jeudi 7 mai 2015

14ième balade santé MPLP : Milmort, le fort de Liers et Tilice

La 14ième balade santé de notre maison médicale MPLP de Herstal, le 14 juin, est à Milmort. Les balades-santé, c’est chaque deuxième dimanche du mois, départ à 10h à la maison médicale. Nous allons alors en covoiturage vers le point de départ, la gare de Milmort. Nous contournerons le fort de Liers et suivrons le chemin de terre qui longe la bretelle de l’autoroute et qui peut être un peu boueux. Nous déboucherons sur la ferme de Tilice pour revenir à la gare par les chemins de remembrement.

Mérmwète, chef lieu de canton ephémère avec ses Belles de Milmort et ses huitres d’Oléron

Milmort, c’est tentant de l’expliquer par une grande bataille qui a laissé mille morts. C’est ce que fait notre chroniqueur principautaire Jean des Preis(des prés à outremeuse) : « et celle fut apalée Milhemort, portant que en temps que ons le edifioit oit la 1 batalhe, où ilh oit milhe hommes morts entre les parties » (Li Mireur des Histors). Notre Jean des Preis avait une imagination débordante mais il cherche trop loin. Il faut chercher l’explication dans le wallon Mermwète: une mare morte, traduite par les moines de Saint Riquier en Matermortua. L’abbaye cède ces terres en 1007 à un chevalier nommé Hubert pour cent sous d’argent et un cens annuel de 25 sous. Avec ça nous savons ce que Mermwète vaut !
Ajouter une légende
Milmort a payé cher pour l’esprit de révolte des communiers liégeois (communiers, pas communards ; quoique… ) : le village a été incendié le 4 mai 1347, par Renaud III, sire d’Argenteau, lors des évènement qui ont suivi la bataille de Vottem qui est en quelque sorte notre bataille des Eperons d’or. 120 Milmortois laissèrent la vie dans l’incendie.
Vottem avait ses fraises - la St-Lambert, la Merveilleuse et surtout la Souvenir Charles Marchiroux. Milmort aussi avait ses « Belles de Milmort ». Mais aujourd’hui on y vient pour ses huitres: un Grand Festival de l'huitre de Milmort est organisé chaque année dans le plus petit village de Noël du monde : un  seul chalet ! Pour celui qui ne les aime pas nature je les conseille gratinées. 35000 huîtres y sont dégustées au profit des papilles gustatives, … et des associations de jeunesse et d'œuvres sociales du Village. Oufti ! Quéne afêre a Mérmwète !
Millemorte a aussi été chef lieu de canton ephémère! En 1795 le Directoire de la République française instaure les Municipalités des Cantons. Le 27°  canton regroupe 20 localités avec 12.752 habitants dont Herstal, Glons, Juprelle, Rocourt et Millemorte comme chef lieu ! Un lieu beaucoup plus central que ne l’est aujourd’hui Herstal pour ses communes fusionnées. Mais malgré cela la première réunion dans la ferme des Prémontrés ou d’Archis, le 19 janvier 1796, commence mal : il y a 15 absents sur 40 maires et 12 des 25 présents refusent de prêter le serment de fidélité à la République. Le 31 juillet 1796 le chef-lieu est transféré à Herstal. Mais cela provoque aussi une dissidence et on fixe finalement le chef lieu à Hermée. En 1789 Milmort comptait 478 habitants, dont 53 mendiants errants. 32 savaient lire et écrire (Spécial millénaire Matermortua 1007- Milmort 2007 Musée herstalien N°136 mars 2007).

