lundi 12 novembre 2018

Joseph Rulot et Jules Brouns : deux sculpteurs avec des attaches herstaliennes très fortes


Le Monument du Souvenir du cimetière de Rhées est signée Jules Brouns «qui s'est scrupuleusement inspiré de l'ébauche que Rulot malade avait modelée dans les derniers mois de sa vie ». Cet œuvre est ainsi un témoignage vivant de fidélité en complémentarité entre maitre et élève.
Elle avait été commandée dès octobre 1914 à Joseph Rulot par le Comité de l'Œuvre du Souvenir. La maquette était déjà achevée le 14 novembre. Mais vu la présence des allemands, le monument sera inauguré seulement en 1920. Le comité du monument réunit les fonds nécessaires par une souscription à Herstal qui vote aussi un subside communal de 22.500 F.
La figure du Souvenir relève incontestablement du style de Rulot – même si elle est signée  Brouns. Brouns spécifie lui-même avoir voulu respecter l'ébauche de Rulot : « Celui-ci n'entend pas être autre chose que l'exécuteur matériel de l'œuvre, dont la conception décorative est entièrement due à son maître regretté. Il s'est scrupuleusement inspiré de l'ébauche d'ailleurs très nette et très vivante que Rulot malade avait modelée dans les derniers mois de sa vie ».
La stèle est du grand architecte Paul Jaspar, qui dira de Rulot : « Esquisseur, il demeura toute sa vie, lâchant la proie pour l'ombre ».
Et  lors d’une conférence à l'Académie royale de Belgique en 1931: «passait pour un paresseux parce qu'il n'avait jamais exposé, avait trop travaillé, trop rêvé». Rulot est un éternel insatisfait : «rêvant de grandes choses, qu'il réalisa rarement de façon définitive, parce qu'il voulut améliorer, préférant le recommencement à l'achèvement d'une œuvre qu'il jugeait imparfaite. S'il nous reste quelque chose de lui, c'est à ses amis qu'il le doit : sans eux, rien ne subsisterait. Sa modestie s'est opposée à son triomphe ».
Modeste, il l’était. Paresseux, il ne l'était pas. Ainsi, il avait réorganisé la section de sculpture à l'Académie, se dépensait sans compter pour ses élèves, ce que ceux-ci appréciaient, et les intéressait par sa culture. Tous cependant, s'accordent à le trouver rêveur. C'était également un bourru, adversaire des mondanités. « Rulot en redingote, avec sa tête de Christ ravagé... un col et une cravate !... »
Pour certains, le sculpteur, une fois satisfait de l'ébauche en terre, se désintéresse de l'achèvement : « Je fais, refait, ‘rerefait’ ». Je crois qu’ils se trompent : ce n’est pas spécialement un désintérêt, c’est plutôt une question philosophique : à quel moment une œuvre est achevée ? La Pietà Rondanini est une sculpture en marbre de Michel-Ange. Un musée au Castello Sforzesco de Milan est dédié rien qu’à cette oeuvre. Michel-Ange y travaillait encore six jours avant sa mort, survenue le 18 février 1564. Mais qui oserait affirmer qu’elle est inachevée ?

Rulot et son exécuteur testamentaire Brouns

Qui était Joseph Rulot ? Le 29 janvier 1853, Madame Rulot met au monde deux enfants, Joseph-Louis et Maria. Le père destine son fils à la carrière d'artisan tailleur de pierre. Joseph s'inscrit à l'Académie royale des Beaux-Arts de Liège en 1871 où il suit les cours jusqu'en 1881. Brouns explique commen «Joseph Rulot continua après ses études artistiques l'exercice de sa profession de sculpteur sur bois, qu'il tenait de son père ; poursuivant le long apprentissage de statuaire dans des conditions très difficiles; souvent ne pouvant étudier qu'après une longue journée de dur labeur, il sut acquérir les connaissances indispensables ».
En 1904, il est nommé professeur de sculpture à l'Académie. L'artiste est un temps membre de la Commission administrative du Musée des Beaux-Arts. Mais Rulot expose peu car « il s'est tenu à l'écart avec une rigueur qui n'a pas manqué de desservir sa renommée ».
Dès 1907, il est confronté à des ennuis de santé. Maria s'occupe de lui : «sœur dévouée et admirable, elle adorait son ‘Joseph’, sacrifiant sa vie, simplement, au ‘bourru bienfaisant’ ». Rulot s'éteint à Herstal le 16 février 1919.
Jules Brouns reprend en 1919 son atelier, au 28 de la rue Derrière Coronmeuse. Il voulait « laisser croire, et rien de plus, qu'il était l'exécuteur testamentaire de son vénéré maître Joseph Rulot ». Il mène à bien plusieurs commandes de Rulot, sur base des esquisses du maître, notamment le monument de Rhées.
Comme Rulot, Jules Brouns est d'abord tailleur de pierre avec son père. Il s'inscrit à l'Académie royale des Beaux-Arts où il reçoit l'enseignement de Joseph Rulot. Brouns est ensuite professeur de modelage et de dessin.
À l'inverse de Rulot, il va jusqu'au bout de ces réalisations. « Il taillait lui-même ses marbres et regrettait de ne pouvoir couler ses bronzes ; lorsque ceux-ci revenaient de chez le fondeur, il y travaillait encore pendant des heures ». Le sculpteur décède à Herstal le 26 septembre 1971. Il fut membre fondateur du Musée communal.

