mercredi 12 février 2014

Balade sur les Coteaux de Vivegnis. Des cent mille briques à l’Enclos des fusillés.

Intro

Notre balade a un dénivellé de +-80 mètres, et quelques escaliers assez raides. Durée estimée +- 2 heures. Elle part de la Braise, sur l’Esplanade Saint Léonard où se trouvait la prison Saint-Léonard, aussi appelée les cent mille briques. Ouverte en 1850 elle a été détruite en 1982. Par la rue de Vivegnis nous passons sur la paire du charbonnage de Bâneux, avec vue panoramique sur Saint Leonard, ex-zoning industriel aux portes de la ville. Nous montons sur les Coteaux de la Citadelle : 80 hectares de jardins et de bois en plein centre ville ! Trois étoiles au Michelin. A la rencontre des mânes de Jacques-Joseph de Fabry, qui était bourgmestre de Liège en 1789 et en 1792, lors de  la révolution liégeoise. La citadelle a été construite après la défaite des Grignoux, en 1650, les bastions dirigés vers la ville. Après un moment de receuillement à l’Enclos national des fusillés, nous descendons Pierreuse et passons devant la Tour des Vieux Joncs, témoin de la présence de L’OrdreTeutonique dans la ville.
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Les cent mille briques
Où se trouve aujourd’hui l’esplanade il y avait la prison Saint-Léonard, aussi appelée les cent mille briques. Ouverte en 1850, elle a été détruite en 1982. Savitskaya y réfère dans son poëme gravé dans l’inox, en suivant l'ancienne muraille: « pied sur la terre à charbon et sur la terre à vigne, sur limon du fond de la darse, sur les chaines, les barreaux et les cent mille briques, et vers le bois lumineux partagé d’un rempart … »
Julien Lahaut y est arrêté lors d’une de ses premières grèves en 1913. Pendant la première guerre mondiale, les condamnés à mort  étaient extraits de la prison Saint-Léonard et passaient leur dernière nuit à la Chartreuse.  En 1940 les nazis réserveront une aile pour les résistants. Mais les nazis
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n’inventent rien. Quelques jours avant la guerre, Marcel Baiwir est incarcéré à St-Léonard : « Pour la bourgeoisie, l’ennemi ce n’était pas Rex, c’était les cocos ! On a arrêté toute une série de communistes ainsi que quelques socialistes de gauche, de simples antifascistes, des partisans de la paix».Jean Van Lierde fera connaissance avec Saint Léonard après la guerre, comme objecteur de conscience. Il refuse sa libération et oblige les autorités à l’expulser de prison. Il se retrouve par 1035 mètres de fond au Bois de Caziers, où « c’était bien pire que la prison » !

Au XIII e siècle déjà, une prison dans la porte Saint-Léonard

clé de voûte porte st léonard au Curtius
Mais au XIII e siècle déjà se trouvait dans l'ancienne porte Saint-Léonard une prison. Un héros de la Révolution liégeoise, François-Léonard Duperron, y est enfermé par le prince-évêque Constantin de Hoensbroeck surnommé le ‘bourreau roux’. Duperron retrouva la liberté en 1792 où, dès avant l'entrée des Français à Liège, le peuple sans désordre avait libéré les détenus politiques.
Le faubourg de Saint Leonard, un zoning industriel aux portes de la ville.
Par la rue de Vivegnis nous passons sur la paire du charbonnage de Bâneux, d’où  nous avons une vue magnifique sur ce qui était à l’époque de la révolution industrielle un zoning aux portes de la ville :la manufacture impériale d'Armes de Gosuin, le faubourg de Saint Leonard, avec son usine de canons, son usine de locomotives, l’usine de zinc de la Vieille Montagne, la linière de Cockerill… En 1856, l'usine à zinc de la Vieille Montagne à Saint-Léonard rend particulièrement insalubres les conditions d'habitation dans ce quartier de la ville. Le Comité du Nord dirige une campagne pour l'expulsion de l'usine. Ce Comité du Nord se donne pour mission de vaincre "la nouvelle oligarchie ... formée de quelques grands industriels qui menace de tout arranger à son profit". En octobre 1857, ce comité provoque une élection par la démission de son porte-parole au conseil communal. Sur 2.984 électeurs inscrits, 2.156, soit 72% usent de leur droit de vote. La majorité sortante subit un cinglant échec. Aussi juge-t-on dans certains milieux que "la république démocratique et sociale vient de battre ... les libéraux". Finalement, la Vieille Montagne s’installe à Angleur où Umicore y produit toujours de la poudre de zinc.