Le café de la gare, ma Maison du Peuple 

Nous commençons (et terminons) notre balade au café de la gare à Milmort, un vrai café de village, avec un cuistot intéressant. Pour moi c’est aussi un peu ma Maison du Peuple : trois générations de restructurés d’Uniroyal s’y donnaient rendez-vous pour contester des plans de fermetures successives, et j’ai eu l’honneur de les conseiller dans leurs démarches juridiques, dont le dernier s’est terminé en 2014 seulement.
J’ai aussi contribué à la publication d’un dossier sur cette affaire par la Gresea.
Le passage à niveaux de la gare de Milmort sera bientôt supprimé, avec celui plus loin de la rue de Lambotte. Si Infrabel arrive à se mettre d’accord avec la SPI et la Ville, parce qu’il y a un problème suite à l’extension des Hauts Sarts en direction de Hermée. Les deux ronds points rue de Hermée, à l’autre bout du zoning, saturent aux heures de pointe.  Pour résoudre ce problème, le PCM Herstal avait proposé en 2009 un nouvel échangeur à … Milmort ! En 2013 la SPI reprend ce projet et place cet échangeur à hauteur de la rue Bêche, en coupant la rue de l’Escousset, la rue du Tilice et la Route de Hermée : excusez du peu.
Non seulement la ferme Lohest est coupé de ses champs : la SPI trace aussi une route à travers les champs, dans la prolongation du 2ième Avenue, pour que les camions puissent atteindre directement cet échangeur. Le fermier voit ça à juste titre comme la prochaine extension du zoning. Les auteurs de l’étude d’incidence se sont rendus compte de la forte opposition contre ce projet et ses incohérences, mais n’abandonnent pas et le postposent.
Le viaduc qui doit remplacer les deux passages à niveau à Milmort déboucherait donc  sur trois routes qui pourraient demain être fermées (l’Escousset, Tilice et la Route de Hermée). Infrabel a un véritable casse tête avec cette situation.
Par contre on peut espérer un élargissement du tunnel en dessous du chemin de fer rue Bêche (mesure essentielle pour éviter le passage de camions dans le centre de Milmort). Mais là aussi ce nouvel échangeur plombe ce projet… Sans compter qu’Infrabel, la SPI et la Ville ne sont pas encore d’accord sur la facture.

Une ferme historique menacée par la SPI

Ajouter une légende
Nous prenons la rue de l’Escousset, avec la ferme Lhoest. En fait, une ferme historique : la cense «Anthoienne Darchis dict Le Compte ». Compte de compteur ; pas comte. Autrement dit : comptable de la ‘cour d’Arcis appartenante à l’Abbaye de Beaurepart’. Dans cette abbaye des Prémontrés se trouve aujourd'hui le séminaire de Liège. En fait, cette ferme est la seconde cense de Beaurepart, la première étant la ferme D’Archis. L’abbaye n’a pas éprouvé le besoin de donner un nom à celle de l’Escousset. Deux pierres dans la façade de la cour intérieure donnent le millésimé 1624, date de construction probable. Les Darchis ont été métayers dans les deux fermes.  Métayer ne veut pas dire pauvre. Depuis 1600 nous retrouvons plusieurs Darchis comme notaires à la chancellerie pontificale ! Ce qui explique qu’en 1699 Lambert Darchis lègue une partie de sa fortune d’un demi-million d’écus à une ‘hospitium pauperum patriotarum’ à Rome, pour les jeunes liégeois pauvres se dessinant au service de la Curie Romaine. Ca deviendra la fondation Darchis qui existe aujourd’hui toujours à Rome. Au départ, tous les pensionnaires portaient la soutane, «ce qui ne les faisait pas changer de mœurs en changeant d’habit », selon G. Kurth. Les candidats faisant défaut, on élargit en 1725 aux peintres, sculpteurs et musiciens. Dans les pensionnaires on retrouvera Léonard Defrance et André-Modeste Grétry. Lambert Darchis a ainsi aidé à loger, nourrir et blanchir le responsable de la déstruction de la cathédrale Saint-Lambert…
En 1797 l’administration révolutionnaire sécularise la fondation qui dispose à l’époque de 1500 écus romains de revenus, écus qui alimentent même le trésor de guère de Bonaparte. Après Waterloo, le patrimoine de la fondation était fortement entamé. Ses rentes suffisent à peine à assurer quelques bourses pour quatre  pensionnaires pour une période limité. Aujourd’hui la valeur des bâtiments est estimé à 20 millions d’euros (Leon Henri Darcis, dans Musée herstalien N°154 novembre 2010).
La ferme est gérée aujourd’hui par HenriLhoest, vice-Président de la FWA, et très actif dans le comité contre l’extension du zoning.