Monument à Oscar Beck, 1903

Je n’ai pas trouvé des indications directes, mais sur base du peu que je sais de lui, cela me semble évident que ce soit Rulot, avec sa tête de Christ ravagé, et la fibre sociale, est choisi  pour le Monument Oscar Beck (1903) au cimetière de Foxhalle à Herstal.
En 1875 Oscar, jeune militant de la première Internationale, travaille à l’administration communale de Liège où il est suspendu avec privation de traitement suite à son activité militante. Il tombe gravement malade en 1891 et s’établit à Herstal où il meurt en 1894, à l’âge de 44 ans. « D’un désintéressement absolu, il consacra un certain nombre d’heures à gagner son pain quotidien. En dehors de ce temps, il refusait tout travail rétribué, pour consacrer son temps à la diffusion de ses idées ».
Oscar Beck était un ami intime de Célestin Demblon. Il attribuait l’origine de sa pleurésie qui amena sa mort au refroidissement à la sortie d’un meeting au casino Charlemagne, avec Demblon.  La patronne du Casino qui se rend compte qu’il s’agit d’un meeting révolutionnaire fit couper les gaz en criant : ‘c’est des moudreus dai ! C’est des assassins ! ‘. Faute de lumière, la salle fut évacuée (Collart-Sacré, La Libre seigneurie de Herstal, tII).
Beck avait tellement de sympathie auprès des travailleurs que le  Conseil communal lui attribue une concession gratuite en avril 1896, malgré sa courte présence à Herstal. Le monument a été payé par souscription auprès des sympathisants socialistes qui, je suppose, désignent le sculpteur. On peut d’ailleurs penser, à partir de commandes comme un projet de façade pour la Populaire à Liège et une Marianne (1987 (?), détruite) pour la Maison du Peuple d'Angleur que Rulot était fort proche du jeune Parti Ouvrier.
Le Conseil donne aussi son nom à la place en décembre 1913.
Sur un impressionnant socle cubique en calcaire portant l'inscription « A la Démocratie, à Oscar Beck », se dresse la figure en bronze. Le vent prend doucement dans la robe et dans le manteau. Cet effet de vent une constante de l'esthétique de Rulot. Rappelons-nous la statue du Souvenir du cimetière de Rhées.
Herstal a encore une rue Oscar Beck derrière le terril de la Petite Bacnure. http://www.ecole-jacques-brel.be/Historique.html  En 1972, Jacques Brel tourne en Belgique «  Le Far West » sur la place Oscar Beck qui deviendra en 1974 la place Jacques Brel et qui donnera son nom à cette école fondamentale communale située dans le quartier de la préalle-Bas à Herstal.

Place Licour

En déhors de ce monument de Rhées, Brouns a sculpté aussi le monument érigé en 1932 place Licour en souvenir des combats qui eurent lieu de la rue Clawenne à la place Licour le 6 août 1914. Ici c’est bien son style, avec des lignes plus raides. Le relief rappelle La Marseillaise de Rude, sur l’arc de triomphe de l’Étoile à Paris. Sa stèle peut être rapprochée du phare à la statue d’Albert Ier de Marcel Rau, sur l’île Monsin  Le banc de la Liberté, conçu par l'architecte Sluse, commémore la Deuxième Guerre.