Le charbonnage de Bâneux

Charbonnage bâneux- entrée tunnel vers Vottem
Le Charbonnage du Bâneux dont nous voyons la « paire » est, avec celui de la Plomterie, déjà mentionnée en 1585, une des mines les plus anciennes de Liège. http://www.fabrice-muller.be/divers/terrils/images/carte-charbonnages-web.jpg
Une galerie part au charbonnage de Batterie au Thier à Liège (Bulletin de la société royale Le Vieux-Liège, 2004, tome 14, no 308, p. 632-640, 9 p., 16 ill., 1 carte). Le charbonnage de Bâneux a été fermé en 1942. Son puits atteignait 350 m de profondeur.
Dans la gare de marchandises de Vivegnis, juste en face, on débarquait à partir de 1946 les Italiens qui étaient amenés sur des camions de charbon aux mines respectives. L’Italie s’était engagé à fournir 50 000 travailleurs italiens à la Belgique. En échange la Belgique fournirait annuellement 3 millions de tonnes de charbon à l’Italie. Vendus pour quelques sacs de charbon … Cfr La mémoire retissée. Une histoire de l'immigration en Belgique au XXe siècle, A. Morelli et J.-Ph. Schreiber dir., catalogue de l'exposition, Charleroi, Maison de la Culture de la Région de Charleroi, 1993.
Dans les galeries abandonnées de Bâneux on a fait des recherches pour les petites victimes d’Ait Oud, Stacy et Nathalie. Elles ont été retrouvées dans un caniveau, le long du chemin de fer, quelques centaines de mètres plus bas … On a érigé un monument sobre, en acier Corten, aux Bayards.

L’araine de Richonfontaine

Bâneux évoque bien comment on exploitait le charbon avant l’invention des pompes à vapeur: on attaquait les couches de charbon, qui affleuraient par l’érosion de la Meuse, à partir des flancs de la vallée. Dans le bassin liégeois le feu n’était pas l’ennemi principal, mais bien l’eau d’infiltration. Tous ces puits et ces galeries exploitées se remplissaient très vite d’eau, qu’on évacuait via des galeries, les araines, dont nous verrons l’œil de Richonfontaine à la fin de notre ballade. Les propriétaires de ces araines prenaient 1/80 aux comparchonniers, et vendaient l’eau évacuée au réseau d’eau potable de la ville. 
La révolution française (et liégeoise) a balayé tous ces privilèges à la poubelle de l’histoire. Cette révolution a aussi été le point de départ d’une concentration de toutes ces petites mines moyenâgeuses. Les familles
entrée puits paienporte
Orban et Jamar ont créé ainsi la société de Bonne-Fin, qui a absorbé en 1830 le Charbonnage du Bâneux.
Ces fusions étaient aussi le signal de départ d’une dérégularisation totale, où les règles qui dataient de la Paix de St Jacques de 1487 ont été totalement abandonnés. C’est ainsi que nous avons en 1825 une percée d’eau dans la mine du Plomterie qui avait fait une liaison via une couche de charbon avec les galeries du Bâneux. Dans le quartier de Vivegnis il y a des éboulements. Et le puits de la Citadelle tombe à sec. Vauban avait jugé cet ancien puits de mine un des meilleurs dispositifs de toutes les fortifications qu’il avait visité. Après cette percée les militaires doivent aller chercher leur eau potable à 124 mètres de profondeur. Et en 1935 ils
doivent encore creuser quatre mètres plus bas.
La situation de ses différents puits a fait de la Bonne-Fin le champion des litiges et des dégâts miniers. Vers 1830 l’état belge refuse toute nouvelle concession et annule en 1875 toutes les concessions minières en dessous du centre ville.
Le sentier de la Citadelle suit le trajet d’un GR (Grande Randonnée), le «Sentier des terrils» : 300 km qui relient Bernissart (la mine où on a trouvé des iguanodons) à Blegny-Mine. Ce GR a reçu le numéro 412 en hommage à la Sainte Barbe, patronne des mineurs, qui est fêtée le 4 décembre (4/12).