Le fort de Liers

Le fort de Liers a joué un rôle important dans la bataille de Rhées, la nuit du 5 au 6 août 1914. D’abord il a contribué à une (petite) victoire tactique belge en arrosant de projectiles les allemands qui avaient pénétré à Rhées, dans l’intervalle entre Liers et Pontisse. Mais Liers a fait basculer la bataille pour les forts de Liège d’une autre manière. Des bataillons allemands qui s’étaient approchés du fort de Liers en profitant du talus du chemin de fer sont refoulés. Une compagnie allemande descend sur Liège et arrive par la rue Saint-Léonard dans la rue Ste-Foi où se trouve le Q.-G. du lieutenant-général LEMAN, commandant la Position Fortifiée de Liège. Le petit détachement allemand est finalement chassé. Mais cette attaque-surprise amène Leman à renvoyer en arrière toutes les troupes qui devaient protéger les intervalles entre les forts vers le gros de l’armée belge qui se trouvait sur la Gette. Suite à ça, les allemands étaient maîtres des intervalles entre les forts et avaient l’embarras du choix pour installer leurs canons qui tiraient des obus de 420 mm.
Plus dans  http://hachhachhh.blogspot.be/2014/02/la-bataille-de-rhees-du-5-aout-1914.html
Un autre fait divers mène à la petite bataille de Vottem qui nous vaut une place à Ypres, au musée"In Flanders Fields". Deux compagnies chassés par les tirs de Liers se retrouvent à Vottem où un feu nourri les accueille. Ce qui subsiste de ces deux compagnies reflue vers Rocourt dans une carrière. Après une escarmouche meurtrière les chasseurs allemands rejoignent Lixhe. A Vottem, après le repli des troupes allemandes et belges, les morts et blessés sont abandonnés sur place. Le curé de Vottem emmène les blessés au couvent, les Belges et les Allemands dans des salles séparées, et les morts sont enterrés dans deux fosses communes. Tous les morts – allemands et belges - furent photographiés deux par deux afin d’être identifiés ultérieurement. Presqu’un siècle plus tard ces plaques en verre réapparaissent dans une brocante. Onze de ces photos sont exposées à Ypres.
Dès novembre 1914 les allemands occupent les forts. Dans le mess des officiers de Liers, il reste encore des inscriptions en allemand.  Un monument se trouve rue des Combattants.  L’Harmonie de Liers interprète bien volontiers deux marches des régiments qui étaient positionnés autour de Liers en 1914 : les 11e Régiment  et le 12e Régiment de Ligne.
Les allemands améliorent certain forts, comme à Boncelles où l’on construit une tour d’air. Mais Liers reste tel quel pendant la guerre.
A partir de 1927 la Belgique décide de moderniser certains forts comme Pontisse. Liers n’est pas réarmé mais transformé en dépôt de munitions avec les forts de Hollogne et de Lantin.
Vendu à la Fabrique nationale de Herstal pour un franc symbolique en 1949, le fort de Liers démilitarisé est occupé aujourd'hui par Techspace Aero - anciennement FN Moteurs - qui y a installé ses bancs d'essais de moteurs d'avions. En surface, les coupoles de tir ont fait place aux citernes de kérosène destinées à alimenter les bancs d'essais. Lorsque l'on travaille en endurance, explique l'ingénieur de Techspace, un moteur consomme 80.000 l en trois jours en tournant 24 h sur 24. Le mur d'enceinte a été détruit à la dynamite afin de laisser entrer les camions dans la fosse antipersonnel. De part et d'autre des enceintes d'escarpes et de contre-escarpes, des toits ont été lancés, histoire de construire des hangars. Dans ces locaux on retrouve un véritable résumé de l'épopée de la FN moteurs : les vieux bancs d'essais des moteurs de Gloster Meteor, de Fouga Magister ou des moteurs Atar de Mirage. Les moteurs d'Airbus A 320 installé sur de nouveaux bancs sont protégés par une porte de 13 tonnes.  Le poids du dossier d'un moteur est plus lourd que le moteur lui-même. « Il n'y a que les ingestions de pigeon dans les turbines que nous ne reproduisons pas. Cela se fait sur d'autres bancs d'essais avec des tirs au poulet».
Lors de la fusion des communes de 1977, le fort est traversé de part en part par les nouvelles limites communales sans conséquences pour la solidité de l’ouvrage….