Le Monument à Nicolas Defrecheux 

L'idée d’un Monument à Nicolas Defrecheux  est lancée en 1895. Jamais réalisé, il marquera pourtant un demi-siècle de la vie artistique liégeoise.
La concurrence était rude. Il y avait plusieurs candidats. Le jury se réunit la première fois le 3 novembre 1895 et constate que seul Rulot a achevé son projet. Rulot accepte d'octroyer un délai supplémentaire aux autres. Le 24 novembre huit projets sont sur la table, dont un d'Oscar Berchmans et de Léon Mignon, pour ne reprendre que les plus connus. Le projet de Rulot est adopté à l'unanimité. L'Avant-Garde, présidé par Gustave Serrurier, consacre un souper mensuel à Rulot : ce sera le banquet Rulot.
Modèle du monument à Defrecheux  
Trois des artistes lésés, Berchmans, Mignon et Bouhon, mauvais perdants, adressent une lettre ouverte à la presse.
C’est Rulot qui prononça en 1905 un discours au Congrès Wallon, l'une des manifestations officielles de l'Exposition universelle de Liège.
Une commission technique préconise l'édification du projet au bord de l'étang d'Avroy dans l'axe du pont de Commerce (aujourd’hui Albert Ier), mais le Conseil communal rejette cet emplacement. La Commission demande l'érection d'un gabarit qui est promené un peu partout. Un commissaire propose même qu'on mette alors le monument sur roulettes et qu'on le promène partout.
Le Conseil décide en 1908 de placer le monument au parc de la Boverie. Mais les ennuis ne viennent que de commencer. Le Conseil communal discute une journée entière de la valeur artistique de la maquette et Joseph Demarteau, directeur de la «Gazette de Liége» (propriété de l'évêque Mgr Van Bommel, le journal a connu quatre générations de Joseph Demarteau à sa direction) partit en guerre contre la nudité de la Fantaisie
Le projet connait littéralement des hauts et des bas : initialement prévu à 6 m (une note de frais de 1902 donne une hauteur de 435 cm pour la Légende, 6 mètres pour le massif central et des dimensions au sol de 750 x 525 cm) ; un second projet de 1908 monte à 9 m. A la suite de la décision d'ériger le monument à la Boverie, Rulot, en raison de la grandeur des arbres, veut arriver à 12 m.
Une note de 1922 prévoit 34 figures dont 5 moutons.
La Légende, Boverie. 
Rulot voulait son monument en pierre de Meuse, les figures principales devant être en bronze. Mais en 1907, une seule statue était encore prévue en bronze : la Poésie, en haut du monument
Evidemment, le style de travail de Rulot n’est pas de sorte à arriver à une unanimité. Rulot, toujours insatisfait, recommença souvent telle ou telle figure, voire toute la maquette sans prévenir le Comité et sans respecter les délais. Jaspar raconte la visite de 1911 du Comité au moulage au 1/3 de la grandeur chez Rulot.: « je vois sa maquette entre ciel et terre, telle qu'il l'a travaillée : sa masse pèse sur le vide entre les tréteaux qui supportent la selle ; Rulot trouve tout cela naturel. Nulle coquetterie dans la présentation : c'est son travail dans sa plus simple expression ; difficile de le persuader qu'un monument sans base, c'est un tableau sans cadre !... ‘N'as-tu rien pour boucher ce vide ?’ ‘J'ai ce qu'il faut’, dit sa sœur, qui va chercher deux couvertures de laine, rouge vif... Du papier d'emballage ferait mieux notre affaire ; on en trouve et nous voilà clouant. »
En 1912  on est près du but : Jaspar termine le cubage de l'appareillage et fournit la documentation en vue de l'adjudication. En 1914, la Commission des Beaux-Arts se rend à l'atelier de Rulot pour examiner la maquette définitive, mais quelques jours plus tard, c’est la guerre.
Rulot meurt en 1919 sans avoir réalisé son monument. Son légataire universel, Jules Brouns, accepte de poursuivre l'œuvre. Le comité reprend son travail la même année et sollicite de nouveaux subsides, en vue de l'érection pour le centenaire de la naissance de Defrecheux, en 1925. La maquette est exposée au Salon triennal de 1921. J n’ai pas réussi à savoir ce qui a fait capoter cette nouvelle tentative.
En 1937 est évoquée l'idée d'ériger le Monument pour l'exposition internationale de l'eau de 1939, face au pont de Coronmeuse. Le projet avorte.
La légende- ébuache
En 1945, le bourgmestre Grusselin rend encore visite à Brouns mais le 16 janvier 1946, la Commission communale des Monuments et des Sites rend un avis négatif. La maquette – plâtre – du projet définitif – 165 cm – est conservée au Musée communal de Herstal.
Léon Souguenet, co-fondateur du Pourquoi Pas ? en 1910, vanta un jour le moulage de la statue représentant la Légende, il y vit l’âme wallonne et déclara qu’à elle seule cette statue suffisait.
La Légende qui se trouve dans le parc de laBoverie est un des seuls statues exécuté à une taille ‘statue’. Il y a évidemment encore pas mal de vestiges des multiples maquettes. Elle certes beaucoup plus petite que la taille de douze mètres (!) prévue à l’origine, elle fut sculptée dans la pierre à partir d’une maquette de Rulot en 1956 et installée à son emplacement définitif au milieu des années 1960. La statue est évidemment dénaturée de sa signification première. Elle devait au départ faire partie d’un ensemble de quatre figures allégoriques (La Légende, La Poésie, La Fantaisie et La Naïveté) et de divers personnages issus des poèmes de Nicolas Defrêcheux, ainsi qu’une fontaine et un portrait en médaillon du poète.

Ceci dit, l'idée à la base du monument explique peut-être le peu de succès de la souscription publique en dehors de la Cité ardente. Même si Lèyîz-m’ plorer était devenue en 1854 en peu de temps un immense succès populaire . Certains y voient une adaptation d’un air en vogue, extraite de l’œuvre Gastibelza, sur paroles de Victor Hugo et musique du compositeur français Hyppolite Monpou chanté ici par Brassens.
Balayant les vieux préjugés qui perduraient à l’égard du wallon, Leyîz-m’plorer est la première chanson à exprimer en wallon une véritable poésie lyrique Après tout, l'œuvre de Defrecheux se résume à un ouvrage de 200 pages. Il y eut d'ailleurs à Liège un Comité du Monument aux Poètes wallons qui entra en concurrence avec le Comité du Monument Defrecheux.
Rulot tint en tout cas la Ville pour responsable de l'échec du projet. Aigri, il écrivit dans son testament qu'il lègue tous ses biens à son élève Jules Brouns et stipula qu'aucune de ses œuvres ne pourrait entrer dans les collections de la Ville : « n'ayant pas été désiré de mon vivant, je suis inutile après ma mort ». Sa volonté fut respectée tant par Jules Brouns que par la donation Brouns.

La Dame Blanche

Brouns a évidemment aussi ses œuvres à lui, comme La Dame blanche ou une des deux statues surplombant l’auvent de la cour du Lycée Léonie de Waha.
La grande statue inaugurée le 21 septembre 1952, qui domine la rue Fond des Tawes, est sa main. La maquette est exposée au Musée de Herstal. Ce  n’est pas la Vierge mais la Dame blanche, le nom du réseau de résistance de Walthère Dewé, chef du réseau durant la Première Guerre et abattu par les Allemands durant la Seconde. Le mythe de ‘La Dame blanche des Habsbourg’ annonce la mort prochaine d’une série de Habsbourg, un rève de Dewé qui se réalisera en 1918 : le 11 novembre Charles François Joseph de Habsbourg-Lorraine signe sa renonciation au trône au château de Schönbrunn, scellant ainsi la fin de plus de 600 ans de règne des Habsbourg sur l'Autriche.
En 1889, un domestique aurait vu une dame blanche roder dans le parc de Mayerling la nuit du célèbre drame. L'archiduc héritier d'Autriche Rodolphe, fils de l'empereur d'Autriche et de l'impératrice Élisabeth, dite « Sissi », est retrouvé mort en compagnie de sa maîtresse, la baronne Marie Vetsera, dans son pavillon de chasse de Mayerling. Et apparemment, cette histoire trotte dans la tête de l'impératrice Sissi puisqu’elle prétendit, le 30 août 1898, soit 11 jours avant son assassinat à Genève, avoir vu distinctement la dame blanche la nuit. Mais le mythe remonte à l’empereur Charles Quint à qui une dame blanche serait la veille de sa mort. Au début du xvie siècle de nombreuses grandes familles aristocratiques européennes avaient leur dame blanche attitrée. On trouve des dames blanches attachées aux Habsbourg, aux Hohenzollern, aux Brandebourg, aux Bade…

Sources

Joseph Rulot et Jules Brouns Deux sculpteurs à Herstal.
L’article fait le point sur les œuvres et archives des Collections artistiques de l’Université de Liège : huit bustes et 14 reliefs. Il apporte quelques informations inédites puisées dans le volumineux dossier sur le Monument Defrecheux conservé à la Bibliothèque des Dialectes de Wallonie aux Chiroux à Liège
L’article est basé sur Art&fact, n° 12, 1993, p. 123-148.

http://www.koregos.org/fr/paul-jaspar-joseph-rulot/10875/ Paul Jaspar, Joseph Rulot, Bulletin de la Classe des Beaux-Arts de l’Académie royale de Belgique, 1931, 5ème série, tome 13, p. 88-103
Le sculpteur Joseph Rulot et le monument à Nicolas Defrecheux, Actes du LIIe Congrès de la Fédération des Cercles d’archéologie et d’histoire de Belgique, Cinquième Congrès de l’Association des Cercles francophones d’histoire et d’archéologie de Belgique, Actes II, Namur, s.d., p. 551-560.
Rulot, Joseph, dans Nouvelle Biographie Nationale, Académie royale de Belgique, t. 10, 2008, p. 325-327.
Corinne Godefroid, Une identité taillée dans la pierre. Le Monument wallon dédié à Nicolas Defrecheux, dans Enquêtes du Musée de la Vie wallonne, 2002-2004, n° 241-244, p. 307-346.

mardi 30 octobre 2018

Marche exploratoire Pied du Bois Gilles


15 novembre de 16 heures à 18h. RV maison Intergénérationelle, Place Hubert Sacré.

J’accompagne ce jeudi 15 novembre une marche exploratoire au Pied du Bois Gilles, avec le comité de participation Préalle Haute. Rendez-vous à 16 heures devant la maison Intergénérationelle, Place Hubert Sacré.
Le hasard a attribué ce hameau à notre comité de participation Préalle Haute. C’est un coin charmant et plein de points d’intérêt. Nous découvrirons en avant-première le passage sous voie en face du café de la Petite Bacnure (café qui pourrait, pour ceux et celles qui le souhaitent, être le point de chute de notre marche). Nous verrons l’avancement du Ravel Rail et nous rebaptiserons deux bouts de rue coupés par le chemin de fer.

La rue des Italiens.

Nous commençons par la Rue Emile Vinck. Ce Vinck a été président de la Société Nationale des Habitations à Bon Marché, mais cette rue créée en 1949 a été surnommée longtemps "la rue des Italiens": les maisons sociales ont été louées en priorité à des ouvriers mineurs, suite au protocole Italo-Belge de 1946, une "contribution de l'Italie au relèvement de l'Europe, en compensation de quoi l'Italie recevra du charbon belge proportionnellement au nombre de travailleurs italiens engagés dans les mines belges". 

La chapelle ‘Vierge de pauvres’ et un architecte prestigieux, Louis Herman De  Koninck,

La chapelle ‘Vierge de pauvres’ a été construite sur le même modèle préfab qu’un tas de maisons sociaux construits dans le cadre des programmes CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier). Il y a eu en Pontisse une église provisoire construit sur le même modèle. A la Préalle le provisoire dure toujours. Ces maisons système Thirifay remontent à l'exposition internationale de 1930 : dans le cadre d’un concours d'habitations à bon marché on a construit au Thier à Liège 200 logements, dont une série par un architecte prestigieux, Louis Herman De  Koninck, à la base d’un système Thirifay.
Derrière l’église un ‘cold case’ : on y a retrouvé en 2012  Frédéric Dechesne, un Préallien de 39 ans, sauvagement assassiné de six balles et brûlé. Il faisait partie des motards du club " The Dead ". Des amis ont planté à sa mémoire un peuplier Avenue de Brouckère.
Le ballon rentrait tout seul dans le goal de l’ancien terrain de foot de la  Jeunesse Sportive Molise tout en pente. Molise est une région italienne jumelée avec Herstal.
Nous sommes ici sur le sentier n°86 de l’Atlas des chemins vicinaux de 1841, une succession de sentiers  allant des Hauts Sarts à Vottem.

Pied du Bois Gilles

Nous descendons la rue de la Baume, un terme houiller désignant une galerie creusée au pied d'une colline afin d'atteindre une veine de charbon. En dessous de nos pieds, un gruyère. Au Pied et dans le Bois Gilles se trouvaient les burs de Grise Pierre, Nanoux, Nicolas Wattar, Tirleau, Lagnot, Lambert Gaspar et aux Corbeaux.  Le bur Micha se trouvait à l'emplacement de l'actuel café de la « Petite Backeneure", déjà mentionnée en 1658.  La concession  de1830 s'étend sur 238 hectares.  Elle était limitée par le sommet du Bois Gilles, le Bouxthay, les fermes Jehaes, la rue de l'Agriculture, la place Laixheau et la rue Jean Lamoureux.
En 1920 il y a fusion avec la Grande Bacnure. En 1955 il y a 2012 ouvriers pour les deux sièges,.  Ce charbonnage arrêta son exploitation souterraine en 1971. En 1975 la belle-fleur s'écroule sous les coups des démolisseurs.
Le chemin de fer Liégeois-Limbourgeois coupe en 1863 cette rue en deux, ainsi que la Rue de la Buse
Le terrain communal du Pied du Bois Gilles accueille les forains expulsés du quai de l’Abattoir lors de la construction du nouveau hall omnisports.  25 parcelles d’une superficie de 168 m² avec un loyer de 200 € par mois. La convention prévoit que dès qu’il resterait moins de 12 familles, cette mise à disposition prendrait fin. Aujourd’hui nous sommes en-dessous. Ca vaudrait peut-être la peine de revoir cette convention, afin de donner un peu de sécurité juridique à ces forains.

La rue de la Buse

Au départ, cette rue n’était pas un coin perdu, mais un hameau ancestral. Du temps de Charles Martel, « le Rieu serpentait dans les prairies, longeant les vignobles et la forêt du Bois Gilles qui s’étendait en direction de Milmort. Près de la ferme-château du Patar le premier moulin sur le Rida. Un peu plus loin celui-ci reçoit les eaux d’une source au lieu dit ‘A la fontaine’, en contre-bas d’un groupe de six maisons en bordure d’un sentier venant de la rue de l’Agriculture. Cette fontaine a alimenté en eau potable les habitants de la Préalle. Bien avant la construction de la voie ferrée elle était pourvue d’un lavoir. Le cresson croit en abondance sur les deux rives de ce petit cours d’eau transparent comme un ruisseau de montagne».
Cette fontaine munie d'une buse (d’où le nom de la rue) était alimenté par une xhorre (exhaure ou araine de charbonnage). Elle débouche aujourd’hui dans le bassin d’orage. Notre historien local R.
Smeers conclut : «Malheureusement, cette riante vallée appartient au passé. Il n’en reste aujourd’hui qu’un groupe de six maisons expropriées et un bassin de décantation. La jolie fontaine décore une pelouse non loin de Herstal ».
Dans les années 50 on a exproprié des maisons pour un projet de la SRL qui n’a jamais abouti. Les égoûts sont pourtant là.

Ravel Rail

Nous devons nos Ravel-Rail à la Ligue des Familles qui a proposé en 2007 un Ravel-Rail entre la Gare d’Herstal et l’Esplanade St Léonard. Infrabel a continué sur sa lancée avec un autre tronçon entre la Gare et la rue Pied des Vignes. Et lors de la suppression des deux passages à niveau de la place J. Brel, on a crée un Ravel-Rail jusqu’à la place C. de Paepe qui se voit prolongé aujourd’hui jusqu’à la rue de la Baume.
Il y a néanmoins un petit problème : le tunnel cyclo-pedestre/PMR est infranchissable pour les Personnes à Mobilité Réduite et les cyclistes. Il est avec ses 27 marches impraticable pour poussettes, landaus et personnes à mobilité réduite (chaise roulante, béquille, handicap), ainsi que pour  un cycliste. Ils n’auront pas d’autre choix qu’à faire le détour par le pont routier à plus de 8 % de pente.

Sources

Sur le hameau ancestral de la fontaine j’ai fait un blog http://hachhachhh.blogspot.be/2017/04/herstal-le-hameau-ancestral-de-la.html
A Herstal, l'ombre d'un Empereur / par Alain Budin et Raymond Smeers ; dessins de André Namotte. - Herstal : La Charlemagn'rie, 1991. - 95 p. (N13996)

mercredi 17 octobre 2018

42ième balade-santé MPLP : Cointe et son mémorial interallié

vue d'en haut du mémorial

Nous reprenons pour nos balades-santé MPLP le deuxième dimanche du mois. Notre 42ième balade-santé du 11 novembre est à Cointe. Comme d’hab, il y a un rendez-vous à 9h30 devant MPLP et à 10h pile au point de départ effectif, Place du Batty, devant la brasserie Kleyer (prendre le ring sortie Guillemins ; monter la rue de l’Observatoire jusqu’à la place du Batty)..
Après 40 balades nous laisserons tomber le ‘principe’ d’avoir au moins 100 mètres sur Herstal. Pas que nous irons loin : au grand max une dizaine de kilomètres. Et Cointe s’impose  ce jour de commémoration de la fin de la Grande Guerre, avec son mémorial interallié. Voici en guise d’apéro mon blog publié en 2014. Un autre suivra sur le quartier de Cointe même.

Un hameau qui aiguise l’appétit

Cointe est resté longtemps un hameau bucolique: Rue du Batty 55, il y a encore une ancienne ferme du 17e ou du début du 18e siècle, en retrait dans un jardin.
L’avenue de la Laiterie réfère aussi à ce passé. Dès la fin du XIXe siècle, les laiteries sont à la mode dans les alentours champêtres de Liège. Avenue de la Laiterie 46, Villa de style villégiature teinté d'Art Nouveau, isolée dans un grand jardin joue sur ce thème avec d'originaux faux colombages à caractère décoratif sur les maçonneries enduites et peintes.
Je signale aussi Avenue de la Laiterie 10, intéressante villa de style moderniste élevée dans les années 1930 d'après des plans de Paul Petit.
La première gare des Guillemins avait pourtant été inauguré en 1842, grâce au plan incliné de l’Ingénieur Henri Maus, qui permettait de vaincre la dénivellation de 110 mètres entre Ans à Liège, qu’il faut effacer en 5 kilomètres, soit une pente de 28 %. Une machine à vapeur fixe fut pour cela installée à mi-distance sur un palier au lieu-dit le Haut-Pré. La descente, par un système de freinage renforcé prenait qui prend quelque vingt minutes ! Mais cette gare rendait plutôt l’accès au hameau par les chemins traditionnels que constituaient l’actuelle rue Albert Mockel et Saint-Maur plus difficile.
Ce coin champêtre connaîtra un formidable essor avec la fièvre urbaniste des années Blonden qui incite les promoteurs immobiliers à envisager une urbanisation du hameau.
plan de Blonden en 1880
En 1880, des promoteurs immobiliers proposent au conseil communal de Liège un projet d’avenue au départ des Guillemins. Ils proposent de céder gratuitement les terrains nécessaires au tracé de la nouvelle artère. La Ville accepte, à condition que les demandeurs s’engagent à assumer également les frais des travaux de voirie. C’est l’avenue de l’Observatoire.
Au N° 160, cette maison de style villégiature, construite vers 1900 d'après des plans de George Hobé en est une belle illustration. 
La nouvelle avenue est empruntée dès 1895 par la première ligne liégeoise de tramways électriques.

Un parc résidentiel privé.

Mais ce qui a marqué le quartier est la création d’un parc résidentiel privé (il est d’ailleurs toujours
le Val Benoît au XVIIIe siècle (gravure de Remacle Le Loup)
privé). A l’origine il y a la vente d’un bien noir, l’abbaye du Val Benoît, en 1797. L’année avant avait éte promulgué en Belgique la loi supprimant les corporations religieuses. Ces biens ecclésiastiques ou biens noirs sont vendus au profit de la dette de la jeune République. L’acheteur Pierre Joseph Abraham Lesoinne (1739-1820) a joué un rôle important dans la révolution liégeoise de 1789. Ces terrains arrivent à la suite dans les mains de la famille Hauzeur qui lance en 1876 un lotissement de 35 hectares pour un parc résidentiel privé de haut standing. Le quartier, en forme de cœur, ponctué par deux ronds-points, est tracé dans l’ancien «bois du Val-Benoît».
Pour donner un accès carrossable à ce parc résidentiel la famille van der Heyden a Hauzeur fait aménager à ses frais, de 1881 à 83, une route qu’elle nomme Avenue des Thermes, parce qu’elle mène à l’hôtel de ce nom construit en 1882. L’hôtel connait une existence éphémère : fermé en 1905, démoli, puis remplacé par une villa à l’usage de la famille Hauzeur. Est-ce pour cette raison qu’en 1931, ce tronçon a été rebaptisé du nom d’Étienne Constantin de Gerlache ?
Les avenues du parc sont au départ des chaussées empierrées, aux accotements de terre, mais déjà pourvus d’un éclairage au gaz. Les premières villas sont construites dès 1888.
Au square Hauzeur, à l’intersection des avenues de Cointe, des Ormes et des Platanes, le bassin était une réserve de 843 m³ d’eau en cas d’incendie, précaution voulue par la famille Hauzeur. Le bloc de quartzite est vieux de deux millions d’années.
Les ventes des 109 parcelles sont assorties de conditions précises: les constructions ne peuvent être érigées à moins de 10 mètres de distance des chemins, pièces d’eau, places ou pelouses. Les habitations doivent être distantes les unes des autres de 20 mètres au moins. Tout acquéreur doit avoir bâti une maison dans un délai de deux ans, les plans doivent être approuvés par le vendeur. En outre, les constructions suivantes sont interdites: lazaret, hôpital, manufacture, carrière. Il est également interdit, sauf autorisation des vendeurs, de transformer une habitation en café, restaurant, salle de bal, de concert. Les eaux alimentaires sont distribuées par la famille Hauzeur, par un système de captage d’eau dans le gravier de la Meuse remontée par une machine d’exhaure.
En bordure de ce square, Avenue de Cointe 2, la villa Art Nouveau L'Aube, construite en 1903 par et pour l'architecte Gustave Serrurier-Bovy (d’ailleurs sa seule construction connue). La façade ouest est agrémentée d'une mosaïque d'Auguste Donnay. Menuiseries d'origine. A l'intérieur, magnifiques décors d'origine, en partie conservés : dallage en mosaïques géométriques, cage d'escalier, placards, etc.
A mon grand étonnement, peu de bâtiments de cette époque ont été repris dans l’Inventaire du Patrimoine Immobilier (IPIC). Il y a cette imposante villa Avenue du Hêtre 2, caractérisée par la recherche du pittoresque dans l'agencement des éléments d'inspiration médiévale, avec notamment sa tourelle d'angle.
On ne s’en rend moins compte maintenant, avec les arbres plus que centenaires de ce parc de villas, mais ce quartier huppé avait vue sur usines de Sclessin qui connaît dès 1870 un essor industriel prodigieux. Je suppose qu’à l’époque cela n’était pas considéré comme une tare, puisque c’étaient leurs usines… Le charbonnage d'Avroy par exemple appartenait aux Hauzeur. Ceci dit, à la création de l’institut d’astrophysique, certains ont mis en doute l’utilité de faire de telles observations au milieu des fumées de l’industrie…

