lundi 6 août 2018

40ième balade-santé MPLP : les sentiers, impasses et cul-de-sac de Vottem.


Les balades-santé MPLP, c’est normalement chaque deuxième dimanche du mois, mais pour la rentrée 2018-2019 nous ferons une double exception. Le deuxième dimanche de septembre, c’est Manifiesta ; et deuxième dimanche d’octobre c’est les élections.
Notre prochaine balade-santé se fera donc le dimanche 2 septembre. Comme d’hab, il y a un rendez-vous à 9h30 devant MPLP et à 10h pile au point de départ effectif, la Place Gilles Gérard de Vottem.
Vous vous rendez compte qu’après 40 balades on a +- fait le tour de Herstal et de ses environs. Pour la prochaine saison nous laisserons tomber le ‘principe’ d’avoir au moins 100 mètres sur Herstal. Pas que nous irons loin : au grand max une dizaine de kilomètres. Les communes environnantes. Tout en gardant le caractère de balade-commentée, nous essayerons de temps en temps de nous faire accompagner par une personne-ressource.
Nous avons choisi Vottem pour notre balade de septembre d’abord parce que l’inquiétude est vive parmi les Votemmois sur un réaménagement de leur place. Et dans ce cadre-là les Dear Hunters, ce couple d’urbanistes à la fibre sociale qui ont séjourné un mois sur la place de Vottem, ont flippé sur « les sentiers que l’on peut découvrir à Vottem et autour et qui contribuent vraiment à son caractère rural et offrent des pistes très intéressantes pour cyclistes et piétons ». Je cite leur rapport furtif qui a été retiré à la demande de la Ville. On nous promet une version officielle, en traduction légalisée (les Dear Hunters publient en anglais parce qu’il s’agit d’un projet européen).
Je suis très content d’avoir pu les aider et inspirer! Je cite leur tweet :
Discovering the smoking terril de la Petite-Bacnure with Hubert Hedebouw, the inspiring dad of politician raoulhedebouw . It was a pleasure to have such a great guide in herstal ! 
En attendant leur rapport définitif, voici un extrait de leur rapport éphémère : « Les pourtours de la place contiennent un élément très important, lié avec le caractère souhaité pour Vottem : les sentiers, la verdure, les champs et prairies. Si on connecterait tout ça, idéalement à travers la place, cela permettrait aux piétons et cyclistes d’y arriver de manière confortable. La place pourrait devenir le point de départ pour des balades et des circuits dans la zone rurale. Cela cadre parfaitement avec le caractère convivial de Vottem. Malheureusement les connections ne sont pas très bien organisées, malgré le fait que certains font partie d’un Ravel. Des meilleures et plus agréables liaisons entre ces sentiers peuvent certainement inspirer des gens à venir faire un tout dans et autour de Vottem».
Nous commençons donc la quatrième année de balades santé MPLP en explorant ces sentiers, impasses et cul-de-sac de Vottem.

Une église inachevée.

Nous commençons notre balade sur le parvis de l’église.  
Cette église Saint-Etienne est restée inachevée. La ‘faute’ à la Binamêye revolucion Liégeoise du 18 août 1789. Le chapitre de Saint-Lambert avait commencé en 1788 la réfection de cette ancienne filiale de l’église de Liers. En annulant le chapitre et autres ordres contemplatifs la révolution interrompit les travaux pourtant bien avancés.
Dans le cercle paroissial en face de l’église
la VRT a fait le 5 août 2014 un beau reportage sur un évènement qui a valu à Vottem les cimaises du musée In Flanders Fields à Ypres. 
Le 6 Août 1914, au cours d'une escarmouche, 22 Belges et 11 Allemands sont tués. L’abbé Crèvecoeur les enterre et  le photographe local prend des photos des soldats décédés, dans le Cercle
une des photos exposées à Ypres
catholique. Ces images évitent des représailles envers la population locale. Après la guerre, les 22 plaques de verre sont perdues. Ils réapparaissent sur un marché aux puces en 2003 où un couple néerlandais les achète et les présente au musée Flanders Fields.
Notons que cette église n’a jamais eu de parvis. On entrait par l’ancien cimetière dont l’entrée se trouvait à 4 mètres devant la porte de l’église et était fermée par une grille en fer. L’allée conduisant à la porte de l’église était bordée de chaque côté par un petit grillage métallique. En 1888 un nouveau cimetière fut créé au Pireux. La commune fit enlever les grilles et démolir le mur de gauche. La commune aurait voulu faire la même opération à droite, mais un certain Guillaume Grandjean qui y avait fait construire une chapelle pour sa fille s’y opposa (Georges Dehousse, Histoire de Vottem, 1981, p.384).
Ce parvis inexistant est aujourd’hui un lieu de rencontre, même si cela se passe au milieu de la rue. Et c’est logique : où veux-tu que les gens se retrouvent avant et après la messe, à moins de les faire sortir par la sacristie ? Et quand il y a une fête au Cercle les gens se retrouvent devant les marches de l’entrée, sur un trottoir pas très large. Des fêtes « associées la plupart du temps avec la consommation de sérieuses quantités d’alcool, tout en reprenant sa voiture ». Cette remarque est sur le compte des Dear Hunters sans doute moins habitués à voir des gens qui reprennent la voiture après avoir consommé des sérieuses quantités d’alcool…
Aujourd’hui les fêtards (et paroissiens) doivent faire attention aux bus et aux quelques rares voitures qui viennent de la gauche. Demain les bagnoles viendront de toutes les directions. Avec le plan De Ceuster, il y a des bagnoles qui se croiseront sur ce parvis et la situation deviendra beaucoup plus compliquée. Faut-il prévoir un rond point, ou l’aménagement d’un parvis qui mérite le nom ? Je n’ai pas la solution, si ce n’est qu’elle est dans la tête des usagers de cet espace, et ces solutions