Le bois de Fabry

La ferme Fabry
Ce sentier croise le bois de Fabry. Une troupe scout y a placé une pancarte devenue presque illisible, en souvenir d’un grand homme qui a écrit quelques pages de l’histoire mouvementée de Liège. Le bourgmestre révolutionnaire JJ Fabry y a habité et y a été enterré. Sa dépouille repose aujourd’hui au cimetière de Robermont. Dans les chroniques nous lisons : « Le 3 décembre 1792 eut lieu la réinstallation du Conseil municipal proscrit par les tyrans, et rétabli provisoirement par les vengeurs des droits des peuples. Il adopta la proposition faite au nom de la société populaire de considérer comme abolies les charges aristocratiques, dispendieuses  et inutiles de bourgmestres, et il se donna un président et un secrétaire qui furent Fabry et Bassenge ».

L’Enclos national des fusillés

Le long de la citadelle nous retrouvons l’Enclos national des fusillés. Un moment de recueillement… C’est aussi le point de départ d’un « Parcours Citoyen sur les traces de la Résistance ».
Sous un de ces croix, Martin Gyselaer, fusillé à la Citadelle le 22 mai 1942 pour avoir, « par cupidité, reproduit dans son imprimerie, au cours de longs mois, des tracts bolchevistes à des milliers d’exemplaires » (le faux Soir des 23-25 mai 1942). Jean Derkenne, un des responsables de la presse clandestine, témoigne : « Vers février 1942, les services du Parti furent informés qu’un certain danger menaçait notre camarade imprimeur Gyselaer. L’impression des journaux fut arrêtée. A l’occasion du 1 mai 1942, le Parti demanda un effort supplémentaire. Il fut décidé de faire appel au
Bloc 24 enclos fusillés
camarade Gyselaer étant donné qu’il ne s’était rien passé en février et mars. Gyselaer tira 40.000 exemplaires du Drapeau Rouge, 20.000 tracts ‘appel 1 mai’, 6.000 tracts en allemand s’adressant aux soldats allemands, 125.000 papillons avec faucille et marteau. Le 28 avril 1942 l’héroïque camarade Gyselaer et son épouse furent arrêtés, livrés par un indicateur du gestapiste Lempereur.
Voici le récit de son arrestation. Lorsque les soldats allemands sortirent le camarade Gyselaer de sa maison, le visage de notre ami était ensanglanté et méconnaissable. Sa compagne fut également arrêtée ; elle fut déportée et ne revint jamais. Gyselaer fut fusillé le 22 mai 1942 à la Citadelle. Il emporta dans sa tombe tout ce qu’il connaissait sur l’organisation de la presse du Parti » (Chroniques de la Résistance du FI Mai 1975 p26).

Le Puits de Païenporte et la Citadelle

Grand puits paienporte- photo Dujardin
Juste à côté,  le grand puits de Païemporte est un ancien puits d'extraction du charbon. Depuis 1650 le puits est inclus dans la citadelle, où il sert à l'alimentation en eau du fort. Lors de la construction de l'Hôpital l'accès au puits fut muré pour éviter les accidents. Les spéléologues du groupe Abyss y ont installe un échafaudage permettant de descendre dans le puits. Mais l'air est surchargé en CO2.
La citadelle même a été construite après la défaite des Grignoux, en 1650. A cette époque, deux partis divisaient alors la ville de Liége : les Chiroux et les Grignoux. Les Chiroux étaient pour l’évêque, et les Grignoux lui étaient opposés. Les bourgeois et les gens aisés étaient pour la plupart Chiroux, parce qu’ils désiraient le maintien de la paix ; mais le petit peuple, toujours mécontent de son sort, était Grignoux. Le 25 juillet 1630 le Grignoux Sébastien La Ruelle est élu bourgmestre. Le prince-éveque Ferdinand de Bavière fait casser les élections par l'empereur. En 1647, les Grignoux lui interdisent l'entrée de la ville. Son neveu Maximilien-Henri de Bavière entreprend la reconquête de la Cité, suspend la plupart des droits politiques, et fait construire une citadelle dont la défense vers la campagne – contre l’ennemi extérieur- est sacrifiée afin d’augmenter le nombre de bastions dirigés vers la ville, donc contre son ennemi intérieur.
En 1676 les troupes de Louis XIV font sauter le fort, au grand contentement du peuple. Lors du retour de Maximilien Henri à Liège en 1684 son premier souci est de redresser la citadelle « pour permettre aux bon citoyens de dormir en paix et empêcher les débordements des autres ».
En 1709 les Provinces-Unies obtiennent dans le traité de la Barrière le droit de tenir garnison dans Liège. Le prince demande que le fort lui soit rendu afin de ‘mettre la cité à l’abri des troubles auxquels elle serait exposé si l’on ne pouvait, par ce moyen, contenir la populace dans le devoir’, ce qu’il obtient en 1717 dans le Traité de la Haye : la Citadelle lui est restitué « dans l’état où elle était, avant la dernière guerre, du côté de la ville, mais les ouvrages du côté de la campagne seront démolis » (http://www.fabrice-muller.be/liege/patrimoine/citadelle/images/plan1711-projet-demolitions.png ; Histoire de l’enceinte de la citadelle p65 et 76 Jules Loxhay éd. CLHAM).
En 1974 lors de la construction de l'hôpital de la Citadelle on a détruit les bastions vers la campagne. Le hasard de l’urbanisme a donc laissé la citadelle dans un état qui démontre bien sa destination : mater le peuple et la ville…

