mardi 16 février 2016

Balade santé boucle GR Thier à Liège



Depuis deux ans maintenant, notre maison médicale MPLP organise chaque deuxième dimanche du mois une balade santé. Celle du 13 mars 2016 part à 9h30 avenue Ferrer 26 Herstal d’où nous partons en covoiturage au Thier à Liège. Départ à 10h à l’angle Boulevard Solvay et la rue de Herstal pour ceux et celles qui ont plus facile d’aller directement là-bas.
Avec notre 19 ième balade santé nous avons fait la moitié du boucle Thier à Liège du GR des terrils.  Pour la 21ième nous ferons l’autre moitié. Je triche un peu avec ma promesse de faire au moins 100 mètres sur Herstal ; en fait, nous commençons par la rue de Herstal. Et la Boucle Thier à Liège part de Herstal, rue de la Crête, mais je rogne le premier kilomètre pour nous éviter la descente et remontée de la rue Jolivet..
Le sentier de Grande Randonnée (GR) des terrils (139,3 km) est complété par des boucles le Tour du Thier-à-Liège (8,5 km). Comme ce tour est trop long pour une seule balade santé, et est très sportif (il part du Bernalmont (voilà mes 100 mètres sur Herstal) pour descendre dans la rue Jolivet, remonter au Tribouillet, redescendre dans le fonds des Tawes et remonter sur la Citadelle) je l’ai coupé en deux. Cette balade-ci part du Thier à Liège et descend dans le fond des Tawes. Si tout va bien on montera sur le terril de la Batterie.
Pour ceux qui veulent prolonger le plaisir par une petite bière ou un petit repas entre amis il y a l’embarras du choix.

La Dame blanche, réseau de résistance de Waltère Dewé.

Nous partons donc de la rue de Herstal. Nous croisons le Thier à Liège. Difficile de s’imaginer que cette rue super calme était jusqu’à la création du Boulevard Solvay – je suppose au début du XXième siècle - le seul accès au quartier.
Via la rue des Pinsons nous débouchons dans la rue Fond des Tawes. Avant une rangée de maisons sociales la boucle GR monte sur la gauche vers la citadelle, mais nous restons sur les coteaux du Thier à Liège. Nous remontons le fond des Tawes pour prendre à droite la rue coupée, avec le Monument Dewé 
La grande statue qui domine la rue Fond des Tawes n’est pas la Vierge Marie mais la Dame blanche, le nom du réseau de résistance de Walthère Dewé, chef du réseau durant la Première Guerre et abattu par les Allemands durant la Seconde. Dewé a probablement choisi ce nom sur base d’un roman de Paul Morand : ‘La Dame blanche des Habsbourg’, qui se base lui sur l’ancien mythe de la dame blanche annonciatrice d’une mort prochaine. En 1889, un domestique aurait vu une dame blanche roder dans le parc de Mayerling la nuit du célèbre drame. https://fr.wikipedia.org/wiki/Drame_de_Mayerling  L'archiduc héritier d'Autriche Rodolphe, fils de l'empereur d'Autriche et de l'impératrice Élisabeth, dite « Sissi », est retrouvé mort en compagnie de sa maîtresse, la baronne Marie Vetsera, dans son pavillon de chasse de Mayerling. Et apparemment, cette histoire trotte dans la tête de l'impératrice Sissi puisqu’elle prétendit, le 30 août 1898, soit 11 jours avant son assassinat à Genève, avoir vu distinctement la dame blanche la nuit. Mais on peut remonter plus loin encore: Une dame blanche serait aussi apparue à l’empereur Charles Quint en 1558, la veille de sa mort. Au début du xvie siècle de nombreuses grandes familles aristocratiques européennes avaient leur dame blanche attitrée. On trouve des dames blanches attachées aux Habsbourg, aux Hohenzollern, aux Brandebourg, aux Bade…
La monumentale statue en béton est due au sculpteur Jules Brouns, disciple et héritier de Joseph Rulot. en novembre 1914 Rulot avait réalise le modèle d’un monument pour commémorer la bataille de Rhées. Il a fallu attendre le départ des allemands pour le résliser, et c’est son élève Jules Brouns qui l’exécutera en 1921. Rulot est mort en 1919 à Herstal et a légué tous ses biens à Brouns, qui les a légués à sont tour en  1971 au Musée de Herstal.
La chapelle Saint Maurice est de l’architecte Roger Jacquemart

Les jardins communautaires, vestiges d’une tradition maraîchère

Le Thier à Liège a une histoire maraîchère. Il en reste des vestiges dans quelques jardins communautaires.
Le chainon manquant par exemple est un un potager collectif. Certains font le lien avec les Community Garden créés dans les années 70 par la « Guérilla verte » à Manhattan. En Belgique, l’asbl Le Début des Haricots, active à Bruxelles depuis 2005, définit le jardin collectif comme « une parcelle de terrain partagée et gérée collectivement (mais qui peut être partiellement divisée en parcelles individuelles), consacrée entre autres à la production écologique de légumes et de fruits. »
Ces jardins collectifs, généralement implantés sur des friches urbaines, sont de réels outils de cohésion sociale. Liège compte ainsi quelques potagers d’insertion (nous sommes passés à la Ferme de la Vache lors de notre balade santé de janvier) dont l’objectif est de fournir à des personnes en situation d’exclusion un espace de revalorisation.
 Le site des « Tawes » a été mis à disposition par la famille Dewez pour y développer un projet de potagers collectifs regroupant une vingtaine de jardiniers. On y retrouve plusieurs serres et des parcelles individuelles ou communes qui ne sont pas clôturées.
Liège compte encore de nombreux « jardins familiaux », sur des terrains appartenant à la commune ou aux sociétés de logements sociaux. Ils sont mis en location sous baux précaires (renouvelables tous les ans, résiliable moyennant un préavis de 3 mois). Une situation qui rend l’avenir de ces potagers incertains, en proie à la pression immobilière. En 2009 des parcelles ont ainsi été expropriées et revendues au Thier-à-Liège, le long du boulevard Hector Denis, en vue d’y construire une série d’habitations « quatre-façades ».