Qui est ce Fernand Nicolay?

mausolée Nicolay
Nous empruntons la rouwale Ghuêye, aujourd’hui rue Ferdinand Nicolay. Il doit y avoir des rues Ferdinand Nicolay dans tout le royaume. Mais qui est ce Nicolay ? Il est né à Stavelot en 1772 dans une famille de tanneurs. Il tente sa fortune en Allemagne où il se livra au commerce des cuirs tannés et des denrées coloniales. Il parvint à acquérir une fortune considérable en spéculant. Sans descendance, il consacra son immense fortune à des actes de bienfaisance qui lui valurent honneurs et décorations. Plusieurs établissements, rues et places publiques portent son nom. Il fut inhumé au cimetière de Laeken. Il commande de son vivant son mausolée au sculpteur Fraikin qui le représente en  Laurent de Médicis, le penseur florentin de. Michel-Ange.
Nous rejoignons la rouwalle des Lombards via les Walles.  

Le vicinal 467A LIEGE - HOUTAIN-ST-SIMEON : un Ravel

Dans la rue Lombard la liaison Ravel Meuse – Ravel Liers utilise une section du vicinal 467A LIEGE - HOUTAIN-ST-SIMEON. L’assiette vers  Milmort-Station’ et  Liers-Fort-  Liers-Station Etat’ a disparu dans le zoning des Hauts Sarts, mais on peut reprendre la piste à  Fexhe-Slins-Anixhe. A Houtain-St-Siméon Station il rejoint un autre vicinal, la ligne 76. On y retrouve des beaux panneaux explicatifs. Plus dans mon blog fait à l’occasion d’une balade santé en 2015 
Ici se trouvait le terminus de deux lignes. L’autre aboutissait t à la Place Jean de Wilde, en faisant une boucle par le Charbonnage de la Batterie et la Vieille Voie de Tongres.
Le Réseau Autonome de Voies Lentes est réservé « aux déplacements non motorisés, et réunissant des conditions suffisantes de largeur de déclivité et de revêtement pour garantir une utilisation conviviale et sécurisée à tous les usagers de toute capacité».

Le Clos du Val

Nous ne suivrons notre Ravel que sur quelques centaines de mètres, pour remonter sur la place via le Clos du Val. Ce val est en fait la vallée du Rida. Ce ruisseau (rieu, rida) alimentait 9 moulins. C’est pourquoi on l’appelait jadis «Rieu des Mollins». Cette appellation est aujourd’hui sauvegardé dans le rue des Moulins.  Ce rieu était alimenté par deux branches: une dévalant de Vottem le long de ce qui est aujourd’hui la rue des Meuniers. Une deuxième vient de Milmort et est encore à l’air libre au Patar.
Ces deux rieux se rejoignent à hauteur de la place Beck. Et se retrouvent sous une voûte dans le fond des jardins de la rue Basse Préalle. La ferme-chocolaterie Charlemagne était au départ un moulin.
Ce rieu se séparait en deux au Bériwa. Le cours principal se retrouve en dessous de la rue Laixheau. En cas de grosses eaux une partie du débit passait dans le Faux Rieu.
Les Dear Hunters regrettent que le Clos du Val n’ait pas été intégré dans les plans de rénovation de la place : « cette liaison entre la place et le Ravel pourrait fonctionner comme un point de départ et d’arrivée agréable pour des balades récréatives, avec un café au départ et une glace à la fin. La seront trouvé dans une démarche participative….
Nous revenons sur la Place Gilles Gérard par le Clos. Sur l’emplacement de l’ancienne maison du peuple, se construit aujourd’hui la Médicale Le Rouby  qui se prétend «Le cabinet médical du XXI ième siècle ! ».
salle de l'Equipe
La salle de l’Equipe est située sur la place Vandervelde où l’on a prévu quelques places de parking. Le pavé qui longe la salle débouchait à l’époque rue Visé-Voie..  
Nous montons la rue Vandervelde, qui est prévu en sens unique.