La tour des Vieux Joncs

Depuis les boulevards de la Citadelle on a des beaux panoramas sur la ville.
ill. Cl. Warzée
Nous descendons par la rue du Péry. Par un passage sous voûte à hauteur du 38 de la rue Pierreuse– au Moyen Age une des portes d’entrée de la ville- nous atteignons la Tour des Vieux Joncs, en flamand Alden Biesen, un vestige d’une des multiples propriétés de L’Ordre Teutonique dans la ville. Vieux Joncs = Alden Biesen : c’est le nom de l’archicommanderie à Bilzen. Eisenstein a filmé, dans son Alexander Nevski, la défaite des Chevaliers Teutons sur le lac Peipus gelé.
L’Ordre des Chevaliers teutoniques a été crée, comme celui du Temple, pendant les Croisades vers 1190. L’ordre des chevaliers teutoniques fût dissous par Napoléon. Depuis 1929, ils sont organisés en ordre uniquement religieux; il en resterait un millier, principalement en Autriche ».
Une gravure du XVIII° siècle nous donne un aperçu de l’ampleur de la commanderie des chevaliers  teutoniques à Liège. Les bâtiments n° 66 rue du Palais ont été propriété de l’Ordre jusqu’en 1625. L’Ordre
les vend alors aux frères mineurs. Cette commanderie avait de magnifiques jardins en terrasse.
Mais ce n’est pas tout. L’église de Saint André, place du marché, avec sa coupole, était une de leurs églises paroissiales. Cette paroisse était une des plus grandes de la ville et comptait au 17° siècle 2.250 croyants dans 22 rues. Le curé était en même temps aumônier de ces soldats en habit.
 Ces moines-chevaliers ont atterri à Liège en 1254, trente ans à peine après la fondation d’Alden Biesen. Cet ordre monastique avait aussi une commanderie à Fourons Saint Pierre.
Le domaine de l’Ordre Teutonique à Liège a été exproprié avec la révolution française. Le curateur a été le grand peintre liégeois  Leonard Defrance, le même qui s’est occupé de la démolition de la cathédrale  Saint Lambert. Le 14 mars 1798, Defrance et un maçon acquièrent le domaine et démontent couvent et église (Carnets du patrimoine N° 24 p31).
Les chevaliers Teutoniques ont joué un rôle important dans l’Empire germanique, et donc aussi à Liège. En 1247 déjà le pape Innocentius IV, qui venait d’écrire la Bulle fondatrice des Teutons, envoie l’évêque Jacques, archidiacre de Liège, pour régler les disputes de l’Ordre Teutonique avec  l’empereur allemand. Notre évêque Jacques deviendra le pape Urbanus IV.
En 1418 le pape Martin V nomme le chevalier teutonique Johann von Wallenrode évêque de Liège. Ce von Wallenrode n’était pas n’importe qui : il avait été lors du concile de Constance le geôlier du précurseur tchèque du protestantisme Jean Hus, mort sur le bûcher en 1415, ainsi que du pape déchu Jean XXIII.
Deux siècles plus tard, en  1694, un grand-maître de l'ordre Teutonique Louis Antoine de Palatinat de Neubourg pose sa candidature comme prince-éveque de Liège. Malgré de puissants appuis, il ne parvint pas à se rallier tous les suffrages. Vingt-quatre chanoines préfèrent Joseph-Clément DE BAVIERE. Le conflit monte même au pape. Une épidémie enleva Louis-Antoine et JOSEPH-CLÉMENT peut monter sur le trône.
Cette tour des Vieux Joncs est donc une tour chargée d’histoire, preuve de la présence dans nos murs d’une des plus sanguinaires ordres monastiques de l’histoire.

