’arrive pas à remplir ces deux dalles?
Et là,  la Société Régionale du Logement de Herstal (SRLH) vient en aide. New Market signe une convention en 2007 avec la SRL, qui prend en charge le risque d’occupation en contrepartie d’un droit d’emphytéose pour 30 ans. Courant 2010, suite à des coûts de production plus élevés qu’estimés  au départ, le respect du  prix plafond pour la location à la société de logement s’avère trop élevé. New Market réoriente la gestion du projet par de la vente des logements à la SRLH plutôt  que de la location.
Dans la première phase, 150 logements seront construits. Soixante d’entre  eux seront vendus à la SRLH.  Autrement dit : la SRL prend sur lui la moitié du risque de la première phase, la plus délicate!

La vente des premiers logements

Voici comment century21 essaye de vendre : Le futur vous appartient ! Le Pré-Madame ! Soyez les premiers à acquérir votre maison neuve dans un Eco-Village au coeur d'Herstal sur un site chargé d'histoire ! 350 maisons 1, 2 et 3 chambres, disposant toutes d'une terrasse, sur un terrain de 4,8 hectares, 900 emplacements de parking (supplément de 12.500 €), un hôtel avec cafétéria, une crèche, 3.400 m² de bureaux, 1.500 m² de commerces, un espace culturel, etc. Le tout au coeur d'une architecture moderne (7 entrées majestueuses), mettant en valeur l'histoire du site et où la végétation et les espaces verts sont aussi remis à l'honneur. www.pre-madame.eu - www.century21bureaublavier.be www.century21bureaublavier.be
Mi juillet 2017 Sacha Hasson, directeur adjoint du projet annonce la vente des premiers logements : « nous avons déjà prévendus 20 des 25 logements. Quatre le seront par la Société Régionale du Logement de Herstal, qui au total achètera 50 de nos logements. Un autre va être acheté par l'Agence Immobilière Sociale de la Basse-Meuse et quinze autres devraient l'être par un investisseur privé ». Resterait donc cinq logements à acheter dont les prix varieraient de 119.000 euros pour un une chambre à 259.000 euros pour un quatre chambres, cave et terrasse privative comprises.
« La première phase doit s'achever mi-2018,  et comprend, à côté des 25 premiers logements, une maison de repos et résidence-service. Un bail a déjà été signé avec une personne qui gère deux maisons de repos, une à Herstal et une à Xhendelesse. Il va déménager ces deux maisons de repos au Pré Madame. Suivant les résultats, la seconde phase comprendra au minimum 63 logements et peut-être en plus des commerces. La seconde phase pourrait aussi comprendre l'aménagement du hall d'exposition. La Ville de Herstal est intéressée par ce hall qui pourrait accueillir la Cité de la mécanique qu'elle voudrait créer» (Aurélie Drion La Meuse 19 juil. 2017).
Il me semble qu’il s’avance un peu, notre M. Hasson. La Ville intéressée, sans qu’il y a eu un débat public sur le sujet ?
Indépendamment du haut degré spéculatif du projet, restent une série d’autres questions sans réponses. Comment éviter la formation d’une «gated community», la formation d’une cité perchée déconnectée de la ville. Comment vont se gérer les espaces collectifs semi‐publics de l’étage, et à quel prix? L’augmentation des  mobilités automobiles dues à  ce projet  seront probablement difficilement absorbées par le réseau existant déjà à saturation. Et, last but not least, quel danger représente la cartoucherie de la FN classée Seveso?

Olivier DWEK voit une Cité Radieuse !

Le bureau d'architecture Olivier DWEK est spécialisé dans la réhabilitation et la rénovation d'anciens ateliers et de manufactures. Il propose d’évider 56% de la toiture tout en conservant de la structure pour maintenir le caractère industriel de l’architecture. Des «promenoirs» en plein ciel d’une largeur  de 10m, des chemins et placettes dont certains sont couverts. Sur 32.000m² pour les deux dalles, 17.500 seront consacrés aux circulations piétonnes. Il se compare à Le Corbusier « dont le credo était de faire vivre les gens en hauteur. Voyez les logements sociaux de la Cité radieuse qu’il a construits à Marseille au début des années 50. C’est un projet incroyable. Quand on est sur le toit, on a une vue imprenable sur la rade de Marseille. Ce sont des logements sociaux mais avec une vue de milliardaires ! » Autour du village, l’architecte a prévu des parcs au milieu desquels trônera l’hôtel.

Une valeur architecturale  incontestable

New Market invoque la valeur architecturale – incontestable – du bâtiment. L'architecte bruxellois M. Houyoux fut de 1927 à 1931 l'architecte de la F. N. On lui demande un plan pour les départements «Sports» de la F. N.  Il recherche à séparer «le flot continu de la fabrication» de la circulation des matières premières vers les magasins; d’où l’idée de magasins au rez-de-chaussée, les ateliers se trouvant au-dessus. Dans chaque bâtiment quatre groupes de circulations verticales sont établis le long des voies de chemin de fer et rues passant sous les ateliers. Chaque groupe comporte:  1° un monte-charge de 5 X 2,50 m., un monte-charge plus petit, un ascenseur ; 2° Un large escalier avec palier intermédiaire. Ces deux systèmes de circulation débouchent à l'étage dans l'allée centrale des bâtiments ; 3° Les bureaux de contremaîtres dans la dite allée. Un fort pont roulant de 15 m. de portée alimente l'atelier des presses situé au rez-de-chaussée en matières premières, qu'il peut décharger directement des wagons, et porte, d'autre part, à l'étage les produits fabriqués. Ces circulations sont complétées par les monorails suspendus, transporteurs à rouleaux, etc.
Au rez-de-chaussée sont, en outre, établis la sous-station électrique, les transfos, les centrales à huiles et couleurs, des chaudières et réchauffeurs particuliers, etc. L’éclairage doit être maximum, mais sans soleil. Le type Shed ou Raickem adopté par les constructeurs n'agréait pas entièrement à l'architecte. Il améliore l’éclairage  en augmentant l'angle habituel tant en éclairement direct, qu'indirect, la face intérieure du versant plein peinte au lait de chaux devenant du fait de cette augmentation un amplificateur et réflecteur idéal.
Les rez-de-chaussée de 180 * 95 m. et de 150 * 75 m. sont divisés par des piliers suivant un module de 7,50 * 7m., ces piliers supportant le plancher calculé pour une résistance de 1.500 kg. au m2. Dans le but de ne pas encombrer les ateliers par de trop nombreux points d'appui, il adopte des portées de 15 X 21 m. malgré des charges importantes imposées aux poutres par la présence de transmissions, transporteurs, etc. Ces portées ont été réalisées dans le sens des 15 m. par des poutres de fermettes espacées de 3,50 m. supportant la toiture en sheds ; dans le sens de 21 m. ces poutres sont supportées par les membrures inférieures des grands arcs (bow-strings)

Bientôt la Partie II : une Maison Dieu, un temple Antoiniste et un vieux château ; Le frère François Tinlot, architecte des temples antoinistes ; Le manoir Hanxeller, seul vestige de la Renaissance italianisante à Herstal ; le Ravel Meuse et le pont de Wandre, patrimoine historique majeur

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