La paire du charbonnage de la Batterie

Sur la paire du charbonnage Batterie un alignement de quatre anciens puits. De là un souterrain débouchait sur le site du Bâneux, à Saint Léonard où se trouve encore l’ancien bâtiment administratif de la société de Bonne Espérance, Batterie, Bonne-fin et Violette. La concession de la Batterie a été accordée le 3 février 1837. Celle-ci fut reprise en 1837 par la « Société anonyme des Hauts-Fourneaux et Charbonnages de Sclessin ». Du temps que je travaillais à Ferblatil j’ai encore exploré des galeries de ces hauts-fournaux en dessous du skin pass. Lors de la constitution  de la Société anonyme des Charbonnages de Bonne-Espérance et Batterie le 9 novembre 1859 il y a des apports en capital complémentaire de la Société générale de Belgique et de la Banque Rothschild de Paris.
En 1965, au charbonnage de Batterie, des mineurs sont licenciés tandis que les autres manifestent leur mécontentement en partant en grève. Un peu plus de trois mois plus tard, le site de La Batterie fermait ses portes.
Sur Youtube les témoignages de 2012 de deux anciens mineurs, Francesco Basile et José Freire, et d'un habitant du quartier Saint-Léonard (Michel Defauwes) sur le charbonnage de Batterie. 
Voici une vidéo sur les mineurs de la Batterie http://www.sonuma.be/archive/charbonnages-gr%C3%A8ves-et-fermetures
François Demarteau a été mineur au charbonnage entre 1957 et 1965. Il organise régulièrement des balades autour du terril Batterie Nouveau, et une autre qui part de l’esplanade Saint-Léonard pour  aboutir au sommet du terril en passant par le site des Tawes.
Sur le site des Tawes (Club de foot), rue Haut des Tawes, est établi l’association Identité Amérique Indienne (IAI) (provisoirement : elle cherche un nouveau local!) Depuis 1989, ses activités sont axées sur l’appui aux peuples indigènes pour préserver la vision amérindienne dans le monde actuel, et dénoncer les exploitations et les ségrégations. En 2000, I.A.I. crée une oseraie en plantant 4000 saules. «De l’oseraie au panier », elle gère l’entretien des arbres, la récolte et la préparation du matériau, l’enseignement de la vannerie en ateliers permanents ou en stages.  En 2005, l’asbl crée le « Centre Nature des Tawes », grâce à l’accueil du projet sur les terrains de la famille Dewé.
On débouche sur le Boulevard et on prend à gauche le sentier matraifosse.

Le terril Batterie Nouveau (ou terril du Poyou Fossé)

Ce terril occupe une superficie de 14 ha. De son  sommet nous  découvrons, quand les feuilles ne sont plus sur les arbres, l’un des panoramas les plus impressionnants de Liège! Quelques points de repère : le pont haubané de Wandre, les terrils de Bernalmont et de Belle-Vue, les échancrures des vallées de la Meuse, de l’Ourthe et de la Vesdre, la Chartreuse, l’église St-Vincent, le pont haubané, le Mémorial interallié de Cointe, les hauteurs de Seraing. Plus près de nous, le long ruban de platanes du bd Hector Denis, le Bois Fabry (notre balade-santé de janvier 2016) et l’hôpital de la Citadelle.
Dans les années 70, il a fourni du remblai lors de la construction de l’hôpital de la Citadelle. Reboisé en 1984, aujourd’hui classé non exploitable, il est repris dans l’inventaire des paysages remarquables. C’est un milieu apprécié des rapaces, comme par exemple l’Épervier, le Faucon crécerelle ou la Buse variable. Les habitants des rues voisines observent régulièrement dans leur jardin les traces discrètes des visites nocturnes des blaireaux. Le bouleau est une espèce pionnière des pentes mobiles.

Des sentiers entretenus par les habitants du quartier des Tawes.

Le sentier Matraifosse, du nom d’une ancienne houillère, longe la face Sud du terril. Une roselière est alimentée par les eaux de percolation du terril. On y retrouve le crapaud calamite.
Par la rue de la Sèche nous rejoignons le centre du Thier à Liège. L’église paroissiale Saints-Victor-et-Léonard est une des multiples églises néo-gothiques construites pendant la période de majorité catholique absolue d’avant-guerre. Elle a été consacrée en 1905, d'après les plans d'Hubert Froment et de Clément Léonard.
En 2015 on a célébré les 125 ans de l'école fondamentale du Thier-à-Liège. Une aile est réservée à la Colline de l’Éveil, une école d'enseignement spécial qui accueille notamment des enfants autistes.

Biblio

"Topo-guide GR 412 Est du Sentier de grande randonnée. Sentiers des Terrils." Namurois - Hesbaye - Bassin Liégeois. Moignelée - Blegny Mine 139,3 km complété par quatre circuits et une liaison.
ALEXANDRE, Serge, Joseph Rulot et Jules Brouns. Deux sculpteurs à Herstal, dans Art&fact, 1993, p. 124-148.
Bulletin de la société royale Le Vieux-Liège, 2004, tome 14, no 308, Bornes commémoratives des puits de charbonnage- Batterie, p. 632-640,

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