L’observatoire de Cointe, un des huit instituts scientifiques « Trasenster » (comme nos huit collégiales)

Le projet de lotissement de Hauzeur qui connaît quand même quelques difficultés à démarrer reçoit un formidable  boost avec l’Observatoire.
En 1879, le ministre Walthère Frère Orban (1812-1896) dote les deux universités d’État (Gand et Liège) d’une solide manne financière. L’Université de Liège construit ainsi entre 1881 et 1890 huitinstituts scientifiques, nommés Trasenster en l’honneur du recteur de l’époque: les instituts de Pharmacie, de Botanique,  d’Anatomie, de Physiologie, de Zoologie, de Chimie, d’électrotechnique et l’Institut d’Astrophysique à Cointe. Cet observatoire fut réalisé par Lambert Noppius à qui on doit aussi les instituts de zoologie, d’anatomie et de botanique.  Noppius avait succédé à Jean-Charles Delsaux comme architecte provincial et est comme lui dans le néo-gothique, avec une architecture castrale tardo-médiévale dénote un peu pour un observatoire, mais qui est plus à sa place dans l’architecture carcérale, comme par exemple, l’ancienne prison Saint-Léonard de Liège réalisée par l’architecte Josef Jonas Dumont.
Dans les années 1960 l’institut d’astrophysique se met à la mode de la technologie spatiale. Mais en 2001, le département astronomie déménage sur le campus du Sart-Tilman, et la Région wallonne rachète le site, déjà fort délabré, sans fixer un budget pour le restaurer. La Société Astronomique de Liège a notamment signalé la présence de mérule. Aujourd’hui, une mobilisation citoyenne de 25.000 personnes essaye de monter un dossier de classement au titre de monument. Mais des bruits de couloir font vent de l’implantation de plusieurs villas dans son parc, rasant au passage une partie des bâtiments, dont l’extension moderniste.

Le plateau de Cointe et l'Exposition universelle de 1905


Le plateau de Cointe reçoit un autre boost vingt-cinq ans plus tard, avec une annexe de l'Exposition universelle destinée aux manifestations agricoles (horticulture, floriculture), aux promenades, aux activités sportives et aux festivités de plein air.
Gustave KLEYER, bourgmestre de Liége à l’époque, aménage le boulevard dont le premier tronçon est baptisé Boulevard de Cointe.  Ce boulevard prendra le nom de son créateur, Kleyer, en 1921, quand ce dernier cessera ses fonctions de bourgmestre. Il fait partie d’un projet de création d’une
ceinture de 11 km de boulevards de Cointe à la Citadelle-Thier-à-Liège. Ce «boulevard de circonvallation» est aujourd’hui encore une pièce-clé du Plan Urbain de Mobilité. Le plan prévoit de construire un Belvédère sur le terril d’Avroy « montrant dans toute son étendue le magnifique panorama de la ville de Liège, l’enfilade de la vallée de la Meuse jusque Visé», selon le rapporteur Bouvy.
Le parc paysager de prestige est l’œuvre de Louis Van der Swaelmen. Cet architecte-paysagiste, fils d’un inspecteur des Parcs et Jardins de l'état, est délégué par son père  pour la conception des espaces verts de Cointe (65 ha) et du parc de la Boverie et son Jardin d'acclimatation. Pendant la guerre il élaborera le Park-system, la ville entourée de cités-jardins isolées par une ceinture verte. En 1922 il peut mettre ses idées en pratique dans les cités-jardins le Logis et Floréal, à Watermael-Boitsfort.