La Croix Jouette = Juliette.

Nous remontons la rue des Champs pour prendre sur notre gauche la Ruelle Tridène, l’ancien chemin vicinal N°25.  Nous traversons la rue des Maraîchers pour rejoindre la rue des Bleuets qui se prolonge en sentier au-delà de la rue Croix Jouette. Djouwète est une forme archaïque de Juliette. Une dame Juwette des Brassines y avait planté la creu Djouwète.
Le lieu-dit as Cascognis était traversé par ‘li pazê d’Rôcou’ disparu aujourd’hui sous l’échangeur. Ce sentier débouchait au café du cheval blanc dans la rue du même nom, à Liers. Nous avons emprunté cette rue du côté Liers lors d’une autre balade-santé . C’est aux Cascogniers que le Louis Pirghaye (bourgmestre de Vottem de 1931 à 1964) fait construire  en 1933 par la SHBM de Herstal et des communes environnantes le premier lot de la Cité, avec la rue de la Cité, la rue de l’Emancipation, la rue de la Pépinière, rue du Champ des manœuvres et la place Joseph Wauters. Après guerre s’ajouteront la rue des Mésanges, des Arts, du Régent et des Héros.
Avec la cité Vottem dépassait les 5000 habitants, la barre pour devenir une commune ‘émancipée’. De 4.852 en 1930, la population monte à 5.156 habitants en 1931. La rue de l’Emancipation réfère à ça. Petit problème : le changement de catégorie se faisait sur base du dernier recensement général. Or, il y en avait eu un en 1930 et le prochain était programmé pour 1940. Suite à la guerre le recensement – et l’émancipation - a été retardé jusqu’en 1947. La commune compte alors 5.445 habitants.
La cité reçoit assez vite le nom péjoratif de Camp d’Braschaat’. Comme la petite cité du Pireux que l’on appelait ‘le camp de Beverloo’.
Les sentiers que nous retrouvons dans la cité sont typiques pour les cités-jardins, pour donner accès par derrière aux potagers, comme entre la rue des Mésanges et la rue de la Prévoyance sociale.  Comme le potager est passé de mode les sentiers ont tendance à disparaître aussi.  Heureusement qu’il y a de temps en temps de gens qui se rendent compte de la valeur de ce patrimoine.  C’est ainsi que l’on impose au lotissement prévu à l’emplacement de la caserne la restauration du sentier derrière les maisons de la rue de la Pépinière.

Le vénérable Atlas des chemins vicinaux de 1841

En 1934 un certain Edgard Renard édite « Toponymie de Vottem et de Rocour-lez-Liège » (avec deux cartes au 10.000e-Mémoire de la Commission Royale de Toponymie).
En transcrivant notre balade sur cette carte, nous sommes partis de l’église (il n’y avait pas de place, mais juste un arrêt du tram), pour monter le Tier aliète, so les walles, la rouwale Lombard, le vicinal, pour remonter par le pré l’vâ au tchéra (la rue Vandervelde), traverser Visé-voie pour monter au  creû Jouwette. Pour une prochaine balade je remonterai au vénérable Atlas des chemins vicinaux de 1841
(j’ai mentionné la Ruelle Tridène qui est l’ancien chemin vicinal N°25). Ce n’est pas par nostalgie du passé, mais parce que ce document est toujours la base juridique de la protection de ces sentiers. La Région Wallonne a décidé de l’actualiser, ce qui en soi est très bien. A cette occasion elle a appelé à une participation des citoyens. Le gros problème est que ce travail avance très peu et que petit à petit se crée ainsi un vide juridique qui risque d’engouffrer ces sentiers.

Sources

http://hachhachhh.blogspot.com/2018/07/marche-exploratoire-vottem.html
G. DEWALQUE, Nicolay (Ferdinand-Joseph), In: Biographie nationale, dl. 15, Brussel 1899, kol. 698-700.


lundi 30 juillet 2018

La barrière Wellington et ses forts attribués aux Britanniques


photo green window guillaume mora-dieu

Sur le site de la Chartreuse, le fort hollandais est probablement un des éléments patrimoniaux le plus menacé. Pourtant, ce fort fait partie de la barrière Wellington, un ensemble très intéressant de 21 forts, dont 19 en Belgique. Tous ces forts ont été construits à neuf, en démolissant les fortifications antérieures.
Ces forts sont érigés contre un ennemi imaginaire: la France républicaine. Les alliés ont remis LOUIS XVIII sur le trône. Celui-ci est choyé par le vainqueur Wellington. Ces forts ne sont pas dirigés contre lui, mais contre les révolutionnaires français qui pourraient relever la tête et rappeler un nouveau Napoléon. Une réédition de ses cent jours…
Ces forts sont d’ailleurs faits pour durer cent jours, construits sur deux lignes de pénétration des deux puissances censés contenir la France : la Prusse et l’Angleterre. Cette barrière se voulait la réponse aux guerres de  mouvement développée par Napoléon. Les 21 forteresses sont censées faire tampon en attendant l’arrivée des alliés. Le protocole militaire secret d’Aix-la-Chapelle de novembre 1818 stipula qu’en cas de guerre avec la France, les forteresses méridionales du pays devraient être gardées par une coalition anglo-prusso-batave (Revue belge de Philologie et d'Histoire Année 2013 pp. 1155-1186).
Les troupes britanniques devront débarquer à Ostende et Anvers et ensuite occuper les citadelles d’Oostende, Nieuport en Ypres, ainsi que les fortifications le long de l’Escaut, à l’exception des citadelles de Tournai et d’Anvers. Les citadelles van de Dinant, Namur, Huy et Liège et les forts de Charleroi, Mariembourg et Philippeville sont pour les Prusses. Les troupes hollandaises occuperaient en première ligne Menin, Tournai, Ath, Mons et Bouillon. Elles surveilleraient en outre l’embouchure de l’Escaut à Anvers et le passage de la Meuse à Maastricht et à Liège. Il s’agissait de constituer une immense place d’armes,  capable de recevoir au moment d’une guerre avec la France les troupes et le matériel nécessaires aux opérations alliées.
C’est la fin des forts bastionnés. On opte pour des structures triangulaires partiellement enfouies. L'approche s'inverse : on ne cherche plus à impressionner l'adversaire par la puissance de ses fortifications.
l'Escaut en 1832
Cette ligne Wellington faisait porter un poids démesuré sur le jeune Royaume Uni des Pays Bas. Ce qui explique que dès 1831, après la Révolution belge, un protocole secret reconnaissait la disproportion de la ligne Wellington eu égard aux faibles ressources financières et humaines du jeune Royaume. En 1848 une commission militaire désigne Anvers comme «réduit national » et le démantèlement de la plupart des autres places fortes activité. La réforme de 1868 fixa l’effectif nécessaire de l’armée sur pied de guerre à 100.000 hommes plus 30.000 de la «réserve nationale ». Or, 55.000 de ces hommes étaient assignés à la seule garde d’Anvers.
Donc, à peine achevée, cette ligne de défense qui avait engloutie des sommes considérables fut remise en question. Comme travaux inutiles, c’est un top mondial. Ce qui est pour moi un aspect à développer pour le visiteur.
Dans un blog précédent j’ai parcouru la ligne de pénétration de la Prusse. Ici nous regardons les deux ailes attribuées aux britanniques. Les troupes anglaises sont censés occuper les forteresses d’Ostende, Nieuport, Ypres, Ménin et celles situées sur l’Escaut  (Audenarde, Gand et Termonde) à l’exception de la citadelle de Tournai et de la place d’Anvers.

Ostende

Commençons donc par Ostende, premier point de débarquement des anglais. Napoléon avait construit deux forts pentagonaux: le Fort Impérial, aujourd’hui Fort Napoléon, et le fort Royal, qui deviendra le Fort Wellington. Sous Wellington, le Fort Impérial perdit beaucoup de son importance.
En 1865, Ostende fut relevée de sa fonction de forteresse et en 1883, le Fort Wellington fut en grande partie démoli. Le classement du fort comme monument par l’arrêté royal du 6 juillet 1976 n’empêcha pas ce déclin. De 1996 à 2012, la Stichting Vlaams Erfgoed (aujourd’hui Erfgoed Vlaanderen), s’est occupée de la restauration. Le Fort compte 100.000 visiteurs par an !

Nieuport

Nieuport - Redan 1918
A Nieuport, les remparts, qui avaient été démantelés par Joseph II en 1785, furent reconstruits en 1822, puis à nouveau démantelés en 1866, définitivement cette fois. Arthur Wellesley, le duc de Wellington, visitera les fortifications à Nieuport où les Français avaient déjà commencé en 1812, en avril 1815. Il le fera cinq années de suite. Il fait construire une poudrière dans le Grand Redan au nord du port. Le redan fut l'une des rares têtes de pont des alliés pendant la Première Guerre mondiale sur la rive droite de l'Yser, en face de l'actuel Kaai à Nieuport. Dans les années 1920, une partie de ce redan a été rénové pour attirer les nombreux touristes des champs de bataille. Finalement le redan est recouvert de boues de dragage.

Anvers

Une seconde ligne de pénétration attribuée aux Anglais part d’Anvers. La défense de ce port (redeverdediging) incombe au Royaume Uni des Pays bas. Logique : ce port doit être défendu avant leur arrivée ! En font partie les forts De Perel, Fort Burcht, Fort Isabelle, Fort Sainte-Marie. La défense de l'Escaut est complétée par la Tête de Flandre (Vlaams Hoofd) situé au lieu de l'actuel terminus du tunnel Sainte-Anne.
Devant ces trois ports (Ostende, Nieuport et Anvers) on a une première ligne de défense. En spécifiant que ce n’est pas une ligne continu mais plutôt des môles destinés à briser une offensive ennemie.

La citadelle de Gand

citadelpark gent -grotte mysterieuse
La Citadelle de Gand a été construite entre 1819 et 1831  à l’emplacement du fort Monterey de 1671 démolie en 1782. En september 1830 c’est la toute  jeune armee belge qui occupe le fort inachevé pour 12 ans. En 1849 le Bastion 5 explose quand un sous-luitenant artilleur se suicide en faisant exploser 65 fûts de poudre. En 1871 la Citadelle est transféré à la ville: 43 hectares et une circonférence de 2.5 km.
En 1877 on aménage la ‘Vallée Suisse’ avec des enrochements artificiels qui servent à camoufler des vestiges du fort. C’est l’œuvre du rocailleur F. Dumilieu. Aujourd’hui il ne reste de la citadelle ‘hollandaise’ que la porte d'entrée, où le lion néerlandais d'origine a été remplacé par un Lion belge après l'indépendance belge  

Audenarde

A Oudenaarde aussi Joseph II avait ordonné en 1782 de démolir tous les forts de la barrière (suite à l’abrogation des Traités de la Barrière). Un certain Guillaume Liedts avait acheté ces terrains. En 1823 ses héritiers sont expropriés pour reconstruire la ligne Wellington. Ils demandaient 300.500 florins, mais le tribunal leur octroie finalement 100.225 florins. Comme à la Chartreuse, la spéculation foncière remonte donc à cette époque.
ravelin Liedtspark Audenarde
En mai 1823 1.500 personnes y travaillaient. En avril 1826 Krayenhoff faisait une dernière inspection. Mais en 1829 on travaillait toujours à la demi-lune de la porte de Bevere en une lunette dans le dos du Kezelfort.
L’épaisseur des murs était de 15 briques. Typique pour les forts Wellington sont la vingtaine de contre-mines. Ce système avait été développé à la fin du 18ième siècle. Au départ c’étaient des galeries souterraines creusées par l'assiégé pour gêner l'ennemi creusant des galeries de mines. Ici ces galeries ont été creusées lors de la construction des fortifications.
On avait prévu le même fort sur le Molenkouter à Bevere mais on a abandonné au profit d’un ravelin  pour protéger la porte de Bevere.
En 1859 le site militaire est acquis par la même famille qui 80 ans plus tôt avait déjà acheté, puis 35 ans plus tard exproprié.
Elle construit son château dans un parc, en 1893. Dans une autre partie du site la famille Thienpont fait ériger en 1892 une tour néogothique avec belvédère.
En 1907 ce parc est cédé à la ville d’Oudenaarde. C’est aujourd’hui le parc Liedts. Il a fallu attendre 2002 pour que  Simon Stevin V.V.C.  ‘redécouvre’ le ravelin et obtient des subsides Européens pour une restauration douce.  Le Kezelfort même est assez bien conservé mais est propriété privé.
Wellington avait aussi proposé en juin 1814 une position "at the entrance of the forest of Soignies by the high road which leads to Brussels from Binche, Charleroi and Namur": son futur champ de bataille de Waterloo!

Termonde

Fort Termonde - plan Ir. Alewijn
A Dendermonde aussi les forts avaient été démantelés entre 1784 et 1789 sous l’empereur Joseph II. Ca devient lassant de le mentionner, mais c’est important pour comprendre que les vestiges qui nous restent datent du Royaume Uni des Pays-Bas. Entre 1816 et 1829 un nouveau fort est construit sous la direction du capitaine-ingénieur C. Alewijn de la 3ième direction des Fortifications. La première pierre d’une caserne à l’épreuve des bombes pour un bataillon est posée le 5 avril 1823 : deux niveaux de 14 salles. En août 1830 les travaux touchent à leur fin.
A Termonde les travauxcommencent en 1822 sous la direction du capitaine-ingénieur du Génie Commandant Cornelis Alewyn, y compris quatre nouvelles portes de la ville en style néoclassique. En 1825 on construit un grand arsenal sur une île de la Dendre. Les travaux coûtent  2.989.047 florins.
Contrairement à la plupart des autres forteresses de la ligne Wellington, le jeune Royaume de Belgique continue à investir à Termonde, avec des nouvelles écuries pour la vieille caserne de Malines en 1836. On attribue un rôle à Termonde dans la cadre du Réduit National : Termonde est un des huit forteresses qui flanquent ce réduit. En 1867-1869 on construit aussi une tête de pont sur la rive gauche de l’Escaut. Lors de la guerre franco-allemande de 1870 il y a jusque 4.000 soldats. Suite
à cette guerre on construit en 1879 et 1886 encore quatre petites batteries. Mais de plus en plus les militaires voyaient la forteresse comme une double tête de pont qui devrait permettre à l’armée de ligne de traverser le fleuve dans les deux sens. En 1905 on présentait Termonde comme une annexe d’Anvers, dans le cadre d’une extension du Réduit National. Mais en 1906, Termonde est déclassé comme place fortifiée, contre l’avis du général Brialmont
En1992 on envisage la protection comme monument.
Les 15 casemates servent aujourd’hui d’abri de vélos, d’abri du cheval Bayard, de salle de fitness. Un bunker du bastion V héberge le Honky Tonk Jazzclub
En 2002 on sacrifie le magasin à poudres à une promotion immobilière. Les défenseurs du patrimoine essayent de faire protéger  l'escarpe et la contrescarpe ainsi qu’une lunette (Olympos) au sud de la Leopold II-laan

Ypres

Plus vers le sud, devant la frontière de l’ennemi imaginaire (une France républicaine), nous avons Ypres, Ménin, Tournai, Ath et Mons. Plus loin, c’est les Prusses
Ypres avait été fortifié par Vauban, mais là aussi l’empereur Joseph II fait démolir une bonne partie. Ypres perd sous Napoléon sa fonction militaire. Aujourd’hui le centre d’accueil du tourisme est installé dans les casemates que l’on attribue à Vauban mais qui sont en fait de Wellington
C’est une grande caserne à l'épreuve des bombes et un certain nombre de magasins de poudre. Des lunettes remplacent les cornes disparues. La reconstruction est dirigée par Cornelius Krayenhoff. Le roi Guillaume I visite les travaux cinq fois. Suite à l’adoption d’une stratégie de réduit national d'Anvers, en 1853, les fortifications d’Ypres sont partiellement démolies. La Ville établit un parc sur les remparts dessiné par l'ingénieur-paysagiste Fuchs. Les terrains militaires sont lotis.
Le parc ne survit pas à la première guerre mondiale, mais les casemates résistent aux bombardements les plus graves. Les anglais y avaient installés des dortoirs, un quartier général et des postes de secours, et aussi la rédaction du Times.
Ypres développe depuis 2002 un plan ambitieux de réaménagement de ces espaces fortifiés.

Ménin

maquette fortificatie Menen - photo: Replica
Ménin aussi a ses  forteresses«hollandaises» construites sur les fondations de la fortification de Vauban.
Entre 1817-1830 on y construit 30 casemates, avec un arsenal, une boulangerie et même un hôpital, De 87 mètres de long, 12 mètres de large qui pouvait accueillir 150 malades dans 13 salles. En 1830 l’armée belge le garde comme hôpital et ensuite comme caserne.  En 1930 le bâtiment est transféré à la ville. Aujourd’hui on peut de promener au-dessus et visiter onze de ces casemates.  On peut marcher et faire du vélo sur les murs. Des 30 casemates d'origine, il en reste onze ouverts au public.
Des privés utilisent des casemates comme garage ou cave à vin. Certains ont été restaurées en 1996 par le 'vzw Wonen en Werken'.

Tournai

Louis XIV y avait construit une citadelle à Tournai. Vauban avait dessiné un pentagone avec cinq bastions reliés par des courtines et  une porte Royale. La citadelle disparut presque complètement en 1780, par décision de Joseph II. Le Royaume Uni des Pays Bas construit une nouvelle citadelle, achevée en 1822, sur l’emplacement de l’ancienne. Le démantèlement commença dès 1859. Les bâtiments centraux deviendront caserne d’infanterie qui prendra plus tard le nom de quartier Ruquoy.

Ath

Fortifications de l'époque hollandaise
C'est à Ath que Vauban inaugura le procédé d’une fortification octogonale régulière à huit bastions complété de tenailles et demi-lunes. Les hasards de la guerre amèneront Vauban à prendre Ath en 1697, tandis que les Alliés la reprendront en 1706. En 1745, la ville tombe à nouveau aux mains des Français qui en entameront le démantèlement.
Sous l'impulsion de Wellington, les Hollandais entreprirent dès 1815 la restauration des fortifications qu'ils complétèrent par un fort sur le mont Féron, dominant la ville à l'ouest. La place fut définitivement démantelée à partir de 1854. La caserne d'infanterie, construite par les Hollandais au N.O. de l'Esplanade, fut démolie en 1981 et ne subsiste de leur activité que la Grand-Garde sur la Grand-Place.

Mons

Mons 2015 jardin suspendu
Les fortifications de Mons, qui avaient encore été refortifiés « à la moderne»en 1748 par la couronne autrichienne, avaient toutes été détruites en 1782 sur ordre de l’Empereur d’Autriche Joseph II.
Commencés en 1817 sous la direction du capitaine-ingénieur hollandais Van de Polder, les fortifications sont pratiquement achevées en 1822. Le mur d’enceinte médiéval est détruit, sauf la tour Valenciennoise qui est conservée comme magasin à poudre. Les voûtes de l'édifice ont 94 centimètres d'épaisseur. Les casemates sont constituées de douze gaines voûtées de 8,80 mètres d'ouverture sur une hauteur de 5,50 mètres et une longueur de 30 à 50 mètres. La façade des Casemates, longue de 168 mètres est formée de 12 arcades monumentales.
La caserne d’infanterie Guillaume (ensuite Major Sabbe, aujourd'hui Carré des Arts) fut construite en 1824-27 d’après les plans du colonel de génie Remi De Puydt. Elle était prévue pour 2000 hommes, suivant les dispositions réglementaires : 16 m³ d'air par homme, un mètre de largeur par lit et au moins deux mètres d'intervalle entre deux rangées de lits pour l'emplacement des tables et des bancs et pour la circulation des hommes. On construit aussi la caserne de cavalerie Léopold, démolie lors de la Seconde Guerre mondiale. En 1865, Léopold I décide de démilitariser et toutes les fortifications de Mons sont de nouveau démolies, sauf
http://www.visitmons.be/a-voir-a-faire/sites-et-musees/casemates-et-boulangerie-militaire-1099045 les casemates de la place Nervienne qui serviront de magasin au fourrage, et la boulangerie militaire ont eu un usage militaire jusque mai 1940. Les fossés ont été remaniés par l’architecte-paysagiste Fuchs (le même qui a aménagé un parc à Ypres). Sur le toit de l'ancienne boulangerie militaire on a planté en 1998 un jardin public.

Wellington et Trump

Guillaume I des Pays-Bas
Trump n’a rien inventé quand il fait porter un fardeau militaire de plus en plus lourd par ses alliés.
Wellington aussi essaye de pousser le roi Guillaume à augmenter ses efforts, notamment en augmentant son armée permanente, élément essentiel de sa ligne. En effet, il est essentiel que ces forts soient occupés dès qu’une menace se pointe. Napoléon a eu assez avec cent jours. Il n’est pas question d’attendre la mobilisation des réserves. Wellington écrit : « Le roi est très obstiné sur tous les sujets liés à son armée; mais nous devons essayer quelque chose. Les Pays-Bas sont le poste avancé de l'Europe et devraient faire de grands efforts pour maintenir une grande force militaire efficace en temps de paix. Si le pays ne peut pas faire cela, les Puissances devraient considérer les moyens de combler le déficit » (The King is very obstinate upon every subject connected with his army; but I am sure we must try something. The Netherlands are the advanced post of Europe, and ought to make great exertions to maintain a large efficient military force in time of peace. If the country cannot do that, the Powers should consider of the means of supplying the deficiency). Mais le roi refuse résolument: ‘il faut que mes sujets mangent et ne soient pas mangés,’ » dit-il à l'ambassadeur d'Angleterre. Entretenir une infanterie de cinquante mille hommes (le nombre que voulait Wellington) c’était hors de portée de son jeune royaume. L'Angleterre n'insiste pas, et 29 août 1818 le roi peut signaler que la tempête est passée.
Et il y a aussi les coûts de la construction des forts. Bien sûr, cela crée de l’emploi (un bon millier par chantier). Mais il fallait évidemment payer les expropriations et les entrepreneurs.
le Duc de Wellington
Une partie était payé par les français battus, mais une partie était à charge du Royaume des Pays Bas. Les anglais s’étaient engagés à payer autant que les Pays Bas. Quand en 1817 les dépenses atteignent  73 millions de florins,  Guillaume I demandait aux anglais de passer à la caisse. Mais les anglais ont décompté sur leur dette de 2 millions de £ la moitié pour les acomptes payés à Guillaume en 1813 et l’équipement militaire livré en 1813-'15 (y compris deux frégates).

Clausewitz et Röell

Dans un blog précédent j’ai expliqué comment Wellington s’est inspiré du livre monumental de Karl von Clausewitz, « De la Guerre ».  Clausewitz et Wellington étaient ensemble à Waterloo. Clausewitz explique que sous certaines conditions les forteresses peuvent former « un véritable bouclier contre
l’attaque ennemie. Les forteresses que le défenseur laisse devant lui brisent comme des blocs de glace le torrent de l’assaut ennemi».
Il est marrant de voir comment le baron Guillaume Frédéric Röell, ministre du Royaume uni des Pays-Bas, essaye de réfuter les thèses de Clausewitz (je suppose pour argumenter une diminution de la charge économique et militaire) : « Dans la manière actuelle de faire la guerre, ce ne sont plus les forteresses qui garantissent; on les laisse derrière soi. Ce sont ces masses et non les remparts des villes qui doivent constituer les vraies forteresses, et toutes les troupes qui sont détournées de ce grand but sont perdues pour le choc décisif qui se prépare. N'est-il pas plus propre de concentrer toutes ses forces pour les joindre ensuite aux alliés, que d'en enfermer une grande partie dans l'enceinte des citadelles? Une bataille gagnée ou perdue a presque toujours décidé du sort de la Belgique, et si malheureusement une guerre venait à nous menacer de ce côté, je ne pense pas que l'existence des forteresses nous amènerait d'autres résultats. Autrefois, les campagnes visaient à la conquête d’une ou plusieurs forteresses plutôt qu’à la destruction des forces armées de l’ennemi. Nous ne sommes plus aux temps où les remparts suffisaient, sans autres dispositifs militaires, à préserver une place d’un raz de marée balayant le pays entier. Depuis que les grandes armées permanentes et leurs puissants trains d’artillerie abattent automatiquement les différents points de résistance, l’armée n’a aucun intérêt à se disperser en d’innombrables places fortes, pour ralentir un peu l’avance ennemie, et succomber en fin de compte »

Faire connaitre et visiter barrière Wellington ET sauver le fort ‘hollandais’ de la Chartreuse !

Chartreuse Liège - photo Line Hedebouw
Nous voilà arrivé au bout de cette fameuse barrière Wellington. Une barrière qui peut intéresser plein de gens, ne fût-ce par le nom du vainqueur de Napoléon. Une barrière qui a tout à gagner d’une approche globale qui met en avant le lien entre ses forts. Les Français misent beaucoup sur la ligne Vauban. La Flandre et Zeeland développent un travail intéressant sur les Spaans-Staatse Linies, les forts construits lors de la guerre des 80 ans.
Mais il y a aussi la facette ‘travaux inutiles’ : l’utilité de cette ligne qui a quand même demandé des dépenses énormes, a été contesté pratiquement depuis son achèvement.
Sans parler de la relativité des alliances militaires. La Sainte-Alliance https://fr.wikipedia.org/wiki/Sainte-Alliance  formée en septembre 1815 à Paris par trois monarchies européennes victorieuses de l'Empire napoléonien fut dissoute de fait en 1825, à la mort de l'empereur russe Alexandre Ier, qui en était l'instigateur. Or qu’il a fallu la ‘révolution’ belge pour remettre en question les travaux de fortification destinés à accueillir ces alliés.
Chartreuse photo Line Hedebouw
Et puis, il y a cette incroyable opération ‘oubliettes’ organise par le jeune Royaume de Belgique. On a réussi pendant presque deux siècles à escamoter toutes les réalisations du Royaume Uni des Pays Bas certes éphémère. Je veux bien croire qu’il est plus facile pour un service touristique de parler de Vauban. Mais Léopold I a fait réécrire l’histoire d’une manière très poussée. Pratiquement partout, le maître d’œuvre, le duc de Wellington, et le constructeur, Kraijenhoff, sont sous le boisseau. Pourtant, le butte de ce même Wellington attire un demi million de visiteurs.
Et enfin il y a une préoccupation grandissante d’inscrire le patrimoine comme enjeu du développement durable, comme c’est le cas avec le projet européen « Septentrion –De la ville forte à la ville durable ». J’ai d’ailleurs l’impression que c’est la motivation principale des villes flamandes qui redécouvrent leurs forts après deux siècles.
Je ne pleure pas sur la démilitarisation de la plupart de ces forts dans la seconde moitié du 19ième siècle, loin de là. Et je ne regrette donc pas l’extrême diversité dans l’état de conversation. On les retrouve les vestiges sous un parc, comme au citadelpark à Gand  ou le Jardin Suspendu de Mons,  au-dessus de l’ancienne boulangerie militaire. En d’autres endroits les galeries souterraines ne sont ouvert au public qu’exceptionnellement. D’autres endroits sont des hauts-lieux touristiques, comme les casemates d’Ypres ou la citadelle de Namur. Et partout on voit un regain d’intérêt pour sauvegarder ce patrimoine. Partout, sauf du côté de la Ville de Liège. Au nom d’une
Photo G. Mora-Dieu Green Window
théorie néolibérale de partenariat public-privé elle s’est fourvoyé dans une situation inextricable : sous prétexte d’impécunité elle a laissé filer le site au privé qui a dans la foulée dépecé la carcasse et refilé le fort dit hollandais à un promoteur nébuleux dont la seule trace visible est des démolitions (la plupart du temps sans permis) et une dégradation (voulue) de ce qui reste du fort historique.
J’espère par ce petit blog contribuer à faire comprendre l’intérêt de sa sauvegarde, et, qui sait, inspirer des projets concrets pour sa mise en valeur….

Lire aussi 

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Nessim Rassaa impressions Chartreuse