La Ferme Tilice ou Delforge

Nous suivons un sentier qui longe l’autoroute pour déboucher dans la rue de Tilice. Jusqu'en 1740, Tilice et Anixhe constituaient une enclave de la seigneurie de Herstal dans le pays de Liège pour être ensuite rachetée par le Prince Evèque Georges Louis de Berghe. En 1804 Tilice fut rattaché a Fexhe-Slins. La ferme Tilice ou Delforge est construite sur les bases d'une ancienne abbaye. La chapelle date de l'an 1590.
Nous passons un peu plus loin, au cimetière de Hermée, devant un petit monument en honneur du Lancaster MK II  KO-L , descendu le 19/11/1943. C’était un des premiers raids de la bataille pour Berlin. Le général Arthur "Bomber" Harris espérait ainsi briser la résistance allemande: "cela nous coûtera entre 400 et 500 avions. Mais les nazis perdront a guerre". Entre Novembre 1943 et mars 1944, Harris lance 16 raids sur Berlin. Ca a été un échec qui a couté à la  RAF 1.047 bombardiers descendus, 1.682 fortement endommagés, et 7.000 pilotes perdus. C’est incroyable ce que l’on retrouve comme détails aujourd’hui. Je n’ai pas réussi à savoir ce qu’ils ont mangé cette nuit. Mais je sais que ce 18 novembre 440 Lancaster ont été envoyés sur Berlin. 26 ont Oblt. von Bonin du II./NJG1 (NJG= nachtjagdgeschwader : des chasseurs de nuit) et s’est écrasé à Hermée. Aucun survivant: le pilote autralien P/O Raymond Peat, le co-pilote Sgt Neil McKay; le navigateur Sgt Noel Shaw; le radio Sgt François Collenet; le meccano Sgt Hugh Bannister; le pointeur F/Sgt Murray Richardson RCAF ; les mitrailleurs Sgt George Sharratt et F/Sgt Sydney Anderson RCAF. Ces membres d’équipages sont enterrés à Heverlee. Pour ceux qui maitrisent l’anglais, voici le lien vers un récit de ce raid. Toute notre région, sur le passage le plus court vers l’Allemagne, avait été truffé d’artillerie antiaérienne et presque chaque village compte une épave de bombardier.
raté leur cible. Neuf avions ont été perdus, avec 43 morts et 23 aviateurs faits prisonniers.  Le KO-L (DS680) a été descendu sur son chemin de retour par

Biblio

Spécial millénaire Matermortua 1007- Milmort 2007 Musée herstalien N°136 mars 2007
Leon Henri Darcis, dans Musée herstalien N°154 novembre 2010
Daniel Bastin, Les forts de Pontisse & de Liers

La marche

Lis ceci et oublies le plus vite possible, parce que cela a l’air tellement compliqué qu’on s’emmêlerait les jambes.
La marche est générée par le basculement en avant du corps en position debout, ce qui provoque un mouvement de chute, rattrapé par la projection d'une jambe vers l'avant. Le cycle de la marche est l'activité qui se déroule durant le temps ou un membre inférieur se retrouve a la même position lors de la marche et correspond à deux pas. Lors de l'analyse du mécanisme de la marche, on décompose le cycle de marche en différentes phases :

La phase d'appui qui correspond à toute la période où le pied est en contact avec le sol.
Son début correspond au contact initial du pied avec le solet sa fin au décollement des orteils (perte de contact du pied avec le sol). Elle s’étend de 0 à 60% du cycle de marche, soit une durée de 60% du cycle de marche.
Elle est divisée en trois phases : la phase taligrade.
Elle débute avec le contact initial du talon et se poursuit par la mise en charge du membre inférieur droit. Elle s’étend de 0 à 10% du cycle de marche, soit une durée de 10% du cycle de marche.

La phase plantigrade.
Elle débute lorsque le pied repose sur la plante du pied et s'achève lorsque le talon perd contact avec le sol. Elle correspond à la phase oscillante du pied opposé. Cette phase s’étend de 10 à 50% du cycle de marche, soit une durée de 40% du cycle de marche.

La phase digitigrade.
Elle débute que le talon est levé et se termine lorsque la pied a décollé. Elle s'acompagne du transfert du poids du corps sur la jambe opposée. Cette phase s’étend de 50 à 60% du cycle de marche, soit une durée de 10% du cycle de marche.

La phase oscillante où le pied n’est plus en contact avec le sol et qui permet l’avancée du membre inférieur.

Son début correspond au décollement des orteils et sa fin au contact initial suivant du même pied. Elle s’étend de 60 à 100% du cycle de marche, soit une durée de 40% du cycle de marche. Elle est divisée en deux phases selon le mouvement de la jambe

Aucun commentaire: