jeudi 23 novembre 2017

Moscou : une reconstruction de la cathédrale du Christ-Sauveur discutable



On casse du sucre sur le dos de Joseph sur le dynamitage de la cathédrale du Saint Sauveur. Eltsine l’a reconstruite. Dans un blog précédent j’explique l’historique de ce monument. Le projet de cette église remonte à décembre 1812, au moment où l'armée napoléonienne quitte la Russie. Le tsar ordonna la construction d'une cathédrale dédiée au Saint Sauveur. Déjà à l’époque ce n’est pas l’enthousiasme partout. On critique pour commencer le coût: 15,2 millions de roubles-or de l'époque. Le poète ukrainien Tarass Chevtchenko compare l'édifice à une «grosse commerçante assise au milieu de la ville»; le philosophe Evgueni Troubetskoï parle d’un «chef-d'oeuvre de l'absurde».
En 1931, les Soviets décident de construire un palais des Soviets sur le site. Ils consultent e.a. Le Corbusier qui juge qu’à Moscou «il est impossible de rêver à faire concorder la ville présente ou future». D’autres architectes étrangers d'avant-garde, comme Gropius, du Bauhaus, participent au concours pour le palais. Il faudra quatre sessions à un jury pour dénicher en 1933 le projet définitif.
la cathedrale dynamitée
Le chantier débute en 1937. En juin 1941, la guerre arrête le chantier. Après la guerre, la reconstruction du pays impose d’autres priorités. En 1958, Nikita Khrouchtchev installe dans le vide laissé par les fondations la plus grande piscine à ciel ouvert au monde.
Elle était ouverte en hiver, et fermait en été pour le nettoyage.

Eltsine et la reconstruction des bâtiments pré-soviétiques


Quand Eltsine annonce en 1994 la reconstruction à l'identique de la cathédrale, il veut aller vite, et ça se voit au résultat : c’est du toc. Il part du point de vue qu’un nouvel état a besoin de nouveaux symboles, et quoi de mieux que la reconstruction des bâtiments pré-soviétiques. Un écrivain, M. Yarkevich dit à ce propos: "Pendant le communisme, les intellectuels soviétiques disaient: ‘Il y avait une église merveilleuse ici, et maintenant il y a un métro et une piscine’. Et après un certain temps, les intellectuels diront: ‘Vous savez, il y avait une magnifique piscine ici, et maintenant les nouveaux patrons ont construit une église’. »
En 1995, la première pierre est posée par le patriarche Alexis II. En 1997, on inaugure la plus grande cathédrale orthodoxe du monde,  pour le 850ième anniversaire de la ville de Moscou. Les fresques, les mosaïques et les statues ne sont pas toutes terminées. Elles feront l'objet d'une seconde inauguration, le 19 août 2000, pour les deux mille ans de la naissance du Christ-Sauveur. A cette occasion le tsar Nicolas II et sa famille, fusillés par les bolcheviques en juillet 1918, sont canonisés par l’Eglise orthodoxe russe.

Eltsine a voulu devancer des critiques.

Alfred Kokh, vice-président du Comité d’Etat des biens publics, se demande «comment expliquer que dans notre pays soi-disant civilisé notre capitale dépense plus pour la construction d’une église que pour les écoles et les hôpitaux ? » Pourtant, ce n’est pas un soviéto-nostalgique : il avait dirigé sous Eltsine les privatisations. L'écrivain Igor Yarkevich dit: "le résultat sera terrible, alors qu'il manque de vêtements, d'hôpitaux et d'appartements, mais nous avons une grande église." Dmitri Bessman, un contremaître sur le chantier, parle «d’une montagne de béton». Bien qu'il soit reconnaissant pour le travail et les heures supplémentaires, il dit qu'aucun travailleur d'Europe occidentale ne travaillerait dans de telles conditions, avec de telles mauvaises bottes, et des outils défectueux. "Vous pourriez construire des milliers d'appartements pour le même prix. En ce moment, les quartiers d'habitation et les services sociaux sont plus importants pour nous que les églises." Il n’invente rien : aujourd’hui 41 % de la population en Russie avoue que sa situation matérielle ne permet d’acheter que de la nourriture et des vêtements, 27 % ne peut acheter que la nourriture et 12 % affirme qu’elle mange très irrégulièrement.
Eltsine avait promis que la reconstruction ne coûterait pas un kopeck à l’état. Il annonce un budget de 200 millions de dollars. Au final, le budget explose à 650 millions de dollars. Et les collectes auprès des croyants ne représentent qu’une infime partie. Le Patriarcat de Moscou affirme que 25 millions de citoyens ont fait des dons, ce qui est probablement vrai, mais pour des sommes infimes. Les dons de particiliers ne représentent qu’un pourcentage minime. Selon Igor Ptichnikov, directeur exécutif de la fondation qui collecte des fonds pour la cathédrale, 48 banques et entreprises fournissent  90% du coût. En réalité, l'État et la ville mettent beaucoup d'argent dans les comptes hors budget, les fonds étant considérés comme des contributions des banques. Une partie provient des relations d'affaires du maire Loujkov. Tous ces ‘mécènes’ ont leurs noms gravés sur des plaques commémoratives dans la cathédrale.
Mais il y a d’autres compensations bien plus intéressantes pour ces oligarques. Selon Donald Jensen du Johns Hopkins University, la maire Loujkov a sollicité des contributions en accordant des faveurs aux entreprises, comme des exemptions fiscales pour les dons. Le jour même où Stolichny Bank fait don de 50 kg d'or pour la coupole, la banque reçoit le droit de gérer les comptes bancaires du Patriarcat.
Même les 11,8 millions de dollars US que le gouvernement a accordés au Patriarcat de Moscou pour acheter des icônes pour la cathédrale a été critiqué pour une gestion très opaque.
De nombreux popes protestent: à Moscou comme en province, ils n'ont pas de quoi restaurer leurs propres églises... L'argent englouti dans la reconstruction des monuments historiques aurait pu servir à restaurer des centaines, voire des milliers, d'églises orthodoxes en déclin dont les paroissiens ont besoin à travers le pays.

Une reconstruction à l'identique : délicat.

En soi, une reconstruction à l’identique est délicate et même contraire à la Charte deVenise de 1964 et de la Convention Européenne de Grenade de 1985.
La Charte de Venise codifie les travaux effectués sur les édifices patrimoniaux et s'élève contre les ajouts arbitraires. Il est vrai que l'Europe du XXe siècle regorge reconstructions à l'identique de monuments disparus: les halles d’Ypres, la Frauenkirche de Dresde (voir mon blog) ou le pont de Mostar en Bosnie-Herzégovine par exemple. Les halles d’Ypres, c’était avant Venise. Les conceptions ont évolué entre-temps. La charte distingue l’anastylose, la reconstruction d’un monument sur base de matériaux d’origine, et une reconstruction sur base de neuf. L’article 15 exclut a priori «toute reconstruction à l’exception d’une anastylose ».
S’il est vrai que pour la Frauenkirche, les matériaux d’origine étaient rares (les pierres noircies lors du bombardement de Dresde sont reconnaissables mais très rares), on est ici à Moscou dans un autre cas de figure. A Moscou, on n’a laissé aux artistes et spécialistes du patrimoine seulement les détails.
Pour les portes d'entrée en bronze coulé ornées de hauts-reliefs, le sculpteur ZurabTsereteli prétend avoir examiné une énorme quantité de documents d'archives. Chaque élément des portes, leurs dimensions, le matériel à partir de laquelle ils ont été faits, et leur préparation technique a été étudiée. Sur cette base il a créé les nouvelles portes. Je veux bien laisser à ce sculpteur cosmopolite le bénéfice du doute… Quoique… Les bas-reliefs qui ornent les façades de la cathédrale, reconstitués par Tsereteli sont en bronze alors que les originaux d'Alexandre Loganovski (1812-1855) existent encore et se trouvent au monastère Donskoi et sont en marbre.
Une grande icône récente représente les nombreux saints russes du 20ème siècle, entourés de leurs bourreaux : principalement des prêtes, des Romanov et les 7 membres de la famille du tsar Nicolas II (tous canonisés le 14 août 2000).
Le Maire Loujkov https://fr.wikipedia.org/wiki/Iouri_Loujkov prétend avoir fait sa propre recherche sur l'iconostase https://fr.wikipedia.org/wiki/Iconostase  originale, incrustée d'or, de 87 pieds de haut (dans l’église catholique aussi l’autel a été longtemps caché par le jubé). Cet œuvre d’art aurait été vendue par l'Etat soviétique à Eleanor Roosevelt qui l'avait achetée pour la préserver, puis l'avait donnée au Vatican. Il serait rendu à l'Eglise orthodoxe russe après la reconstruction complète du Saint-Sauveur.
dans le metro des pierres du Si Sauveur
Lors d'un voyage au Vatican, Loujkov a donc pris des plans de l'iconostase, mais le pape a dû le décevoir : cette histoire de l’épouse Roosevelt est fake. Loujkov aurait dû orienter ses recherches vers des collectionneurs privés. Il n’est pas exclu que cet iconostase a été vendu en morceaux…
Pour ceux, comme moi, qui n’aiment pas cette structure en béton, ils peuvent aller palper les somptueux bancs de la station de métro Novokuznetskaya (ligne 2) qui ont été sculptés dans le marbre de la cathédrale. Quant aux peintures murales, elles ont été faites à l'acrylique et ça se voit. Ca respire le toc. On n’a même pas essayer de reproduire les fresques qui avaient été peints par les meilleurs peintres de la Russie.

Du neuf présenté comme authentique

les marchands du temple...
Il y avait en plus un problème de taille: comme les Soviétiques avaient rasé entièrement la colline Alexeïevski qui servait de base à la cathédrale, il a fallu construire un stylobate immense qui n’a jamais existé sous cette forme. 
Le sous-sol est donc du neuf. On l’a construit en béton (comme le reste du bâtiment). Allons encore pour les ascenseurs. On n’arrête pas le progrès. Mais fallait-il absolument y prévoir un parking, des salles de conférence (1250 sièges et 457 sièges), un resto et un gift-shop en sous-sol ? Les marchands du temple ne sont jamais loin.
Le crypte de la Transfiguration du Seigneur n’existait pas à l’origine, et encore moins les fresques qui l’ornent.
Dans les galeries entourant la crypte on a installé la bibliothèque du Patriarche.
Le maire de Moscou affirme sans broncher que «dans la culture de Moscou le concept de lacopie n'est parfois pas moins significatif que celui de l'original, parce que la ‘charge’ sémantique, historique et culturelle qu'une telle copie porte peut souvent être encore plus riche et plus profonde que la solution architecturale originale ". Comme si l'essence du concept de «patrimoine historique» n’est plus l'authenticité.

Le Parvis

Pour le parvis aussi, l’authenticité est absente. Mais c’est beau. Comme Disneyland… On y a ajouté allégrement des statues de tous les patriarches de Moscou et de toute la Russie et comme il y en avait tellement on en a mis aussi sur le pont des patriarches en face, avec approbation de la Commission pour l'art monumental de la Douma de Moscou.
Un autre nouveau monument "La Réunification", est dédié à la signature de l'acte de communion canonique entre le Patriarcat de Moscou et l'Eglise orthodoxe russe en dehors de la Russie. Il représente Alexey II et le Metropolitain Laurus de New York, inauguré en présence de Poutine en personne  en 2017.
A gauche, le monument à Alexandre II de 2005 est partiellement ‘inspirée’ par un monument impérial détruit datant de 1898. Partiellement ? La statue de bronze de 1912 sur le parvis était d’Alexandre III qui a présidé la cérémonie de bénédiction de la cathédrale du Christ-Sauveur. Elle n'y était pas restée longtemps. En octobre 1917, les bolcheviques renversent le régime et, quelques mois plus tard, la statue d'Alexandre III.  On peut seulement deviner ce qui a motivé ce subterfuge. Peut-être parce qu’Alexandre II avait aboli le servage, ce qui redorer un peu le blason du tsarisme ?
Construit en 1900-1912, le monument se tenait près de la cathédrale du Christ-Sauveur, et avait coûté près de 2 millions de roubles.
La nouvelle statue a été conçu par le professeur Alexander Rukavishnikov, membre de l'Académie des Arts de Russie et sculpteur national. La statue équestre de Zhukov à la place Rouge est de lui aussi.

Un précédent qui donna l'impulsion pour le "remodelage" du patrimoine historique

Dushkina Natalia, professeure au MARKHI, explique comment le travail sur la cathédrale du Christ Sauveur a été retiré de la sphère de conservation professionnelle et remis aux architectes ordinaires. Cette reconstruction fut le précédent qui détermina une tendance et donna l'impulsion pour le "remodelage" du patrimoine historique à une échelle massive sans précédent. Dorénavant, ce sont les architectes qui développent les projets de sites de «restitution» (les restaurateurs n'étant impliqués que pour des éléments discrets) et les contrats de construction sont souvent attribués non pas à des organismes de restauration spécialisés, mais à des entreprises de construction. Les architectes et les constructeurs travaillent rapidement et ne possèdent aucune connaissance scientifique particulière. Ils se sont révélés utiles pour la réalisation de projets bling bling et de programmes idéologiques. Dans ce contexte, la méthodologie de restauration développée dans le passé devient un simple obstacle. Seule la forme «historique» externe du bâtiment est maintenue, sans le processus complexe de restauration scientifique qui assurerait l'intégrité et l'exhaustivité du phénomène que nous appelons «culture».
Le Pr Dushkina situe cette transformation chaotique du centre-ville dans le retour à la propriété privée et au capitalisme. Les défenseurs du patrimoine subissent de plein fouet le féroce asservissement des autorités à divers niveaux, des entreprises de construction, des architectes, des investisseurs et des promoteurs, qui assiègent le centre-ville de projets de développement fiévreux. " Le ministre russe de la Culture a décrit la situation comme « une bacchanale de construction chaotique ».
C’est pot de terre contre pot de fer, où les mécanismes légaux de protection du patrimoine sont incapables d'entraver ce processus d'avalanche.
Sur le marché immobilier russe, les bâtiments historiques sont déclarés «non rentables» et commercialement non viables. La deuxième période de reconstruction, qui a commencé à la fin des années 1990, a été marquée par la démolition en masse des structures historiques et la violation de la législation nationale (loi de la Fédération de Russie sur les éléments du patrimoine culturel, 2002). On peut le qualifier de barbare.
Notre professeure compare l'ampleur de la destruction aux dommages infligés entre 1930 et 1960. Au cours des dernières années, des dizaines de monuments "vivants" des 17ème au 19ième siècles et plus de trois cents bâtiments historiques ont été démolis.

Pussy Riot

Personne n'est vraiment sûr que cette structure gigantesque soit un monument àDieu ou à Mammon ; c’est plutôt le symbole de l'ambiguïté morale et l'opportunisme politique de l'Etat russe. Un nouvel état a besoin de nouveaux symboles, et quoi de mieux que la reconstruction des bâtiments pré-soviétiques.
Dans ce cadre-là c’est tout à fait logique que les Pussy Riot ont choisi la cathédrale pour leur flashmob: ce bâtiment est l'incarnation du scandale; ce n'est pas seulement un site de scandale, pour beaucoup c'est un scandale en soi. L'athéisme soviétique officiel a toujours nié qu’il y a eu une base religieuse pour la destruction de la cathédrale. Mais cette reconstruction avec notamment les apports discutables de Zurab Tsereteli, et la présence d’un parking et d’un gift shop jurent avec le la contexte mystique orthodoxe. L'Église orthodoxe est traditionnellement un lieu de saint mystère. Quand le patriarche Kirill appelle dans la cathédrale même à voter pour Poutine on comprend pourquoi les Pussy Riot ont choisi le  Christ Sauveur : sur le site de tant de révisionnisme historique et architectural, leur act était presqu’un acte libératoire.
Une blague circule : "La cathédrale du Christ Sauveur, c’est comme prendre un cimetière indien, y construire un centre commercial, puis démolir le centre commercial pour y implanter un nouveau cimetière indien".

Saint Nicolas

En  mai 2017, une côte du saint Nicolas de Bari (ou de Myre, le saint le plus vénéré dans la culture russe orthodoxe) a été exposée dans la cathédrale du Christ-Sauveur : 50.000 personnes sont venus voir avec entre deux et cinq kilomètres de queue sur les quais de la Moskova. La relique venait de Bari, conservée dans la basilique construite à cette intention en 1087. La relique est passée encore par Saint-Pétersbourg, avant de repartir vers Bari. 65% du corps de saint Nicolas se trouveraient à Bari, 20% à Venise. Poutine a exprimé sa profonde reconnaissance au Pape. « Nicolas reste le premier saint en Russie bien qu’il ne soit jamais venu dans notre pays», a déclaré le patriarche Cyrille. Avant il y avait eu déjà  l’exposition d’un fragment de la ceinture de la vierge, en 2011. Une promesse du pape François, lors de sa visite à la Havane en 2016.

La passerelle des Patriarches et les rives de la Moskova

En face du Christt-Sauveur, la passerelle des Patriarches – officiellement le pont du Patriarche Alexis II – invite à enjamber la Moskova et le canal Vodootvodny,  à l’île Bolotny et au Park Gorki. Le liégeois que je suis retrouve ses références : nous aussi avons notre dérivation et nos passerelles. C’est le point de départ d’un beau parcours piétonnier qui nous amène au park Gorky. Mais ça sera le sujet de mon prochain blog.

Sources

vendredi 17 novembre 2017

34ième balade-santé MPLP - Naniot- sainte walburge








Notre 34ième balade santé mplp de dimanche 10 décembre part de l’église de Sainte Walburge. Je me fais un point d’honneur d’avoir au moins 100 mètres sur Herstal ; et dans ce cas-ci nous aurions pu partir de Vottem. Mais nous voulons terminer notre balade à la Ferme des Enfants, Vieille Voie de Tongres, qui organise son marché d'hiver. C’est pourquoi notre balade part au parking autour de l’église Sainte Walburge, dans la rue du même nom. C’est à 100 mètres de la ferme des Enfants, fin de  notre balade (pour ceux et celles qui veulent : il y a à boire et à manger).
A part cette ferme, il y a deux autres points forts dans cette balade : la cité Naniot, et le Parc de la Paix.
Chaque deuxième dimanche du mois, il y a un rendez-vous à 9h30 devant MPLP et à 10h pile au point de départ effectif, ici donc à Ste Walburge.

Eglise Sainte-Walburge

Cet édifice de style néo-gothique est de 1879, à l'emplacement d'un précédent sanctuaire élevé en 1614.  Voici la description du bâtiment de l'architecte Joseph Rémont dans l’Inventaire du Patrimoine Immobilier Culturel (IPIC): « Plan en croix latine, présentant une tour occidentale, trois nefs de quatre travées, un transept et un choeur fermé par une abside à cinq pans. Maçonneries en moellons de grès et calcaire. Baies en tiers-point, géminées aux nefs. Bâtières. A l'intérieur, arcades en arc brisé retombant sur des colonnes de calcaire; voûtes sur croisées d'ogives. Mobilier néo-gothique homogène. Fonts baptismaux datés de 1620, classés en 1986 ». C’est très jargon architectural, mais retenons que cette église a un charme certain.

Malgré Napoléon, une concession à perpét pour la famille Orban

Autrefois, un cimetière ceinturait toute l'église Sainte-Walburge. La loi républicaine française de 1801 interdit d’inhumer autour des églises. Un décret de Napoléon du 12 juin 1804 le confirme et Liège définit 3 nouveaux cimetières: Robermont, les Bayards (supprimé en 1816) et le cimetière de la  rue Naimette, supprimé en 1821. En 1874, un second grand cimetière (20 hectares) est créé de l'autre côté de la vallée : le cimetière de Sainte-Walburge. J’y ai organisé une balade sante. Voir mon blog http://hachhachhh.blogspot.be/2015/10/16ieme-balade-sante-de-notre-maison.html

En 1855, alors que la Ville de Liège envisage de fermer définitivement le cimetière autour de l’église de Sainte-Walburge, la famille Orban y demande une concession à perpétuité en échange de la cession de terrains avoisinants. Le cimetière paroissial restera encore vingt ans, et sera seulement désaffecté lors de la construction de la nouvelle église en 1878. Seul le monument Orban fut sauvegardé.
Mais qui est cette famille Orban qui a défié ce décret de Napoléon ? Ses origines sont modestes : Michel-Joseph Orban épouse vers 1779 une coiffeuse de renom.  Lui ouvre un commerce de parfumerie.  Il commercialise une pommade de sa composition qu’il dénomme « A la reine », une teinture, avant la lettre, pour cheveux, qui rencontre un grand succès. Il fit aussi une juteuse spéculation sur l’assignat et produisit de la chicorée.  En 1804, il investit dans l’industrie charbonnière et obtient la concession charbonnière de Bonne-Fin.  Nous sommes monté sur le terril de Bonne lors de notre 30 ième balade santé à Rocourt en mai 201.
En 1815, Orban se jette (avec de nouveaux profits) dans la spéculation immobilière au centre de Liège.  Il décède en 1833.
Son fils Henri-Joseph Orban-Rossius (1779-1846) possédait six charbonnages, deux fabriques d'acier, et beaucoup d'autres activités industrielles.  Il y plaça ses 14 enfants qui de plus se marièrent avec des membres d'autres familles " importantes" telle que les Lamarche, Nagelmackers et Simonis.  On retrouve ces Orban et apparentés non seulement dans les Conseils d’Administration de nombreuses Sociétés industrielles mais aussi en politique.
En 1840, sa fille Claire Orban épouse l’avocat libéral Walthère Frère, dit Frère-Orban. Grâce à la fortune de sa femme, Frère-Orban quitta le barreau pour la politique où il fut le défenseur des sociétés charbonnières, lui-même étant président de la S.A. de Bonne-Fin.  Fondateur du parti libéral en 1846 il en restera président jusqu'à sa mort, il fut ministre des finances pendant 17 ans et Premier ministre pendant 8 ans. C’est donc ce Frère-Orban qui obtient une concession à perpet devant l’église.
L’École Justin Bloom, devant nous, est de Joseph Lousberg, architecte officiel de la ville de Liège en 1889. Je n’ai pas réussi à avoir plus de renseignement sur le clos Petrus Stevartius, cet enfilement de maisons annoncées par un jardinet.

La Cité Naniot

Nous remontons par le Boulevard des Hauteurs dans la cité Naniot, dont le noyau primitif date de 1928-1930 : la Société coopérative «La Maison liégeoise» crée cette cité-jardin pour les expropriés de la rue Jamme en Outremeuse...
Mais les premiers bâtiments que nous voyons sont d’après guerre. Ce quartier fut construit en plusieurs phases, jusqu'après la deuxième guerre mondiale. Avec les immeubles de la Place Seelinger nous sommes dans les années 30. Cette place est reprise dans l’IPIC : « façades simples, hautes de trois niveaux, animées par les travées d'entrée créant des ruptures verticales dans la composition. Toitures en bâtière, excepté aux angles où des toitures mansardées et des pignons rompent la monotonie de l'ensemble et accentuent le caractère humain de l'architecture. Le centre de la place, planté d'arbres, a été récemment réaménagé ».
Via la Rue du fort de Lantin et la Rue Cdt Naessens nous arrivons dans la Rue Naniot, premier noyau de ce quartier charmant. On a cuit les premières briques à la briqueterie qui se trouvait à la plaine des sports de Naniot. On utilisait la terre argileuse de la colline de Naniot.
La nouvelle cité-jardin de 1921 répondait aux nouvelles normes en matière d'hygiène et de confort. Nous ne verrons qu’une partie : la cité se prolonge dans le boulevard Radoux et les rues avoisinantes. Puisqu’on est dans l’IPIC, je cite «un ensemble de maisons de style cottage, édifiées en 1930-1931 d'après des plans de l'architecte Melchior Jeurgen  En retrait dans des jardins, groupes de deux, trois ou quatre maisons, de deux niveaux, sous toiture de tuiles mécaniques à croupes, animées par des lucarnes rampantes ou en bâtière. Façades en brique, enduites à l'étage et percées de baies rectangulaire » (Rue Naniot 111-157 (impairs, 132-152 (pairs) et 260-282 (pairs).
Nous montons par ce qui reste d’un parc qui entourait un château. La chapelle remonte au XVIIième siècle, restaurée en 1924 par la Confrérie des Anges Gardiens. Cette confrérie a titillé ma curiosité. La Compagnie de Jésus se montra tou­jours très favorable au culte de l'Ange gardien, les Confréries seraient très nombreuses dans l'ancienne principauté de Liège. L'auteur de  L'Ange conducteur est le R.P. jésuite  Jacques Coret, arrivé à Liège en 1685 où il décède en 1721.
En 1683 paraissait à Liège L'Ange conducteur dans la dévotion chrétienne, ou Pratiques pieuses en faveur des âmes dévotes; avec une instruc­tion sur les grandes indulgences dont jouissent les personnes asso­ciées dans la Confrérie de l'Ange Gardien. Les éditions liégeoises de ce livre furent très nombreuses au cours du XVIIIe siècle, et l'un des libraires qui l'imprima fut Arnould Bronckart à l'enseigne de L'Ange Gardien (quoi d’autre ?), rue des Sœurs de Hasque.
De 1705 à 1707, de cet auteur, paraissaient à Liège en quatre volumes, sous le titre de La Maison de l'Éternité ouverte aux ver­tueux et aux pécheurs, tous ses  sermons, dénommés Étrennes, depuis 1662 jusqu’à celui de 1707. Dans la dédicace à l’Étrenne de 1696, faite à Liège, il décrit la fête qui eut lieu lorsque la statue de l’Ange gardien fut exposée solennellement au milieu de la nef de la cathédrale Saint-Lambert. Ainsi, grâce en grande partie au père Coret, Liège devint une des villes où la dévotion à l’Ange gardien fut très à l’honneur.
Cette chapelle fuit endommagé pendant la guerre 40-45, et restauré par la fabrique d’Eglise de Sainte Walburge qui en a profité pour la dédier à la Sainte Vierge… Il n’y avait probablement plus de confrères de l’Ange Gardien pour contester.
Via la Rue Peclers nous retrouvons le Boulevard des hauteurs.

Par le Chemin Michel Gobiet à Victor Hugo

Le Chemin Michel Gobiet nous ramène sur le Boulevard Victor Hugo. Notre écrivain décrit Liège «  gracieusement éparse sur la croupe verte de la montagne de Sainte-Walburge ». Un peu étrange quand même, quand on sait que sur cette croupe se trouve la citadelle. Il est néanmoins vrai que quand on regarde un peu cette carte de 1828 on peut s’imaginer qu’il y reste encore pas mal de cotillages. Et donc il ne ment pas quand il décrit la ville « entourée à perte de vue d’arbres, de collines et de prairies, avec encore assez de tourelles, assez de façades à pignons volutés ou taillés, assez de clochers romans, assez de portes-donjons comme celles de Saint-Martin et d’Amercœur, pour émerveiller le poëte et l’antiquaire même le plus hérissé devant les manufactures, les mécaniques et les usines. » (Le Rhin: lettres à un ami, 1842). D’où un siècle et demi plus tard trois étoiles pour le réseau de sentiers sur les Coteaux !  En 2011 il y a eu au Curtius  « Liège au temps de Victor Hugo ».

L’école Justin Bloom.

Nous nous arrêtons un moment devant une plaque sur l’école Justin Bloom.  
"JUSTIN BLOOM
OFFICIER RÉSISTANT A.S.
INSTITUTEUR COMMUNAL
À CETTE ÉCOLE
DONNA SA VIE POUR LA PATRIE
FUSILLÉ PAR LES ALLEMANDS
LE 4 SEPTEMBRE 1944"
Le Lieutenant Justin Bloom a dirigé un groupe de résistance "Vive" zone IV section Liège de l'Armée Secrète. Sa capture par les Allemands est dramatique: le Comte de Looz qui dirigeait le groupe trouvait que vu la grande quantité d'explosifs parachutés reçue, il conviendrait d'aider le groupe HOTTON, un service de sabotage qui travaillait dans le bassin métallurgique. Cela se fait par camion, monté par des gendarmes, ou pseudo-gendarmes belges, en tenue. Pas de chance: les boches les attendaient ! Julien BLOOM, pour sauver ses hommes, qu'il précédait en sidecar, revint sur ses pas. Il assura à l'ennemi que ses gendarmes n'étaient au courant de rien. Il sera fusillé à la Citadelle de Liège.
Une issue dramatique, d’autant plus quand on sait – après coup- qu’il y avait des indicateurs dans le groupe et que la stratégie de l’Armée Secrète était l’attentisme : ces explosifs qui ont coûté la vie à Justin Bloom étaient destinés à être stockés jusqu’à la libération. Je ne sais pas très bien non plus que penser de la grande naïvité de ces résistants, avec ces pseudo-gendarmes déguisés….
On retrouvera après la guerre le comte de Looz dans les milieux léopoldistes. D'après le livre "Qui a tué Julien Lahaut ?", le comte de Looz-Corswarem louait une annexe dans la propriété de la comtesse de Liedekerke de Pailhe où il hébergera Verbrugge qui probablement avait lancé une bombe fumigène lors de la prestation de serment de Baudouin 1°.
Quelques mots encore sur l’édifice,  « de style éclectique d'inspiration néo-Renaissance, construit en 1904-1905 d'après des plans de Joseph Lousberg. Sur un plan en U, ensemble de bâtiments en brique et calcaire sur soubassement de moellons de grès et calcaire. Façade de deux niveaux animée par trois avant-corps plus élevés, éclairés à l'étage par de larges baies à croisée en anse de panier. Autres baies rectangulaires à linteau métallique. Toiture en bâtière à faible pente ».

Le parc Jean Lejeune ou parc international de la Paix

Deux ronds points plus loin le Parc de la Paix
Ce parc est un ancien champ de détritus, propriété de la Ville. Il y a eu un éphémère projet immobilier dans les années 80. C’est devenu un lieu de loisirs et promenade. Mais cela a pris 30 ans. De 1982 à 1988, Brigitte Ernst est échevine ECOLO. C’est sous son échevinat que commence la création du Parc de la Paix, entre la rue Jean Haust, la rue de Campine et la rue Montagne Sainte-Walburge. Mais en 1987, la Ville de Liège était virtuellement en faillite et les travaux sont interrompus, laissant les lieux partiellement inaccessibles. Mais apparemment le projet était fort assez, avec sa disposition en terrasses, pour que les riverains demandent et obtiennent la reprise des travaux.
Le Parc de la Paix est inscrit comme zone centrale au Plan Communal de Développement de la Nature, un maillon important du réseau écologique communal en prolongeant le site des Coteaux de la Citadelle (même au niveau communication rien ne réfère à cette zone, ce qui est dommage). « Entièrement entouré de zones bâties, cet espace vert présente un aspect sauvage assez remarquable. Il est constitué d'une ceinture boisée au sud et à l'est, et d'une partie centrale ouverte occupant une sorte d'amphithéâtre orienté vers le sud-ouest, où s'étendent des prairies de fauche piquetées d'arbustes. L'une des espèces animales les plus intéressantes est un amphibien, l'alyte accoucheur (Alytes obstetricans), une espèce menacée. Ce parc communal est géré de manière extensive, les prairies étant traitées en fauche tardive ».
Je n’ai pas réussi à savoir pourquoi ce parc est parfois appelé aussi Parc Jean Lejeune. D’autant plus que Liège avait déjà un jardin Jean-Bernard Lejeune aménagé au début des années 1970, au-dessus du tunnel menant à l'autoroute A602-E25, avec sa Fontaine Sainte-Marie et sa sculpture L'Ombre, de l'artiste liégeoise Mady Andrien réalisée en 2002. Est-ce pour faire oublier les échevins Ecolo ? Si c’est ça, c’est raté, à mon avis, parce que personne n’associe Ecolo directement à la Paix.
Et de l’autre côté  j’aurais tout fait pour faire oublier l’échevin PS Lejeune qui est à la base du trou de la place Saint Lambert. Le plan Lejeune de 1968 prévoit de transformer la place Saint-Lambert en carrefour de voies rapides, Le projet d’une bretelle d’autoroute vers la Citadelle, c’est aussi Lejeune. J’apprends, en préparant cette balade, que ce projet de bretelle vers la Citadelle avait déjà connu un début de réalisation, avec l’expropriation d’une série de maisons dans la rue Ste Walburge au profit du promoteur immobilier Amelinckx. Sur le long amphithéâtre du parc, Amelinckx présente un projet. Pour élargir l’accès du futur hôpital de la Citadelle, le promoteur propose à la ville d’exproprier les maisons du côté gauche de la rue Ste Walburge. La société financerait les indemnités, élargirait la rue et bâtirait, sur la pente, un ensemble d’immeubles d’appartements (Sainte-Walburge... De rue en rue, Dusart Michel p.134).
Les propriétés ont été revendues après la faillite retentissante de ce promoteur immobilier…
Nous débouchons du Parc en haut de la Montagne Sainte Walburge. Jetons un petit coup d’œil sur le début du sentier qui va vers Favechamps, un autre triangle vert, qui débouché à 100 mètres de la Place Saint Lambert. Favechamps est aussi enfermé par le bâti que le parc de la Paix.

Le Théâtre Le Moderne

Nous prenons sur quelques mètres la rue Sainte Walburge. Sur notre gauche, le Théâtre Le Moderne, créé en 1985 dans un ancien cinéma du quartier  de 1928. Il y a deux salles de spectacle, la grande d'une capacité de 120 places et la petite d'une capacité.  Le cinéma était inoccupé depuis le milieu des années 60. "C’était un cadeau empoisonné mais heureusement, ceux qui l’ont accepté avaient le feu sacré, nous dit Claire Heuskin, en charge des relations publiques. Il y avait alors un foisonnement de troupes de théâtre amateur et la Ville de Liège avait sélectionné plusieurs sites dont elle s’était rendue propriétaire. Elle a proposé cet immeuble avec un bail emphytéotique et l’obligation de tout remettre en état".
Tous les deux mois, le cafétéria du Moderne accueille une exposition de photographie sous la houlette de l'association de photographes « Priorité à l'ouverture ».

L'ancienne voie médiévale de Liège à Tongres

La rue Sainte Walburge est le point de départ de plusieurs axes routiers importants. Sur notre gauche la Vieille Voie de Tongres qui se dirige par la rue de l’Arbre Sainte Barbe vers Juprelle (et Tongres !). Dans le prolongement de la rue Sainte Walburge la Chaussée de Tongres qui remonte lui à 1712 quand les Etats de Liège projettent une chaussée pavée de Liège à Tongres d’une largeur de 60 pieds. En 1725 commencent les expropriations. En 1740 Li grande paveye était prête. Louis XV y passe en 1747 lors de sa visite du champ de bataille de Rocourt.
En parallèle à la vénérable Vieille Voie de Tongres l’autoroute roi Baudouin a été commencée en 1956 et achevée en 1964.
Pour être complet, la p’tite paveye reliait Ans à Glons. C’est aujourd’hui la rue François Lefebvre et la rue Provinciale.
De ces trois axes il n’y a que la Vieille Voie qui ne connait pas des problèmes de mobilité. Si ce n’est des problèmes de parking pour les riverains (stationnement alterné).

L’Impasse de Vottem

Je tiens à voir pour mes balades santé 100 mètres sur Herstal. C’est pourquoi nous prenons la rue de Vottem sur notre droite, et ensuite l’Impasse de Vottem sur notre gauche. C’est un lieu très bucolique. Sur une carte de 1879 le fond des Tawes s’appelle rue du fond de Rouwa.  Lors de ma reconnaissance je n’ai pas retrouvé ce ruisseau, et encore moins ce qui reste du moulin Picha. Le ruisseau des Tawes (ou Roua) disparait très vite dans les égoûts jusqu’au moment où un orage rappelle son existence.
Nous avons une vue unique sur ce qui reste des cotillages (je préfère hortilonnages) entre Ste Walburge et le Thier à Liège. L’impasse de Vottem n’a pas volé son nom : elle débouche sur  un ancien chemin vicinal qui est aujourd´hui tombé en désuétude comme d’ailleurs le chemin n° 33 qui relie le bas de la rue de Vottem à la rue de la Chaîne et qui existerait encore sous la forme d´une servitude. Mais le passage est repris dans une balade éditée par le Tourisme de Liège et sur la carte outdoors de viamichelin. Au Boulevard Fosse Crahay on m’a montré la grille qui ferme le passage. Je serai tenté de demander le passage, ou au moins envoyer une remarque au service de tourisme de Liège pour qu’ils interviennent pour fair restaurer cette servitude.

La Ferme des enfants

Le marché d'hiver de la Ferme des Enfants tombait pile poil pour un bel aboutissement d’une balade santé. Créée en 1987, la Ferme des enfants organise, depuis 1994, des activités scolaires et extrascolaires axées  sur la découverte de la vie à la ferme (les soins aux animaux, le jardinage du potager et du verger, la filière du lait, ...),  l’alimentation saine (la fabrication du pain, du fromage, ...), la connaissance de la nature (la vie de la mare, la découverte des arbres et des arbustes, ...), la protection de l’environnement (la fabrication de papier recyclé, le tri et le recyclage des déchets ménagers, le compostage, ...).
A l’arrière de la Ferme, sur une superficie de 25.000 m², l’arboretum et la mare sont utilisés pour les activités de découverte de la nature et les animaux sont gardés dans des enclos et une grande pâture.
Bibine la truie, Breugel l’âne, Titus, le double-poney.
Christine Mélon : «Les groupes scolaires ne sont pas du tout les seuls à venir. Nous avons des anniversaires pratiquement tous les mercredis et week-ends, les stages durant les vacances scolaires, divers ateliers, depuis quelque temps les dimanches en famille, etc. Il y a toujours de l’animation
La Ferme des enfants au n° 48, Vieille-Voie-de-Tongres figure à l’inventaire du patrimoine monumental de laBelgique : « Ancien bâtiment agricole datant du 17e siècle, en brique peinte et calcaire, très remanié. Accès par un large porche cintré à clé. Percements constitués de baies autrefois à croisée, de la fin du 17e ou du début du 18e siècle, ou de grandes baies rectangulaires datant de la fin du 18e et du 19e siècle. Bâtières à croupes ».

Ste Walburge et sa Fête des Fous

En sortant de la ferme par la Vieille Voie de Tongres, vous passerez peut-être devant le local de la Fête des Fous.  Au Moyen Âge, la Fête des Fous était célébrée le jour des Saints-Innocents. On l’appelait également Fête de l’Âne, des Sous-Diacres ou encore des Libertés de Décembre. « Un carnaval pour les impatients,  où tout devenait cul par-dessus tête: les misérables prenaient le rôle des puissants, les pauvres jouaient les riches et on faisait la java», explique Vincent Brichet, «pape des Fous» de Sainte-Walburge, président de la confrérie du même nom. «Qui était puissant à l’époque? L’Église, évidemment. Du coup, elle a entrepris de mettre fin à cette tradition.» Dans les années 1970 quelques habitants du quartier Sainte-Walburge la remettent au goût du jour. Cette fête début septembre est la deuxième fête populaire de quartier de la Cité ardente (40000 personnes, s’il te plait), la première restant bien entendu celle du 15 août en Outremeuse.. « Nous recevons nos édiles à la Fête des Fous et nous les brocardons. Cela se fait gentiment, maintenant. Mais au Moyen Âge, c’était quand même du costaud», sourit Vincent Brichet. Lors de cette Fête il y a aussi le Jogging des Fous, les Auberges Espafolles, la parade, la marche aux flambeaux etc.

Sources

https://www.i6doc.com/fr/book/?GCOI=28001100253230 Sainte-Walburge... de rue en rue
Michel Dusart. C’est un long récit : une voie traversait déjà le site à l’époque gallo-romaine, avant même la naissance de Liège. Du lieu "Sainte-Walburge", on trouve la première trace écrite en 1078. L’appellation "faubourg" n’a été officiellement supprimée qu’en 1877.
http://www.faubourgwalburgis.be/media/echo/Echo20.pdf Il suffit de changer le chiffre 20 pour consulter tous les numéros