L’ancien Béguinage du Saint-Esprit

Au 18 Impasse des Ursulines les vestiges de l’ancien Béguinage du Saint-Esprit, aujourd’hui restaurant The Nun’s – what’s in a name ! Les bâtiments du XVIIe siècle ont abrité un moment le musée de l’Architecture et ont ainsi été enrichis d’éléments architecturaux récupérés lors de démolitions : escalier à balustre, divers types de cheminées, des enseignes ainsi que de jardins en terrasse. En face un ancien relais de poste en colombages, lui aussi récupéré lors d’une démolition.
Le Béguinage est un des rares témoins de la quarantaine de petites béguinages disparus lors de la Révolution française. Au début les Béguins ou Beggards étaient un mouvement hérétique puissant initié par le petit curé Lambert le Bègue, condamné par le concile de Venise en 1177.
Nous débouchons sur le Couvent des Ursulines et les 374 marches de la Montagne de Bueren. Construit en 1875, en mémoire de Vincent de Bueren, leader des six cent Franchimontois. En 1468 celui-ci a essayé  de capturer le duc de Bourgogne à Sainte-Walburge, où était établi son campement. Mais ce n’est pas par là que les Franchimontois sont partis à l’assaut. Les escaliers ont été créés pour que les 1.200 militaires casernés à la Citadelle ne descendent plus en ville par Pierreuse, qui du fait de leurs fréquents arrêts a acquis une très
mauvaise réputation. Conséquence : invasion « rose » dans les rues avoisinantes (et interdiction faite aux élèves de St Bar de fréquenter les dites rues).
Quant aux Ursulines, elles sont arrivées en 1619, avec les Sépulchrines, Capucins, Jésuites et Jésuitesses, Augustines, Carmélites déchaussées, Célestines, Bénédictines, Dominicaines, Franciscaines, Récollectines, Conceptionnistes, Urbanistes, Tertiaires, dans le sillage de  Ferdinand de Bavière, champion de la Contre-réforme: plus de 70 couvents et abbayes se sont installés à Liège sous son règne pour combattre le protestantisme!
Nous faisons un petit crochet par l’œil de l’araine de Richonfontaine, la fontaine Saint-Jean-Baptiste , et la rue de la Poule avec une ancienne pompe alimentées par les areines (cfr. le charbonnage de Bâneux).
Dans la rue Hors Château nous traversons la Cour Saint-Antoine, un ensemble d'immeubles à appartements et maisons complétant un groupe de constructions des 17e et 18e siècles, rénové par Charles Vandenhove en 1979. Sur la place Saint Barthélemy le statue ‘les principautaires’ de Mady Andrien, en acier autopatinable. Le mécène Philippe Delaunois, administrateur délégué de Cockerill (aujourd’hui ArcelorMittal), y voyait une traduction principautaire du thème biblique de David et de Goliath, défi des petits aux grands. Pour l’échevin Firket la statue témoigne de l'esprit liégeois, de la belle vitalité qui survit aux épreuves s'appuyant sur un courage qui toujours se dissimule sous les apparences d'une insouciance quelque peu frondeuse…
Dans la rue Féronstrée (ferons : artisants du fer), le palais Curtius du XVIIe siècle du richissime munitionnaire liégeois Jean de Corte abrite aujourd’hui le complexe muséal le « Grand Curtius ».
En guise de conclusion, ce petit texte de notre monument de la littérature française Savitzkaya sur cet autre prison : le centre fermé de Vottem.
 "Aux abords des autoroutes, on fait dormir des êtres humains derrière de hautes clôtures électrifiées, des gens qui ne sont pourtant ni voleurs ni tueurs et qu'aucune magistrature ordinaire ne pourrait condamner. A Liège, c'est dans une caserne de la gendarmerie soigneusement entourée de hautes clôtures qu'on enferme ceux qui, venant de pays ravagés par la scélératesse et le cynisme des grands marchands d'armes et de leurs sbires locaux, demandent protection et asile.
Là, flotte le drapeau belge.
Pour la parade, la toque des magistrats est garnie de plumes d'autruche"

 (Fou trop poli, Ed. de Minuit, p.34)

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