mardi 21 mars 2017

29ième balade santé MPLP à Hermée, le long du sentier Guerin et des vergers en fleurs.



Je programme chaque année une balade-santé dans le paysage splendide de nos vergers. L’année passé, c’était à Tilice. Cette année ça sera Hermée. En 2015 nous avons pris le Chemin de Launis et les vignobles de la coopérative ‘Vin de Liège’. 
Oupeye ne s’appelle pas pour rien la Commune wallonne de la fruiticulture ! Rendez-vous à 9h30 à la maison médicale avenue Ferrer 26 à Herstal, ou à 10h au cimetière de Hermée, rue de la Haie Martin. Attention : ne pas prendre la Haie-Martin dans le sens Milmort- Hermée : les chemins de remembrement sont réservés au charroi agricole et mobilité douce! Certains en profitent comme itinéraire ‘alternatif’ (pour éviter les chicanes sur la rue de Hermée ?). Il y a aussi un problème avec le panneau «excepté usage agricole» ou «excepté charroi agricole». Cette mention ne prévoit pas le passage des véhicules ordinaires des agriculteurs… Les chemins de remembrement datent du plan Mansholt, qui visait à augmenter les rendements des terres en les regroupant.
Quant à mon point d’honneur de faire au moins 100 mètres sur le territoire de Herstal, je fais une petite entorse : les premiers 500 mètres de la rue de la Haie Martin sont territoire Herstalien! Et pour les participants qui ont pris l’habitude d’aller manger un bout après la balade, ou boire simplement un pot, notre point de chute pourrait être le café de la gare à Milmort.
Pour la floraison, vous pouvez suivre le baromètre de la floraison à partir du 1 avril. Mais nous sommes avec notre deuxième dimanche du mois toujours un peu tôt…

Au cimetière de Hermée, un Lancaster

Notre balade démarre au cimetière de Hermée, avec son petit monument en honneur du Lancaster
descendu en novembre 1943, lors de la bataille pour Berlin. Cette campagne de bombardements a couté à la  RAF 1.047 bombardiers descendus, 1.682 fortement endommagés, et 7.000 pilotes perdus.  
La chapelle ‘Marie Porte du ciel’ a été inaugurée  en 1988 à la mémoire des aviateurs canadiens, en espérant que Marie Porte-du-Ciel ouvre leur ouvre les portes du ciel… L'arbre pingouin, juste à côté, est repris dans les arbres remarquables. Je suppose que c’est sa forme qui lui a donné ce nom…

Le sentier Guerin, et le vénérable Atlas des sentiers vicinaux de 1841

L’épine dorsale de notre balade est le sentier Guerin, un contrebandier tué à Maastricht d'une balle dans le dos au début du 19° siècle. Je n’ai pas trouvé d’autres explications. Et cette date 1467 sur le panneau à l’autre bout du sentier ajoute encore au mystère. 1467, c’est l’époque de Charles le Téméraire et le sac de Liège.
N’empêche que ce sentier qui relie en presque ligne droite Hermée à Heure-le-Romain est intéressant. Entre autres parce qu’il est toujours là : il a failli disparaître avec l’implantation de. Sanirop. Il disparait de l’autre côté de la Rue de Fexhe Slins, dans la petite cité du Clos de la Barquette. On le retrouve au bout de la Rue des Nefliers. De l’autre côté de la Rue de la Haxhe il traverse un jardin privé.
Cet Atlas des sentiers vicinaux établi en 1841 est un beau document rehaussé à l’aquarelle qui fait l‘inventaire des sentiers existants à l’époque, privés et publics. Attention : la Belgique de 1841 était ultralibérale et la propriété privée était sacré. Ces voiries vicinales sortaient du domaine public si elles ne servaient pas à un usage public pendant trente ans. Il fallait que les usagers prouvaient eux-mêmes l’usage pour que le chemin restât soumis à la servitude. En 1994, la Cour de Cassation renverse la charge de la preuve. En 2011 le Parlement wallon fait de l’imprescriptibilité de tout domaine public un principe général et propose la mise en place de comités locaux pour actualiser ces atlas. Depuis, plus rien. Sans cet Atlas, et un minimum d’investissement de la part d’Oupeye, ce sentier que nous allons arpenter aurait disparu depuis bien longtemps ! J’espère, à partir de cet exemple positif d’un sentier sauvegardé, contribuer au lancement dun mouvement d’actualisation de cet atlas. On pourrait commencer à mettre cet Atlas sur internet. Notre médecin du Peuple Johan Vandepaer a posé une question à ce sujet au Conseil Communal.

Le moulin Loly

Rue grand Aaz, au bout de notre sentier Guérin, le moulin Loly. La petite rivière du Grand Aaz alimentait sept moulins. Sa roue à augets a disparu, mais le canal d’amenée est toujours là.
Le bassin hydrographique de Grand Aaz s'étend sur une superficie de 15 Km². On pourrait calculer le potentiel hydraulique théorique en multipliant par pluviométrie (50 mm/mois) et altitude (60 mètres), et voir comment restaurer ce réseau pour produire du courant. Intéressant, dans la mesure où l’on pourrait produire quand les éoliennes ou panneaux photovoltaïques ne donnent pas…
Le Grand Aaz passe, comme le Geer, sous le canal Albert pour se jeter dans la Meuse, à côté de la clinique Notre Dame, après un parcours de 8 kilomètres et un dénivelé de 60 mètres.
Via la rue de la Haxhe nous suivrons une autre branche de l’Aaz, la Broux. Broux=broek, comme Broekselles, pour retrouver notre point de départ.

Vis solés, migrants, arpenteurs de routes sans feu ni lieu, trimardeur, galvaudeux errants va-nu-pieds, dos mouillés, chemineaux, colporteurs, …

photo Edouard Van Loo
En honneur de notre Atlas des chemins vicinaux, voici un petit extrait de ‘Marche ou crève’ (LLB 13 janvier 2017) :
« Trait d’union, les chemins rapprochaient, rassemblaient, réunissaient. Aujourd’hui sauvés, défrichés pour le goût des randonneurs, sentiers et chemins rebaptisés désormais “promenade”, fléchés “parcours de santé”, de découverte, sont beaux comme une collection de coquillages. Mais perdre les signes de leur histoire serait faute. “Migrants”, ainsi désigne-t-on, péjorativement, les arpenteurs de routes sans feu ni lieu. Comme on disait “trimardeur”, “galvaudeux” pour qualifier les errants va-nu-pieds, “dos mouillés”, chemineaux, colporteurs, nomades bénis ou honnis par les sédentaires selon l’époque. La formidable mosaïque des pistes que les randonneurs arpentent sont le fruit de l’effort des hommes qui depuis toujours, bien avant le balisage des GR, allaient pour travailler au loin, survivre, colporter, louer leurs bras, se prêter à des négoces plus ou moins légaux, fuir, migrer vers de lointains ailleurs. Les chemins, alors, étaient utilitaires. A pied, la marche signifiait vagabondage, pauvreté, elle provoquait crainte, hantise sociale. Contrebandiers, porte-balles, bergers transhumants, moissonneurs, manouvriers, marcheurs perpétuels, ceux-là s’échinaient dans des chemins façonnés par les anciens. Il n’était alors aucun chemin qui n’aboutissait nulle part. Ces fragiles esquisses piétinées ignoraient les frontières qui isolent, séparent ».


Autres balades dans le coin :
http://hachhachhh.blogspot.be/2016/04/23ieme-balade-sante-mplp-herstal-dans.html

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