Des maisons ouvrières au boulevard Montefiore


A cette occasion aussi, un comité présidé par l’ancien bourgmestre de Bruxelles Charles Buls lance un concours d’habitations à bon marché. 25 maisons ouvrières seront construites dans une voirie créée pour la circonstance : le boulevard Montefiore (les N°s 2-32, près du GB actuel). Ces habitations dotées d'un grand confort pour l'époque sont dites « ouvrières » parce qu'elles représentent ce qu'on fait de mieux en matière de logement modeste. Ces maisons sont l'oeuvre de la Caisse générale d'Epargne et de Retraite, de la S.A. des Charbonnages d'Ougrée, la S.A. des Charbonnages de Mariemont et Bascoup, de la Vieille-Montagne, et de seize sociétés de construction de toute la Wallonie. Elles présentent un aperçu des variantes géographiques et typologiques de maisons ouvrières au début du siècle. Elles furent dessinées par vingt-deux architectes.
Il y a à Liège, au Tribouillet au Thier à Liège, une autre série de maisons-témoins, à l’occasion d’une autre expo en 1930, à l’occasion du centenaire de la Belgique. 200 logements, dans le cadre d’un concours d'habitations à bon marché. Les initiateurs étaient les membres belges des Congrès Internationaux d’Architecture Moderne (CIAM) et son antenne local le groupe l’Equerre.  Plus dans mon blog http://hachhachhh.blogspot.com/2013/12/thier-liege-la-cite-du-tribouillet-un.html
A ce concours, s’en joint un autre, pour la décoration intérieure et l’ameublement. Gustave Serrurier-Bovy, dont nous avons vu la villa, et qui avait déjà recueilli de nombreux compliments (et quelques critiques) pour sa "Chambre d’artisan" (exposition de la Libre esthétique, 1895), propose son mobilier Silex, l’Ikéa de l’époque. Jules Destrée s’enthousiasme pour son projet. Il souligne l’ "impression de fraîcheur, de santé, de joie et d’énergie"..

L’implantation du Mémorial Interallié

Un troisième boost est l’implantation du monument interallié, conçu par l'architecte anversois Joseph Smolderen, et les travaux qui débutent en septembre 1928 sur la colline de Cointe, et qui s'arrêtent, inachevés, en 1935. Je n’ai pas réussi à savoir en quelle mesure les rues qui y mènent sont contemporains à l’érection du Mémorial. Par contre, pas mal de bâtisses dans le parc privé repris dans
avenue des platanes 37
l’Inventaire du Patrimoine sont de 1930. Quelques exemples repris dans l'IPIC: Avenue des Platanes 37, Villa de style moderniste construite dans les années 1930 et signée par l'architecte Henri Snyers.
Avenue des Platanes 42, En retrait dans un jardin, maison de style moderniste en brique brune et calcaire, sur ossature en béton, construite vers 1935 d'après des plans de l'architecte P. Jacques.
Avenue des Platanes 49, Isolée dans un jardin, villa de style moderniste construite dans les années 1930. Volumes parallélépipédiques en béton peint. Dominant l'ensemble, volume d'angle plus élevé, primitivement occupé par un atelier de peintre et largement éclairé par une grande baie vitrée.
Avenue de Cointe 6, Villa construite dans les années 1930 par l'architecte P. Jacques.
Avenue de Cointe 12, à l'angle de la rue du Mémorial, maison de style moderniste construite dans les années 1930.
Je n’ai pas eu le temps de faire un aperçu du nouveau boost d’urbanisation du plateau de Cointe, en partie parce que déjà ainsi la balade est probablement trop longue. Mais ça en vaudrait la peine de travailler un peu le sujet.

Biblio 

L’Institut du Patrimoine Wallon, carnet du patrimoine 148, Brigitte Halmes.
Patrimoine cointois Brigitte HALMES. Publié dans Nouvelles du quartier et d'ailleurs
Un nouveau carnet du patrimoine de l’IPW consacré au patrimoine du quartier de Cointe 60 pages,
présente ce vendredi 8 décembre 2017 à la chapelle Saint-Maur.

https://urbagora.be/interventions/notes/l-observatoire-de-cointe-un-patrimoine-en-danger.html 29 août 2018, par Antoine Baudry historien de l’art, archéologue et doctorant à l’Université de Liège. Margot Minette est historienne de l’art, spécialisée en conservation-restauration du patrimoine culturel immobilier. Ils sont tous deux actifs au sein du groupe de travail Patrimoine Moderne de urbAgora et militent pour la conservation et la restauration de l’observatoire de Cointe
Bibliographie
http://labos.ulg.ac.be/memoire-politique/le-memorial-interallie-de-cointe-liege/ Carnets du Patrimoine sur le Mémorial interallié, 2014, par Jacques Barlet, Olivier Hamal et Sébastien Mainil.
http://www.ihoes.be/publications_en_ligne.php?action=lire&id=38&ordre=numero Hygiène, art et ordre social. Le confort du home ouvrier de 1830 à 1930 (analyse n°38, publiée le 18/12/2008)
Par Camille Baillargeon
En 2008, Liège honorait la mémoire de Gustave Serrurier-Bovy qui avait acquis une partie de sa notoriété pour avoir envisagé une certaine démocratisation du luxe de l’habitation. Avec e.a. l’ameublement d’une des maisons ouvrières construites à Cointe en 1905.
http://www.homme-et-ville.net/ressource/ressources/cointecr.pdf Historique du parc de Cointe: étude réalisée par l’asbl Homme et Ville en 2005 pour le compte de l’Echevinat de l’Urbanisme de la Ville de Liège, dans le cadre du programme de restauration et de rénovation des parcs publics.
Etude   sur   l’histoire   de   sept   parcs   liégeois